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CH: pas de panique mais...

HKN-HKO-SPO-MONTREAL-CANADIENS-V-BUFFALO-SABRES
AFP

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Quatre périodes sur six sans que l’attaque n’inquiète l’équipe adverse.

Deux matchs sans éclat.

Mais, il est encore tôt pour soulever de grandes inquiétudes. J’aime le résumé de Dominique Ducharme.

« Ça fait trois mois qu’on leur dit qu’ils sont bons, c’est comme un garçon à qui vous dites qu’il ne faut pas se mettre la main sur la poêle. Mais à un certain moment, vous savez qu’il va le faire. »

L’entraineur cachait bien ses états d’âme. Début de saison ou pas, aucun pilote n’accepte un tel résultat, encore moins contre la pire formation de la Ligue nationale. Il y a une façon de perdre, celle contre les Sabres à de quoi faire grimacer.

Peut-être que les joueurs du Canadien sont encore sur un nuage. Que les événements du tournoi de fin de saison laissent miroiter que la prochaine saison se déroulera dans une belle sérénité, que ce qui a été accompli, il y a quelques mois, aura des répercussions.

Sauf qu’une nouvelle saison enfouit très souvent avec elle tous les souvenirs intéressants, ces résultats inattendus qui, habituellement, entrainent les amateurs dans l’euphorie, ce public qui se laisse emporter par la détermination de l’équipe. Maintenant on entreprend une nouvelle aventure mais les conditions ne sont plus les mêmes, il faudra s’y adapter avec de nouveaux effectifs et aussi il faudra les attaquer avec encore la même conviction qui a mené le groupe vers des objectifs qu’on croyait impensables.

Une défaite à Toronto, on s’y attendait.

Une défaite à Buffalo, alors que les Sabres, une formation en pleine période de reconstruction, marquent cinq buts, ça passe difficilement.

On questionne l’effort déployé par la troupe.

S’attendait-on à un match sans se soucier des pièges qui pourraient contrecarrer les plans? Croyait-on à ce genre de matchs où le talent aurait un impact assuré. Mais, le talent sans un effort soutenu est justement ce qui explique pourquoi on tombe dans la facilité et l’adversaire, avec des moyens plutôt modestes, profite de l’occasion pour s’offrir une belle soirée.

Un début de saison comporte toujours des surprises de taille.

Jeudi soir, les champions de la coupe Stanley, humiliés mardi devant leur public, par les Penguins de Pittsburgh, privés des services de Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Jake Guentzel, ont dû puiser profondément dans leurs ressources pour soutirer une victoire de 7-6 en bris d’égalité, jeudi, face aux Red Wings de Detroit.

Eux aussi vivent encore sur un nuage.

Mais, les vétérans ont finalement sonné la charge, Victor Hedman, quatre points, Nikita Kucherov, quatre points, Ondrej Palat, deux buts, dont celui de la victoire en bris d’égalité.

Dominique Ducharme aurait souhaité que les gros canons de la formation prennent les guides, manifestent leur leadership. Mais, ça ne s’est pas produit. Le Canadien a été brouillon dans tous les départements.

Deux matchs, direz-vous, ne fait pas une saison.

Très juste. Mais les leaders, ceux qui doivent assurer la relève de ceux qui doivent s’absenter pour des raisons de santé, tardent à se présenter. Qui sont-ils?

Le Canadien s’amène au Centre Bell, il aura l’occasion de renouer avec ce public qu’il a comblé, le printemps dernier. Ce public voudra le remercier mais, en revanche, il souhaite applaudir une équipe déterminée, une équipe revenue sur terre, un groupe qui réalise que l’on repart à zéro.

Ce qu’on a vu lors des deux premiers matchs, surtout à Buffalo, remet tout en perspective. Il y a des absents, mais les autres formations ont des absents. Ça n’explique pas les ratés des unités spéciales.

Si le Canadien a réussi l’impensable, il y a quelques mois, c’est qu’on profitait des occasions créées par l’intensité de tous et chacun.

On n’a pas respecté les consignes que l’on retrouve dans le plan soumis par l’entraineur.

Doit-on expliquer ces deux contre-performes et surtout l’effort mitigé de jeudi à Buffalo à une préparation inadéquate, une préparation trainant toujours les moments exaltants de l’an dernier et a-t-on oublié que la nouvelle saison s’annonçant encore plus exigeante a pris son envol?

Peut-on accorder le bénéfice du doute?

Il faudra corriger la situation dans les plus brefs délais.

Comme, par exemple, samedi soir, au Centre Bell.