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Réagir à la hausse des taux hypothécaires

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Illustration Adobe Stock

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Que disait-on plus tôt cette année déjà ? Que les soubresauts de l’inflation seraient passagers. On affirme désormais que le phénomène pourrait être plus persistant qu’on le croyait.

« On » exclut la personne qui parle, et vous aussi. Le message provient de la Banque du Canada.

Et vous savez ce qu’on flaire dans ce subtil changement, à part qu’il faudra casquer davantage pour se procurer des biens essentiels et futiles ? Des hausses de taux d’intérêt plus rapides qu’anticipées. D’ailleurs, la remontée semble déjà amorcée du côté des obligations du Canada, une donnée qui pèse sur les taux hypothécaires à taux fixe.

Casser ou pas

Mon voisin ne surveille pas trop ça, les taux de 10 ans sur les obligations du Canada, il préfère se concentrer sur son pool de hockey, d’où sa joie de vivre. Quand même, il entend les nouvelles comme tout le monde, il sait bien que les taux hypothécaires risquent de monter dans la prochaine année.

Ce qui le contrarie, comme bien d’autres propriétaires de maison, c’est que son hypothèque arrive à échéance dans plus d’un an. Actuellement, il paye 3,29 %, fixe. Qui sait, il n’aura peut-être jamais l’occasion de goûter à des taux de 2 %, au moment de renouveler son prêt. Sa question : doit-il casser son hypothèque dès maintenant pour en contracter une nouvelle, à taux avantageux, avant que les intérêts ne remontent davantage ? Vous êtes un paquet à vous poser la question !

Le problème est relativement simple : vais-je sauver plus d’argent en intérêts que ce qu’il m’en coûtera de briser l’hypothèque. Vous le savez, les pénalités peuvent être assez salées quand il s’agit d’un prêt à taux fixe. Tout est là.

Certitude et incertitude

Le plus intéressant ici, c’est que le calcul se base sur la présomption d’une hausse significative des taux au cours des 12 à 18 prochains mois. Cela suppose un pari, car la rentabilité de l’opération sera déterminée sur les taux futurs. Si les conditions restent sensiblement les mêmes dans un an, on aura payé une pénalité pour rien.

Il ne manque pas d’indices qui pointent en direction d’une augmentation, mais rien ne garantit qu’elle se matérialisera. Tout peut arriver.  

L’unique certitude, c’est la pénalité hypothécaire. Seul le prêteur peut fournir cette information de manière précise, et si le client a profité d’une remise en argent au moment de contracter son prêt, il doit demander s’il faut la rembourser. (Ne vous fiez pas aux outils en ligne des prêteurs, exigez les chiffres exacts vous concernant.)

Une fois connu le coût, on doit évaluer les bénéfices à l’aide d’une calculatrice de remboursement hypothécaire, en procédant en deux étapes.

1. La première année, une économie d’intérêts est certaine. On brise son hypothèque à un taux plus élevé à un an de l’échéance pour en signer une autre à de meilleures conditions. On calcule, sur un terme d’un an, l’économie engendrée en comparant les résultats entre l’ancien et le nouveau taux.

2. Mais pour les quatre autres années ? On doit tester divers scénarios de hausse de taux. Dans un an, les intérêts seront-ils plus élevés de 50, de 100, ou de 150 points de base (1 % = 100 points de base) ? On doit comparer les résultats avec les taux qu’on a sécurisés.  

Permettez-moi de ploguer encore une fois la calculatrice de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, indispensable pour faire ses devoirs. Je n’y ai aucun intérêt, elle est juste bien faite.


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