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Ryan Poehling : les pendules à l’heure

Maple Leafs c. Canadiens
Martin Chevalier / JdeM

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Le plus récent camp d’entraînement de Ryan Poehling en a révolté plus d’un, alors que plusieurs s’imaginaient voir le joueur de centre obtenir un poste régulier avec le Canadien de Montréal.

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C 'est toutefois dans l'uniforme du Rocket de Laval, dans la Ligue américaine, que le jeune homme a dû amorcer sa saison.

L’athlète de 22 ans, choix de première ronde du Canadien au repêchage de 2017, n’est pas un «flop» pour autant. C’est du moins le message que martèle Brett Larson, l’entraîneur qui a dirigé Poehling à sa dernière saison dans les rangs universitaires américains. Par un heureux concours de circonstances, Larson a pu assister à l’entièreté de l’entraînement estival de son ancien poulain.

«Cet été, j’ai vu un jeune homme qui a vraiment tout fait pour répondre aux attentes des partisans du Canadien, a assuré l’entraîneur. Il n’a négligé aucun effort, je peux vous l’assurer.»

Maple Leafs c. Canadiens
PHOTO Ben Pelosse

«Il était parmi les meilleurs»

Durant la période estivale, l’Université d'État de St. Cloud a donc choisi d’ouvrir ses portes à tous les anciens joueurs du programme désireux de profiter des installations pour se préparer en vue de la présente campagne. Poehling a sauté sur l’occasion et s’est rendu dans le Minnesota.

Larson, qui dirige toujours l’équipe de hockey de St. Cloud, a donc pu épier le pivot du CH de très près. Et il a adoré ce qu’il a vu.

«Nous avons organisé des matchs lors desquels il était opposé à certains joueurs de la LNH et honnêtement, il était parmi les très bons joueurs sur la glace. Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est son explosion, sa capacité à se défaire d’un rival. Je me suis alors dit : "oh, il veut vraiment lancer un message cette saison."»

Larson confie avoir perçu confiance, ambition et concentration extrême chez le joueur de centre qu’il a jadis dirigé.

«Il était dans un excellent état d’esprit et croyait pouvoir démontrer ce qu’il savait faire. Sa mentalité a toujours été : "je contrôle ce que je peux contrôler et c’est tout."»

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Aucun problème de motivation

Le marché montréalais étant ce qu’il est, une performance décevante de la part d’un joueur dont on attendait plus engendre souvent une interminable fanfare de rumeurs et d'hypothèses farfelues. La plus récente, dans le cas de Poehling : l’absence du fameux sentiment d’urgence lorsqu’il foule la glace.

«Personnellement, je n’ai jamais eu à motiver Ryan, a indiqué Larson. C’est un gars qui adore le hockey. En 2018-2019, nous avions un club formidable et Ryan était l’un des gars sur qui les autres pouvaient se fier dans les grands moments. Il était l’un de ceux qui motivaient les autres dans les creux de vague. Il voulait toujours être à son meilleur parce qu’il souhaitait rendre hommage aux efforts de ses partenaires. C’est un gars comme ça.»

Maple Leafs c. Canadiens
Photo d’archives, Martin Chevalier

Agréable coéquipier

Maxime Lamarche, un défenseur québécois qui a joué avec Poehling chez le Rocket en 2019-2020, abonde dans le même sens.

«Ryan est un choix de première ronde et c'est certain qu'il aurait voulu être rappelé plus souvent par le grand club, mais je ne l'ai sincèrement jamais vu arriver à l'aréna démotivé ou désintéressé, a noté son ancien coéquipier. Il se présentait dans le vestiaire avec le sourire et était juste heureux d'être là et désireux de faire gagner l'équipe. Il aimait les gars et les gars l'aimaient tous énormément.

«Il a toujours travaillé très fort. J'ai vu plusieurs joueurs non-rappelés avoir une attitude nonchalante par frustration. Ryan Poehling n'a jamais affiché l'ombre d'un comportement négatif. Et c'est tout à son honneur, car c'est certain que certains jours ont dû être difficiles à vivre.»

Lamarche ne doute pas non plus du talent de Poehling.

«C'est un joueur au coffre à outils bien rempli, a résumé Lamarche. Tu ne termines pas au premier rang des pointeurs du Championnat mondial junior par hasard. Tout est une question de confiance. Avec les qualités qu'il a, peut-être sera-t-il le deuxième centre du CH dans deux ans. Qui peut vraiment le savoir? Mais on doit lui laisser le temps d'atteindre son plein potentiel...»

«Il deviendra un très bon joueur dans la LNH»

À ceux qui seraient tentés de jeter le «projet Ryan Poehling» à la corbeille, son ancien entraîneur Brett Larson, qui l’a dirigé dans les rangs universitaires, lance une importante mise en garde.

«Chaque année, Ryan gagne en maturité. Je le vois grandir en tant qu'humain, mais aussi en tant qu'athlète. Je crois qu’éventuellement, les gens pourront voir le Ryan Poehling qu’ils espèrent encourager depuis le jour de son repêchage.»

C'est donc dire qu'on verra un jour Poehling pivoter un trio régulier et avoir un impact significatif dans l'uniforme du Canadien de Montréal?

«Oui! Je crois à 100% qu’il deviendra un très bon joueur dans la LNH. Il n’y a aucun doute pour moi.»

Larson a également rappelé l’importance de considérer les «facteurs externes» lorsque vient le temps d’analyser le développement d’un jeune joueur.

«Souvent, les gens oublient d’importants aspects lorsqu’ils critiquent un patineur comme Ryan. D’abord, tous réagissent différemment au stress et aux attentes. Ensuite, je trouve que les amateurs ont rapidement tendance à écarter l’âge de l’équation. Ryan est encore un jeune homme et les joueurs empruntent tous des chemins différents. Certains mettent simplement plus de temps que d’autres à adapter leur jeu à la réalité de la LNH.»

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