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Une grande opération charme à partir de paradis fiscaux

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Une entreprise présente dans des paradis fiscaux propose à Loto-Québec de l’aider à récupérer « dans ses coffres un maximum de revenus du jeu en ligne » qui lui échappe.

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Mercredi dernier, le lobbyiste Simon Brodeur a modifié l’adresse et le nom de son client The Stars Group, de Toronto, pour celui de Flutter entertainment (tsg interactive services limited), situé à l’île de Man, dans les îles britanniques. 

« Flutter souhaiterait, à terme, détenir une licence d’opération émise par un organisme de réglementation ou devenir fournisseur de services de Loto-Québec », peut-on lire dans le Registre des lobbyistes. 

Joint par Le Journal, Simon Brodeur a dit que son client a son siège social à Dublin, en Irlande, mais qu’il a modifié l’adresse parce que son contrat avec Flutter est à l’île de Man. Flutter n’a pas répondu aux questions du Journal.

Des choix révélateurs

Or, pour Franck Jovanovic, professeur à l’École des sciences de l’administration de la TÉLUQ, le choix de ces deux lieux n’est pas anodin.

« Dublin, en Irlande, et l’île de Man sont deux paradis fiscaux. Ce type de structure permet de mettre en place des stratagèmes pour payer le moins d’impôts possible », a souligné le spécialiste des paradis fiscaux. 

En fin de journée, hier, Loto-Québec a indiqué n’avoir jamais enquêté sur ce fournisseur et qu’aucun contrat n’avait été signé avec cette firme.

La société d’État a ajouté que lors d’une entente d’affaires, elle fait des vérifications pour s’assurer que cette « entité est dûment constituée » et que les « paiements requis en vertu des lois fiscales au Québec sont effectués ». 

« Si le contrat vise des services de 1 M$ et plus, le contractant doit avoir obtenu l’autorisation de contracter avec Loto-Québec de l’Autorité des marchés publics, qui devrait notamment valider s’il y a eu un enregistrement dans un paradis fiscal », a répondu le porte-parole, Renaud Dugas. 

– Avec la collaboration de Jean-François Cloutier

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