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La «Grande Démission»: quand les millénariaux vont voir si l’herbe est plus verte ailleurs

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Le phénomène de la «Grande Démission» est de plus en plus observé au Canada et aux États-Unis; un phénomène qui touche particulièrement la génération des millénariaux.

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Selon le Guide salarial 2022 de Robert Half, le nombre de démissions a augmenté de 20% en 2020-2021 par rapport à l’année 2019, et ce sont majoritairement les millénariaux qui sont représentés dans ces statistiques.

Les membres de cette génération seraient ainsi plus portés à changer d’emploi parce qu’ils rechercheraient davantage d’épanouissement personnel à travers leur carrière.

Mona-Lisa Prosper a, de son côté, admis avoir changé d’emploi en raison de ses valeurs.

«Ce qui a motivé un peu mes changements d’emploi et de carrière au fil du temps, c’était de trouver un peu une manière d’avoir réellement un impact sur la société et d’occuper un poste qui était vraiment lié à mes valeurs», a expliqué samedi la directrice Entrepreneur.e.s noir.e.s de Futurpreneur Canada à TVA Nouvelles.

Pour Catherine Matusiak, une travailleuse autonome, c’est l’envie de voyager qui a plutôt guidé ses décisions.

«Il y a une grande partie de moi qui aime voyager, mais sur de longues périodes. Donc, c’est sûr que finir un emploi me permet après de partir en voyage», a-t-elle affirmé.

Attirer les travailleurs

Cette nouvelle vision de l’emploi complique toutefois la tâche des employeurs, pour qui attirer les travailleurs est devenu un réel défi.

«Je dirais que les employés ne sont pas dupes. Ils savent que le marché de l’emploi, c’est un marché de candidats. Donc si leur emploi actuel n’est pas un neuf sur dix, pour une raison X, ils vont tenter leur chance pour trouver un emploi où ils vont sentir que ça remplit toutes les cases, tous leurs besoins», a constaté Anne-Marie Deslauriers, chasseuse de têtes et présidente de Delan.

Le phénomène de la «Grande Démission» serait aussi une des conséquences de l’accès à l’information sur les postes grâce à internet.

«Il ne faut pas oublier qu’on parle ici de la génération internet, donc ils savent beaucoup plus ce qui se passe. Ils magasinent, ce sont des consommateurs d’emplois maintenant. Ils magasinent le plus possible en pensant que l’herbe est plus verte ailleurs et en recherchant peut-être cette herbe plus verte, et peut-être qu’on parle ici de changement même de secteur, non seulement d’emploi, mais de secteur d’activité très rapidement», a rapporté Blandine Emilien, professeure en gestion des ressources humaines à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Mais la technologie n’aide pas seulement les millénariaux à dénicher leur emploi de rêve ou à négocier leurs conditions de travail; elle s’avère aussi un nouvel outil populaire pour remettre sa démission. De nombreux millénariaux ont utilisé, notamment, le réseau social TikTok pour y diffuser une vidéo annonçant leur départ.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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