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L’insécurité alimentaire a augmenté avec la pandémie

Fruits et légumes
Photo d'archives, Agence QMI

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Aujourd’hui, le 16 octobre, on souligne la Journée mondiale de l’alimentation, mais on ne la célèbre pas. On la souligne à grands traits pour mettre en relief toutes les inégalités et la précarité alimentaire, ici comme ailleurs.  

Quand tant de personnes ont faim, quand des enfants partent à l’école le ventre creux, quand des personnes âgées sont isolées et s’alimentent inlassablement d’une rôtie et d’un bol de soupe aux tomates en conserve, quand des mères monoparentales vivent en état de stress permanent, on ne célèbre pas. 

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), l’insécurité alimentaire se définit par un « accès inadéquat ou incertain aux aliments sains qui ne permet pas d’assurer la santé et une vie active. Elle est principalement associée à un manque de ressources financières. » 

Un effet collatéral de la pandémie

La pandémie a mis en lumière en plus d'exacerber les inégalités alimentaires. En effet, l’INSPQ écrit que : « au début de la pandémie, soit en avril 2020, le pourcentage d’adultes québécois vivant dans un ménage en insécurité alimentaire aurait atteint 26 %. En comparaison, en 2015-16, il était de 11 %. » 

Les nombreuses pertes d’emploi ont plongé les ménages au cœur d’une soudaine précarité, amenant avec elle de l'insécurité alimentaire. Les personnes seules ainsi que les jeunes adultes ont rapporté davantage d’insécurité alimentaire avec le début de la pandémie. 

Le Regroupement des cuisines collectives du Québec milite activement pour la reconnaissance du droit à l’alimentation, pour qu'il soit respecté, protégé et mis en œuvre tant par le Canada que le Québec. 

Ce droit repose sur cinq composantes :

  • la disponibilité (accès à la terre ou à des systèmes de distribution pour se nourrir) 
  • la stabilité (accès à un approvisionnement en tout temps et en tout lieu), 
  • l’accessibilité (accès physique et économique aux aliments), 
  • la durabilité (accès garanti aux aliments pour les générations actuelles et futures), 
  • l’adéquation (accès aux aliments en quantité et qualité suffisantes pour satisfaire ses besoins nutritionnels, sans risques sanitaires et en conformité avec ses préférences et coutumes). 

Parce que les aliments ne sont pas des biens de consommation ils ne devraient pas être considérés ainsi. 

Quand le Canada et le Québec reconnaîtront le droit humain à l’alimentation, nous pourrons célébrer cette journée. D’ici là, continuons à la souligner. 

Sylvie Sarrasin, présidente Regroupement des cuisines collectives du Québec

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