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Ma vie en films: Philippe Brault: «Les films qui me marquent ne sont pas nécessairement ceux que j’ai du plaisir à regarder»

Cique du sioleil - Axel
Photo Martin Chevalier

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Alors que «Maria Chapdelaine» de Sébastien Pilote attire les cinéphiles dans les salles obscures, le compositeur de sa magnifique trame sonore partage ses souvenirs de jeune – et de moins jeune – cinéphile... 

Philippe, quel est votre premier souvenir d’une salle de cinéma?

Il s’agit de «Opération beurre de pinottes». J’y étais allé avec ma cousine et ma tante et j’ai eu tellement peur qu’il a fallu sortir de la salle. Je n’ai jamais vu la fin!

Votre premier film marquant?

Quand j’étais petit, c’étaient les «Indiana Jones»... tout le cinéma de Spielberg comme la plupart des gens de mon âge, j’imagine. Tout était dans les «Indiana Jones» pour moi. Je les ai tellement écoutés. C’était un peu excitant, on avait un peu peur, c’était entraînant. C’est vraiment le cinéma de mon enfance. Indiana Jones était mon héros. 

Ces grandes aventures sont les films qui m’ont le plus marqué. [...] J’étais passionné de musique, mais je me rends compte qu’à l’époque, je ne faisais pas attention à la musique de film étrangement. C’est quelque chose qui est venu plus tard dans ma vie. Enfant, j’étais passionné par les films, je voulais être réalisateur. Finalement, ça ne s’est jamais concrétisé. Et ce n’est que depuis les dernières années que ça s’est rejoint.

Et un plus récent, sans, évidemment, être l’égal des «Indiana Jones»?

J’aimerais, parfois, avoir l’état d’esprit de la jeunesse en découvrant une œuvre pour la première fois. Ça me manque! On est tellement ouvert quand on est jeune! Très récemment, «Lazzaro felice» [«Heureux comme Lazzaro» d’Alice Rohrwacher, disponible via Netflix] m’a marqué. J’aime aussi beaucoup le cinéma de Barry Jenkins, «Moonlight: l’histoire d’une vie» par exemple. Les films qui me marquent ne sont pas nécessairement ceux que j’ai du plaisir à regarder, mais le temps passé à y penser après.

Vos inspirations pour la trame sonore de «Maria Chapdelaine» et, d’une manière plus générale, votre processus créatif quand vous composez une trame sonore?

C’est différent d’un film à l’autre, je ne travaille pas toujours de la même façon. «Maria Chapdelaine», c’est mon troisième film avec Sébastien, ça fait longtemps qu’il m’en parle. J’étais là dès le départ, j’ai commencé à lui parler de la musique avant qu’il le tourne et j’ai composé la majorité de la musique pendant qu’il tournait le bloc d’hiver, avant qu’il tourne l’été. 

Les grands thèmes ont été faits avant même que l’image soit complétée. Oui, c’est un film épique dans sa longueur, mais surtout intime dans la manière dont il est filmé. Pour «Maria Chapdelaine», j’avais envie de trouver un lien entre les grandes trames sonores de l’ère classique du cinéma et en même temps de l’ancrer dans l’harmonie des chansons traditionnelles ou des vieilles chansons françaises qui imprégnaient le Québec à cette époque. Je l’ai écrite à l’ancienne, au piano avec mon crayon et mon petit carnet.

Votre premier «kick» au cinéma?

Je crois que c’était Kim Basinger dans le premier «Batman». J’avais neuf ans et je ne comprenais rien!

La trame sonore écoutée pendant votre adolescence?

J’écoutais beaucoup de trames sonores de films des années 1990 qui étaient des compilations comme celle de «Ferrovipathes».

Une réplique de film que vous aimeriez voir sur votre pierre tombale?

C’est une drôle de question! Je crois que c’est celle dans «Amadeus», «There are simply too many notes» [«Il y a tout simplement trop de notes»].

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