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Héra Ménard: un pied dans le country, l’autre dans la pop

Héra Ménard
Photo Cédric Bélanger La chanteuse Héra Ménard a lancé l’album Fleurs, le 1er octobre 2021.

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À la liste des artistes nouveau country qui ont gagné le cœur des Québécois au cours des dernières années, il faut ajouter le nom de l’auteure-compositrice-interprète Héra Ménard, même si l’étiquette country n’est plus la seule qu’il faut coller sur sa musique. 

Fleurs, second album de l’artiste basée dans la capitale, qui fut sacrée découverte de l’année du Gala country 2018, s’éloigne du son purement country de son premier effort éponyme, paru en 2017. 

Grâce à l’apport du réalisateur Jean-François Lemieux (Daniel Bélanger) et de musiciens de la trempe de Robbie Kuster (Patrick Watson), Joe Grass (Lhasa de Sela) et François Lafontaine (Karkwa), Héra Ménard embrasse des textures pop et folk dans cette collection de dix titres tout en douceur. 

« J’avais cette envie qu’on ne se mette pas dans une boîte au moment de l’enregistrement, qu’on ne se dise pas qu’il faut que ce soit country parce que mon premier album était country. J’ai dit : on fait de quoi de bon », tranche Héra Ménard. 

Elle poursuit : « Je vais peut-être tomber dans une craque parce que pour des gens qui aiment vraiment la pop, je suis trop country. À l’inverse, pour ceux qui aiment vraiment le country, c’est trop folk ou trop pop. Mais t’sé, depuis le début, j’ai envie de faire du métissage de styles. Je trouve que c’est un peu de la folie, encore en 2021, de mettre un style sur un album. » 

« Je pleurais... » 

Cela établi, il y a quand même du country dans Fleurs. Chevaux blancs, avec sa mélodie qu’on dirait extraite de la trame sonore d’un western-spaghetti, c’est country. Idem pour la chaleureuse Besoin d’un abri ou Racines et ses références à la terre. La structure, le propos, ça transpire le country. 

Ailleurs, Héra Ménard déroge du cahier de charges. Sur Nuits sans sommeil, elle fait cohabiter le banjo avec des arrangements aériens plus près de l’indie folk ou de la pop. 

Il faut ici y voir le grain de sel de François Lafontaine. 

« Il est venu à la fin du processus et il a fait des ajouts de claviers sur quelques chansons. À la première prise, je voulais déjà garder ce qu’il avait fait, mais il m’a proposé d’en faire une autre. À la fin de la toune, je pleurais », dit celle qui avoue avoir la larme facile. 

De l’anglais au français 

L’autre particularité de Fleurs est d’être constitué de dix titres en français que Héra Ménard a d’abord écrits en anglais. 

« Ça sortait de même. J’avais donc de bonnes chansons en anglais, mais je me suis dit que les gens qui me suivent déjà sont au Québec et en France. Pourquoi ne pas pousser l’exercice plus loin ? » 

Entre alors en scène l’auteure Guylaine St-Pierre. Rencontre fortuite qui conduira à l’adaptation des chansons de l’anglais au français, toujours dans le respect de l’esprit de la composition. 

« J’avais comme règle que les sonorités restent les mêmes, mais je ne voulais pas une traduction. C’était une adaptation. C’était une grosse contrainte pour Guylaine. » 

Par exemple, une première proposition pour Triste plaine n’a pas été concluante. « En anglais, c’était très raconté, mais en français ça ne marchait pas. Je lui ai demandé d’aller davantage dans le poétique. Elle a tout jeté et recommencé. » 

Au deuxième essai, c’était gagné. 

Comment Héra a-t-elle réagi ? « J’ai pleuré. » 


Fleurs, de Héra Ménard, est en vente depuis le 1er octobre.