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«Doute raisonnable»: une prise de parole pour Julie Perreault

Julie Perreault dans la nouvelle série Doute raisonnable
PHOTO ERIC MYRE Julie Perreault dans la nouvelle série Doute raisonnable

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Julie Perreault observe les vagues qui secouent la société, consciente d’assister à «un moment important» de notre évolution collective, porté par diverses voix. Le mouvement #MoiAussi. Les personnalités qui dénoncent. Les documentaires de plus en plus fréquents sur le sujet. Bientôt, la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale. 

«Je suis très, très attentive à ce qui se passe, a confié l’actrice lors d’un généreux tête-à-tête accordé à l’Agence QMI. Je suis très empathique. Je pense qu’on vit un moment réellement crucial dans cette quête-là, qui est très importante.»

Sa prise de parole à elle, Julie Perreault la mène avec la série Doute raisonnable, dont le propos se fonde justement sur les crimes de nature sexuelle. Dans ce suspense efficace en 10 épisodes, écrit par Danielle Dansereau (19-2) et réalisé par Claude Desrosiers (Fragile), elle incarne Alice Martin Sommer, enquêtrice aux méthodes particulières qui en fait sa spécialité.

«Nous, c’est une fiction qu’on a défendue, mais j’ai quand même l’impression de prendre part à quelque chose d’important, de m’approcher un peu plus de ces quêtes extrêmement difficiles à résoudre. Je suis de tout cœur avec la situation présente. Je m’y intéresse, je m’informe, j’écoute ce qui se fait, et je trouve que toute l’énergie qui est déployée à mettre la lumière sur ces drames change des vies et transforme les femmes. C’est important et extrêmement nécessaire. On est rendus là et on ne peut plus reculer.»

Série rêvée

La Alice Martin Sommer de Julie Perreault, dans Doute raisonnable, revient d’un an de congé sabbatique et se joint au Groupe d’investigation sur les crimes à caractère sexuel (GICCS), où elle prend soin des victimes avec un instinct aiguisé, une bienveillance née d’un passé personnel qu’on devine rock'n'roll et une fermeté nécessaire.

Alice («têtue, entêtée, obsédée», décrit Julie Perreault) conduit ses dossiers en remontant la mémoire de ses client(e)s et en cherchant un sens à la vérité... souvent mise en cause par ce fameux et controversé doute raisonnable.

«C’est une série dont je suis très fière, souligne la comédienne. Fabienne [Larouche, productrice chez Aetios] et moi avons travaillé en amont pendant une bonne grosse année et demie. La série qu’on avait l’intention de faire est celle qu’on vous propose. C’est la série dont on avait rêvé. Elle représente ce qu’on avait envie de dire, de la façon dont on voulait le faire.»

Bien entourée

Julie Perreault est une fille d’équipe. On le constate quand on lui lance à la blague qu’elle est extrêmement «mal entourée» dans la distribution étoilée de Doute raisonnable, où se répondent Marc-André Grondin, Kathleen Fortin, Nadia Essadiqi (La Bronze), Charli Arcouette, David Boutin et plusieurs autres pointures. «C’est ça qui est plate», badine-t-elle en retour, dans le même deuxième degré.

«Je n’ai pas d’intérêt à rayonner toute seule, ajoute-t-elle, plus sérieuse. Par exemple, Marc-André Grondin, je ne le connaissais pas personnellement. Et, maintenant, c’est mon pote! Ç’a été un allié exceptionnel. Ça m’a encore plus fait réaliser à quel point j’aime partager un plateau avec des complices. C’est ce qui me plaît le plus. J’aime collaborer avec les autres, défendre un projet commun. Ce sont tous de bons comédiens et j’ai beaucoup d’admiration pour eux.»

Julie Perreault dans la nouvelle série Doute raisonnable
PHOTO ERIC MYRE

Humilité

En ce sens, n’allez pas lui parler du vertige qu’elle aurait pu ressentir à se pointer sur nos écrans avec un nouveau rôle et une nouvelle série, un an et demi après avoir quitté L’Échappée, qui lui a amené un premier trophée Artis en 2020.

«Mon objectif n’est jamais d’arriver et d’annoncer que je suis de retour avec un projet fort, illustre-t-elle. Je ne suis pas du tout dans cette quête. Mon seul but, c’est d’être une bonne actrice, d’évoluer en même temps que ma carrière. Quand on fait de la place pour de nouveaux projets, d’autres se présentent au bon moment. C’est le cas avec Doute raisonnable. Mais je ne me place surtout pas devant le projet!»

Autre preuve de son humilité: à la mi-quarantaine, Julie Perreault ne se définit pas par son emploi du temps, elle qui chérit toujours l’art de la photo parallèlement à son métier d’actrice.

«J’ai déjà tellement travaillé, s’enflamme-t-elle. Courir partout, faire deux projets à la fois en plus de la photo... J’ai eu des années où mon agenda débordait. Et ça ne m’intéresse plus! (rires) Pas du tout. Même qu’après Doute raisonnable, j’ai eu d’autres demandes, que je vais laisser à d’autres actrices, parce que j’ai envie de me poser. Pour la crédibilité de ce projet, je lui accorde toute mon attention.»

Les cinq premiers épisodes de Doute raisonnable sont maintenant accessibles sur ICI Tou.tv Extra. Les cinq suivants le seront le 28 octobre.

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