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«J’aime la provocation» - Guy Nantel

Guy Nantel parle de liberté d’expression, de culture du viol et de racisme systémique dans Le livre offensant

Guy Nantel
Photo Pierre-Paul Poulin Près de quatre ans après Je me souviens… de rien, reconnu double best-seller, Guy Nantel est de retour avec un deuxième essai, Le livre offensant.

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Un an après avoir perdu la course à la chefferie du PQ, l’humoriste Guy Nantel lancera mercredi un nouvel essai dans lequel il aborde les thèmes qui polarisent le plus au Québec, comme l’appropriation culturelle, la culture du viol et le racisme systémique. « Je suis parti sur tout ce qui m’irrite dans notre société actuelle », dit-il à propos du Livre offensant.

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En octobre 2020, Guy Nantel s’est retrouvé avec un calendrier libéré du jour au lendemain. S’étant lancé dans une course à la chefferie quelques semaines plus tôt, l’humoriste converti en politicien avait dû s’incliner devant Paul St-Pierre Plamondon. Cette aventure terminée, il ne pouvait même pas retourner à son métier de comique, puisque les salles de spectacles étaient toutes retombées en confinement. 

« Ça me prenait un autre projet parce que regarder les murs sans arrêt, y’a un temps où on a fait le tour ! » dit-il en entrevue avec Le Journal. C’est là que lui est venue l’idée de faire un nouvel essai, un deuxième après Je me souviens... de rien, paru en 2017. 

Un couteau en poche

Passionné d’actualité, il a épluché de nombreux médias et sources d’information pour écrire Le livre offensant. « Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui compose notre société, que ce soit en tant qu’humoriste, réalisateur, auteur ou politicien, dit l’humoriste. Je m’arrange du mieux que je peux pour savoir de quoi je parle. »

Dans le chapitre sur la liberté d’expression, on y apprend notamment que Guy Nantel a passé plusieurs semaines à traîner un couteau avec lui pour se rendre à ses spectacles, car il recevait régulièrement des menaces de mort. « Oui, j’ai eu des craintes, dit-il. Il y a quand même un gars qui a fait cinq mois de prison [à cause de menaces à son égard]. Il était armé lourdement dans sa maison. »

Dans celui sur l’appropriation culturelle, il veut démontrer l’absurdité dans laquelle avaient baigné les spectacles de SLĀV et Kanata, tous deux de Robert Lepage. « Si vous voulez créer une œuvre qui évoque une culture autochtone, vous devrez d’abord en discuter avec des Autochtones et obtenir leur permission, écrit-il. [...] En passant, je suis aussi à la recherche d’un comptable vietnamien et d’un plombier juif pour un prochain numéro. Si jamais vous avez des références, j’ai quelques autorisations à demander avant de faire des blagues sur ces communautés. »

Cesser la polarisation

Même s’il est bien conscient que certains de ses écrits vont faire sourciller des groupes de personnes, Guy Nantel assure que son but avec ce livre, « c’est de mettre un terme au climat de polarisation qui anime le Québec actuellement et qui fait en sorte que tout le monde se divise et se subdivise en mille et un groupes et sous-groupes. »

Le contenu de ce Livre offensant ne se retrouvera pas tout à fait dans son prochain spectacle d’humour, qui devrait être annoncé le mois prochain. « En même temps, j’aime beaucoup la provocation, dit Guy Nantel. J’aime les sujets qui provoquent des réactions. Le prochain show va entre autres parler de ma course à la chefferie et de pourquoi j’aurais fait un bon chef. Mais plus mon personnage de scène essaie de se vanter, moins on a le goût de voter pour lui ! [rires] »


Le livre offensant, de Guy Nantel, sera en vente mercredi.

Extraits du Livre offensant 

<strong><em>Le livre offensant</em><br>Guy Nantel</strong><br>Groupe Entourage<br>328 pages
Photo courtoisie
Le livre offensant
Guy Nantel

Groupe Entourage
328 pages

« Quelle déception d’entendre Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien, grand patron des politiques culturelles du pays et de Radio-Canada, réagir à la censure d’un épisode de La petite vie à l’émission Tout le monde en parle ! “Notre droit [de nous exprimer] s’arrête là où la blessure de quelqu’un d’autre commence.” Une mollesse intellectuelle digne des pires politiciens sans colonne ! Dois-je conclure qu’il condamne à la censure toute œuvre artistique qui fera l’objet d’une seule plainte ? » 

« Personnellement, je me contrefiche de l’apparence physique et de l’origine ethnique d’une personne dans le domaine artistique. Donnons-nous-en à cœur joie. Un Sri-Lankais veut chanter les plus grands succès de La Bottine souriante ? Go ! Une Libyenne qui a vécu au Japon souhaite ouvrir une cabane à sucre et cuisiner des grands-pères au sirop d’érable ? Aucun problème avec ça. Et, oui, une actrice noire peut jouer un grand rôle dans une tragédie grecque. Je sais, je sais, elle n’a pas la “bonne couleur de peau”, mais ça me laisse complètement indifférent si elle a du talent. Personne n’a le monopole de la souffrance et, d’ailleurs, la souffrance d’un peuple ou d’un individu ne lui donne pas le privilège de l’usage exclusif de sa culture. Quand un artiste produit une œuvre, il l’envoie dans l’univers et accepte que tous puissent se l’approprier et s’en inspirer. »

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