/weekend
Navigation

Le Québec des années 1980

Micheline Lachance
Photo Chantal Poirier Micheline Lachance

Coup d'oeil sur cet article

Bien connue pour ses romans historiques (Le Roman de Julie Papineau, Rue des Remparts, Les filles tombées), l’écrivaine Micheline Lachance a cadré son nouveau roman, Ne réveillez pas le chagrin qui dort, dans le Québec des années 1980, en plein référendum. Ce drame psychologique raconte le parcours d’une femme qui découvre avec stupéfaction qu’elle a un sosie, en lisant les avis de décès. Elle décide d’enquêter et détricote la trame en apparence parfaite de sa famille.

L’histoire commence un matin de printemps, alors que la journaliste Anne Delagrave tombe sur l’avis de décès d’une femme qui lui ressemble comme un sosie. Comment est-ce possible ? Pourquoi est-elle morte si jeune ? 

Des dizaines de questions jaillissent tout à coup dans son esprit. Qui est cette femme qui lui ressemble tellement ? Les doutes surgissent : se pourrait-il que son père, juge redoutable, mais aussi coureur de jupons invétéré, ait eu une fille illégitime ?

Ainsi entame-t-elle une enquête fébrile, menée contre l’avis de ses proches. Que découvrira-t-elle en multipliant les rencontres et en remontant le fil de l’histoire ? Peut-être lèvera-t-elle le voile sur des vérités qu’elle aurait préféré ignorer.

Le Contexte social

Ce roman enlevant rappelle le contexte social bouillonnant du Québec à l’aube de la période référendaire. Il montre aussi à quel point les femmes de l’époque étaient portées par les grands vents de la liberté et des avancées du féminisme. 

Micheline Lachance raconte que l’idée lui est venue exactement comme le livre débute. « J’ai lu les avis de décès et j’ai vu la photo d’une femme qui me ressemblait. J’ai découpé sa photo et je l’ai rangée dans un classeur, sans trop savoir ce que j’en ferais. »

Après avoir écrit Rue des Remparts, elle avait le goût d’écrire un roman différent, plus contemporain, se déroulant dans les années 1960, 1970 et 1980. « J’ai commencé par mettre de l’ordre dans mes papiers personnels, dans mes agendas, mes albums photo, pour me rappeler le climat, sans trop savoir ce que j’allais en faire. »

Elle a eu un plaisir fou à se revoir en mini-jupe, au volant de sa Triumph bleu ciel, de se voir manifester dans les rues ou en voyage transatlantique sur un navire-cargo, et se rappeler toutes sortes de souvenirs. « La mini-jupe, dans mon temps, c’était neuf, ça ne s’était jamais vu ! C’est toutes des choses qui me revenaient et qui m’ont donné envie d’écrire ce livre. »

Les années 1970 et 1980

Elle décrit les années 1970 comme une période « absolument fascinante ». « C’était euphorique, surtout pour les femmes. Il faisait bon être jeune, dans ce temps-là. Le féminisme avait la cote. On a vécu la libération sexuelle et la liberté tout court, le droit de vivre comme on l’entendait. On pouvait vivre accotés, divorcer, recommencer sa vie après l’échec d’un mariage. Tout ça est dû au fait que les femmes ont investi le marché du travail. Les congés de maternité, les garderies sont arrivés dans ce temps-là. »

Elle fait en sorte que les lecteurs découvrent ces grands changements grâce au personnage d’Anne, une jeune journaliste qui est un peu son alter ego. « Au fil de ses reportages, elle se pose les questions que toutes les jeunes femmes se posaient à ce moment-là. »

Micheline Lachance est historienne, journaliste et romancière.

Elle a reçu de nombreux prix littéraires et journalistiques.

Elle a écrit la biographie du frère André et Le Roman de Julie Papineau, un des plus grands succès de la littérature québécoise, vendu à des centaines de milliers d’exemplaires.

<b>Ne réveillez pas le chagrin qui dort</b><br />
Micheline Lachance<br/>
Éditions Québec Amérique<br/>
environ 280 pages
Photo courtoisie
Ne réveillez pas le chagrin qui dort
Micheline Lachance
Éditions Québec Amérique
environ 280 pages