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Méprise identitaire à La Licorne

Maxime Denommée
Photo courtoisie, Rolline Laporte Le metteur en scène, Maxime Denommée

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Basée sur un quiproquo, la pièce Ulster American qui prendra l’affiche à La Licorne le 19 octobre aborde un sujet cher aux Québécois : l’identité, ou pour être plus précis la perception qu’on accole à une certaine identité. 

Écrite par David Ireland pour le Festival Fringe d’Édimbourg en 2018, cette œuvre sera jouée pour la première fois en français après avoir récolté de nombreux prix en Écosse. 

Cette comédie noire s’appuie sur une méprise pour questionner les spectateurs sur l’identité qu’on peut bien nous apposer, une question que connaît bien son créateur.

« David Ireland est né en Irlande du Nord, et il est généralement présenté comme un Irlandais, même s’il se considère plutôt comme Britannique, affirme en entrevue Maxime Denommée, qui assure la mise en scène. Il accepte cet état de fait, sans trop vouloir défendre son point de vue. »

Malentendu

Dans cette production, une dramaturge irlandaise en ascension (jouée par Lauren Hartley), un acteur américain d’Hollywood (incarné par David Boutin) et un metteur en scène anglais établi (Frédéric Blanchette) sont réunis pour travailler sur une pièce devant être jouée à Londres qui porte sur le conflit nord-irlandais. Leur première rencontre tourne au vinaigre lorsque l’Américain se rend compte qu’il n’incarnera pas un Irlandais catholique comme il le croyait.

« Je voulais mettre l’accent sur l’idée qu’on se fait de l’autre, précise Maxime Denommée.
On colle des étiquettes aux gens parce que cela nous rassure. On veut tout de suite cataloguer l’autre. Au lieu de s’ouvrir à la différence, on la refuse. »

Voilà un enjeu qui est drôlement d’actualité au Québec. Et pas seulement pour des questions liées à la langue ou à la place des minorités. Mais aussi dans des débats qui opposent deux clans, comme dans le cas de la vaccination et de la pertinence des mesures sanitaires pour contrer la COVID-19.

Humour

Ulster American aborde également d’autres sujets chauds comme les injustices de genre et le mansplaining avec les échanges entre la jeune dramaturge et les deux hommes qu’elle côtoie. 

« On est à une époque où il faut se remettre en question. Le spectacle porte beaucoup sur ça », note Maxime Denommée qui précise toutefois qu’il est teinté d’humour.

« J’adore monter des comédies noires, dit-il. Passer un message par l’humour constitue un bon procédé. En riant, les spectateurs se détendent. On les amène ensuite à rire de manière plus jaune. On reconnaît des comportements de soi-même. »