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Mes parents m’ont enseigné les valeurs familiales

SPO-PARALYMPIQUE-BENOIT HUOT
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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La triple médaillée olympique Marianne St-Gelais est aujourd’hui entraîneuse adjointe de Marc Gagnon au Centre régional canadien d’entraînement (CRCE) de Patinage de vitesse Canada, basé à Montréal. La médaillée olympique considère toujours ses amis comme très importants.  

Faisons ensemble un tour de piste rapide, mais pas en patins de vitesse, afin de connaître sa jeunesse. La seule partie de sa jeunesse qui a changé, c’est son âge, car son enthousiasme, sa joie de vivre et son amour pour sa famille sont toujours aussi vivants. 

Tu es originaire du Lac-Saint-Jean.

Je suis née le 17 février 1990 à un magnifique endroit, la ville de Saint-Félicien, située dans la MRC du Domaine-du-Roy au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Mes parents, Gaétan Saint-Gelais et Francine Privé, ont eu quatre enfants, Marjorie, Bastien, Catherine et moi. 


À 10 ans, le hasard t’a ouvert les portes du patinage de vitesse.

Notre voisine, madame Édith Tremblay, a frappé à la porte de notre maison, car il manquait des patineurs au club de patinage de vitesse Les Éclairs de Saint-Félicien. Nos parents ont inscrit les quatre enfants et ce fut le début d’un beau voyage.  


Le sport était en réalité une activité familiale.

Mes sœurs, mon frère et moi participions à plusieurs compétitions régionales sportives qui nous obligeaient de voyager dans plusieurs endroits du Québec.


Vous étiez six à partager une chambre d’hôtel.

Imaginez-vous la logistique, mais nous éprouvions tellement de plaisir. La sortie du samedi soir, c’était au restaurant du choix de l’enfant qui participait à la compétition. 


Papa devait se lever vers 4 h

Habituellement, notre chemin du retour à la maison s’amorçait le dimanche au soir. Mon papa travaillait dans le bois à environ deux ou trois heures de Saint-Félicien. Certains matins, papa devait se lever vers 4 h 30 pour lui permettre d’arriver à l’heure au travail.


Pourquoi allais-tu si tôt le matin pour pratiquer ?

J’aimais m’amuser avec mes amis, alors si je devais les voir à 6 h, il n’y avait aucun problème pour moi avec cette situation. Mon premier entraîneur, Pierre-Yves Dion, a véritablement été très patient. 


As-tu rêvé à une participation aux Olympiques dans ta jeunesse ?

Jamais. D’ailleurs, je ne faisais que m’en aller en compétition durant deux jours avec d’autres parents que je pleurais. 


Ma mère était technicienne en santé animale. 

À cause de son travail dans le bois, mon père était à la maison seulement les fins de semaine. Le jour, ma mère travaillait comme technicienne en santé animale.


J’ai une adorable et formidable mère.  

Après son travail, maman préparait le souper sans oublier de s’occuper de tous les autres aspects de la maisonnée, dont s’assurer que nous faisions nos devoirs après l’école et coordonner avec les voisins le covoiturage des quatre enfants afin qu’on puisse assister à nos entraînements. 


Horaires de covoiturage. 

Les trois enfants de la voisine Édith Tremblay patinaient. Je chéris toujours dans ma mémoire le souvenir de voir ma mère assise dans la cuisine avec madame Tremblay en train de coordonner les horaires de covoiturage. 


Tu as travaillé à une crèmerie.

J’ai commencé comme camelot et quelques années plus tard, je travaillais à la crèmerie.


Aimais-tu fréquenter l’école ? 

J’aimais l’école, mais pas pour étudier, c’était surtout pour pratiquer les différents sports, dont l’athlétisme. 


Tu donnais des cours d’histoire à l’école.

Avant de faire partie de l’équipe nationale, je participais à des compétitions partout au Québec. Lors de mon retour en classe, à la polyvalente des Quatre-Vents, mon professeur d’histoire, Luc Tremblay, me désignait pour donner le cours d’histoire, alors que je décrivais les endroits où avaient lieu les compétitions.


Ton premier appartement. 

Lors de mes études au cégep de Jonquière, ma coloc, Valerie Gauthier, et moi habitions dans un appartement. Nous retournions à Saint-Félicien les fins de semaine, car j’avais hâte de revoir les membres de ma famille et mes amis. 


Le grand départ de la maison à 17 ans.

Ce ne fut pas facile, car nous sommes une famille très unie. Ma mère pleurait lorsqu’elle m’a quittée devant l’aréna Maurice-Richard. Je n’avais aucune idée où la vie pouvait me mener. 


Ta carrière terminée, que ressens-tu ?

Je dois avouer que je suis fière de mes performances sportives. Mais encore plus important que mes médailles, c’est l’amitié que j’ai toujours gardée avec mes amis de jeunesse qui ont toujours été présents pour m’appuyer.