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Repenser nos milieux de vie

GEN - JONATHAN LÉPINE
MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL MArtin Alarie/JdeM

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Les villes dans lesquelles nous résidons, les quartiers que nous habitons, les maisons dans lesquels nous vivons ne se résument pas à des simples pieds carrés et à des superficies servant à être maximisées pour engranger le plus de profit possible comme le perçoivent promoteurs et investisseurs immobiliers.  

Ce sont avant tout des milieux de vie, des environnements dans lesquels nous évoluons, nous grandissons et nous bâtissons nos familles. Avec la flambée actuelle du marché, bien des contracteurs, des agents immobiliers et, je ne le crains, des municipalités, font fi de l’urbanisation contrôlée et esthétique pour simplement construire plus, plus vite, plus cordé et plus cheap, pour aller chercher le maximum de taxes et de revenus possibles. 

Le plus aberrant, c’est que tous ces soi-disant écoquartiers et ces nouveaux développements publicisés comme verts sont en réalité de vastes déserts bétonnés qui ont été complètement déforestés. Au lieu de construire avec la nature, avec les particularités de chaque parcelle de terrain, on fait table rase pour ensuite tout niveler d’un coup et peut-être obtenir un arbre gratuit à planter, gracieuseté de la ville, une fois la maison finie et le compte de taxes payé. 

Triste à voir

Je comprends que la demande croit sans cesse, que les terrains se font rares et que les prix des matériaux augmentent, mais il doit y avoir d’autres manières de faire que de planter les habitations en rangs serrés dans d’anciennes terres agricoles ou zones humides. En passant devant les outlets à Mirabel, je ne vois que l’image de poulaillers en rang d’oignon entassant le plus de monde possible, avec vue sur des grandes marques, prêt à dépenser à distance de marche. La zone où tout cela a été édifié fut protégée toute ma jeunesse et du jour au lendemain, les grenouilles n’étaient plus en danger et le milieu humide n’était plus requis. La tristesse de voir toute cette forêt mise-à-mort à l’époque était la même que celle qui me tenaille quand je roule dans les nouveaux développements des Laurentides. 

On dézone certaines des dernières parcelles de forêt vierge, près des parcs ou même en leur sein, dans lesquelles des familles parcourent les sentiers et s’évadent des océans de béton que sont leurs quartiers depuis des années. Prenons exemple sur le parc du Lac-Jérôme à St-Jérôme. Des habitants du secteur se battent pour conserver ce paradis près de chez eux et ils ont raison de défendre aussi ardemment ce joyau des Laurentides. Quel enfant ne préfèrerait pas un parc en plein nature qui offre ombre et exploration infinie à une nouvelle installation en plastique sur une dalle, avec aucun arbre à l’horizon? 

Mieux développer

Nous avons besoin du beau, du calme et de l’effet apaisant que nous offrent la verdure, les arbres et les plantes. Repensons aux quartiers des années 60-70 dans lesquels plusieurs d’entre nous avons grandi : ils étaient plus verts, mieux aménagés et il faisait bon d’y vivre et de s’y promener. La qualité de vie, la mobilité, et la collectivité étaient à la base des arrondissements. 

Avec la pandémie, nous avons pris conscience de l’importance de nos milieux de vie, de nos foyers et de notre environnement sur notre bonheur et notre santé psychologique. J’espère que nous saurons préserver nos espaces vierges et repenser notre urbanisation afin d’offrir des milieux plus sains pour le développement de nos enfants. 

Il nous faut des règlements clairs de la part des municipalités pour des plans d’urbanisme humains et pro-environnement pour nos futures générations et le bien-être du plus grand nombre. 

Jonathan Brisebois-Lépine, Bachelier en Travail social et détenteur d’un B.A.A. Prévost

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