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«Révolution»: la sensibilité masculine en scène

Projet Symbiose
PHOTO COURTOISIE / OSA IMAGES Projet Symbiose

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Combattre les clichés et les habitudes sur le milieu de la danse, c’est la mission de Projet Symbiose à «Révolution». Les cinq gars du groupe ont réussi leur ballotage, dimanche soir, en poursuivant le numéro qu’ils avaient initié au premier tour. Un pari payant.

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Après avoir participé à la première saison de l’émission en duo avec une fille, Jesse Matteau a eu envie de revenir à «Révolution» avec un concept différent, à savoir un groupe uniquement de gars qui dansent du contemporain. «Quand j’ai commencé à danser, il y a une dizaine d’années, on voyait beaucoup moins de garçons en contemporain. Au départ, je me faisais d’ailleurs beaucoup intimité à l’école et ça s’est poursuivi assez longtemps. Mais j’aimais tellement la danse que je ne voulais pas abandonner.»

Depuis, son objectif est de convaincre le grand public que la danse est une forme d’art comme les autres, qu’elle ne doit être ni genrée, ni attitrée à une orientation sexuelle. «C’est une expression propre à chacun. Je trouve important de montrer à tous qu’on a le droit de faire ce qu’on veut dans la vie, quand c’est fait avec passion et qu’on a quelque chose à partager.»

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De l’inattendu

Une troupe uniquement composée de garçons, comme projet Symbiose, apporte une dynamique différente sur scène. «Quand c’est une troupe mixte, on s’attend à une certaine formule avec du partenariat, des portées, une histoire entre les deux... Avec seulement des gars, c’est plus inattendu parce qu’on ne sait pas quel va être le concept, quel genre d’histoire on va avoir. On voit régulièrement des duos de garçons, mais quasiment jamais de groupe de gars.»

Histoire de ne pas se rendre la tâche facile, il a préféré aller chercher des danseurs en Ontario. «Après deux saisons de «Révolution», on a vu beaucoup de danseurs québécois. Je voulais donc arriver avec des gars que l’on n’avait pas encore vus. Les danseurs de Toronto et ceux de Montréal ont un entrainement différent et une vision du milieu différente. Il y avait non seulement une complexité logistique, mais je ne connaissais qu’un seul des gars avant la première répétition. Mais on a réussi à faire fonctionner des choses, même si ça aurait été plus fructueux en habitant dans la même ville.»

Ballotage réussi

Après un premier tour qui n’avait pas convaincu Lydia Bouchard, Projet Symbiose est arrivé au ballotage avec la suite du numéro initial, mais avec une énergie dans le tapis.

«On a montré notre sensibilité au premier tour, et on voulait montrer notre force et notre puissance dans la seconde partie. L’idée était de montrer l’éventail de ce qu’on est capable de faire en tant que groupe. C’était risqué, mais on a essayé de faire quelque chose d’inusité. On a poussé plus loin l’idée de raconter une histoire en apportant des textures et une dynamique différente.»

Marco, 27 ans, Montréal

Attaché avec une camisole de force en arrivant sur scène, Marco a fait immédiatement sensation auprès des maitres et du public. «Je voulais démontrer qu’on est plus fort qu’on pense et qu’il faut juste se défaire de nos barrières mentales qui nous enferment.

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«C’est très personnel, mais beaucoup de gens vivent aussi ce genre de situation. En tant que danseur, on est nombreux à avoir eu une remise en question durant la pandémie.»

Après avoir découvert le milieu du hip-hop à l’adolescence, Marco a toutefois arrêté de danser au début de la vingtaine. «Au début, je dansais de manière récréative. En grandissant, la flamme s’est éteinte et je suis allé faire autre chose. Mais à 24 ans, l’étincelle s’est ravivée de manière inattendue, grâce aux vidéos que je voyais sur les réseaux sociaux. Ça m’a donné envie de recommencer.»

Reprendre la danse n’a pas été chose facile, mais la passion était là: «Ça m’a pris quelques années à pratiquer tous les jours pour me rendre au niveau où je suis maintenant. Je donne l’impression que c’est facile, mais ce n’est pas le cas».

Jordan, 26 ans, Montréal

Ancien danseur aux Grands Ballets Canadiens, Jordan a choisi de participer à «Révolution» dans le but de montrer l’exemple. «Je veux inspirer les jeunes de ma communauté. Être noir en ballet classique vient avec beaucoup d’obstacles. Quand tu es jeune et racisé, voir quelqu’un qui a fait ce parcours et qui est rendu professionnel, c’est inspirant parce que ça montre que c’est possible.»

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Confiant lors de la première ronde, il a toutefois été surpris de se retrouver au ballotage. «J’étais sûr de moi en entrant sur la scène, et je me sentais bien après ma première performance, même s’il y avait eu un petit accrochage qui m’a un peu fait perdre l’équilibre. Je pense que les maîtres voulaient que je prouve que j’étais capable d’en montrer plus et d’être plus en contrôle.»

La demande a été exaucée, car sa prestation au ballotage a été incroyable. «Le plus important en tant que danseur professionnel est de prendre la critique, l’observer, et ensuite voir comment on peut faire pour les intégrer afin de s’améliorer.»

Julien, 29 ans, Montréal

La danse est une affaire de famille pour Julien Desgagnés. Sa sœur possède un studio de danse, et son frère ainé n’est nul autre que Charles-Alexis Desgagnés qui a participé à la première saison de «Révolution». Julien est tombé dans la danse quand il était petit. «Ma sœur m’a beaucoup aidé dans ma carrière, elle m’a formé quand j’étais plus jeune. C’était quand même un grand défi de créer un numéro en peu de temps. J’ai donc demandé de l’aide à ma sœur, et aussi à mon frère. Charles-Alexis sait ce qu’il faut pour réussir dans le contexte de «Révolution», il connaît déjà le fonctionnement.»

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Pour son premier numéro, Julien a choisi de rendre hommage à son père qui l’a toujours soutenu. «Je voulais montrer qu’il y a aussi des belles histoires positives. J’ai choisi une des chansons préférées à mon père, c’est comme un hommage que je voulais lui rendre. J’ai toujours pu pousser la danse sans jamais me faire mettre des bâtons dans les roues, j’ai eu un support inconditionnel de mes parents.»

Les candidats sauvés cette semaine:  

  • Bubbles V, de 16 à 19 ans, Trois-Rivières 
  • Marco, 27 ans, Montréal 
  • Julien, 29 ans, Montréal  

Les candidats sauvés au ballotage: 

  • T.Acos, 13 à 17 ans, Granby 
  • Jordan, 26 ans, Montréal 
  • Projet Symbiose, 17 à 26 ans, Toronto et Trois-Rivières 

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