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Procès de la belle-mère: des policiers éprouvés par la découverte de la martyre de Granby

Une vingtaine de témoins seront entendus au cours des prochaines semaines au palais de justice de Trois-Rivières

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Les deux premiers policiers qui ont découvert le corps inanimé de la fillette martyre de Granby sont tombés sur une scène d’horreur et sont restés marqués par la maigreur de la victime. 

« C’était comme le corps d’une personne qui vient des pays comme l’Éthiopie », a laissé tomber lundi l’air grave Martin Noël, agent de la police de Granby, le qualifiant de « rachitique ». 

« J’ai vu une petite fille toute maigre, inconsciente, inanimée », a difficilement articulé sa collègue Linda Harpin, ajoutant que c’était « macabre ». 

Le procès de la belle-mère de la fillette dont le décès a secoué le Québec en avril 2019 s’est ouvert lundi au palais de justice de Trois-Rivières.

Le décès de la fillette de Granby avait secoué le Québec en avril 2019. À l’époque, des gens ont déposé des toutous pour lui rendre hommage.
Photo d'archives, Jonathan Tremblay
Le décès de la fillette de Granby avait secoué le Québec en avril 2019. À l’époque, des gens ont déposé des toutous pour lui rendre hommage.

La femme aujourd’hui âgée de 38 ans est accusée du meurtre non prémédité et de la séquestration de l’enfant, qui avait sept ans lors de son décès. 

Dans sa déclaration d’ouverture faite aux 14 membres du jury, le procureur de la Couronne Jean-Sébastien Bussières a affirmé que l’accusée avait enroulé la petite victime avec du ruban adhésif, le 29 avril 2019. Elle est décédée le lendemain. 

Il a aussi prévenu que des « éléments de preuves seront difficiles à voir ou entendre ».  

  • Écoutez le compte-rendu d'Antoine Lacroix au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio:

« Je sais ce qui est arrivé »

Des images du corps « émacié » de la victime ont été exhibées aux jurés. On peut également voir un « amas de tape ». Ils ont aussi pu prendre connaissance d’un appel au 911, passé après qu’elle eut été découverte inanimée. 

Au bout du fil, l’interlocuteur est visiblement en panique.

« Vite une ambulance, a lancé une voix affolée. Elle respire plus. [...] Elle est morte, je ne sais pas ça fait combien de temps. »

« Je sais ce qui est arrivé, je vous explique toute ça lorsque vous arrivez », a dit l’interlocuteur à un répartiteur. 

Le premier policier qui est intervenu sur les lieux du drame a affirmé que des éléments dans la chambre lui ont « sauté aux yeux ». 

« Il n’y avait pas de lit, pas de commode. Les meubles étaient empilés le long de la fenêtre. Il n’y avait rien au sol, c’était comme une chambre vide », a soutenu le patrouilleur Martin Noël.

Il dit aussi avoir vu que le corps frêle portait plusieurs marques à divers endroits, alors qu’il faisait des manœuvres de réanimation. 

Une observation partagée par sa collègue. 

« On n’était pas dans une situation normale, on venait de tomber dans une enquête policière », a expliqué Linda Harpin, en précisant pourquoi elle a commencé à prendre des photos.

Tout comme depuis le début des procédures, les médias doivent respecter certains interdits de publication durant le procès, notamment en ne divulguant aucune information permettant d’identifier la victime, ce qui empêche de nommer l’accusée.

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault à QUB radio:      

CE QU'ILS ONT DIT 

« L’enfant qui est malheureusement connue comme étant la “fillette de Granby”, cette enfant-là, elle portait un nom. Elle s’appelait [nom de l’enfant]. C’est pour elle que nous serons dans cette salle. »

–Jean-Sébastien Bussières, procureur de la Couronne

« Le matin du 29 avril 2019, l’accusée a séquestré [la petite victime] en l’enroulant de ruban adhésif. »

–Jean-Sébastien Bussières, procureur de la Couronne

« Près [de la victime], il y avait comme un amas de plastique, comme une carapace, avec une paire de ciseaux. »

–Linda Harpin, policière à Granby

« Elle avait un regard vide. Un œil fermé et un œil à moitié ouvert. [...] Le corps portait des marques. Sur les jambes jusqu’aux hanches, sur le bas-ventre, à l’avant-bas. »

–Martin Noël, policier à Granby


Le procès se poursuit pour les prochaines semaines à Trois-Rivières. Une vingtaine de témoins seront entendus.