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Biden fait des concessions et se dit optimiste sur le vote de ses plans de dépenses

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AFP

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Joe Biden se rend mercredi à Scranton, sa ville natale de Pennsylvanie, pour faire la promotion de ses plans d’investissements dont les montants ont été revus en nette baisse afin de tenter de rassembler toutes les franges du parti démocrate. 

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« Je pense que nous allons avoir un accord », a déclaré le président sur le chemin de cette ville à forte tradition ouvrière, où il retourne pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

Il n’a toutefois pas précisé à quelle échéance, alors que certains élus évoquent la possibilité d’un accord dès cette semaine.

À Scranton, Joe Biden va prononcer un discours destiné à convaincre les démocrates les plus réticents à voter ses projets ambitieux censés réformer l’Amérique.

Cette visite intervient au lendemain de négociations intensives avec des élus qui menacent de faire échouer ses projets au Congrès, au cours desquelles il a consenti à diminuer les dépenses consacrées aux mesures sociales et au climat.

En jeu, deux vastes programmes. Le premier porte sur des investissements pour moderniser les infrastructures. Le second, baptisé « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux ») prévoit des dépenses sociales. Ces plans comportent aussi de nombreuses mesures pour protéger l’environnement.

« Personne n’obtiendra tout ce qu’il veut, mais quoi qu’il en soit, notre proposition finale tiendra la promesse fondamentale que nous avons faite au peuple américain », a assuré mercredi Chuck Schumer, le chef démocrate au Sénat. L’objectif est de « finaliser un accord d’ici la fin de la semaine », a-t-il ajouté.

Pour éviter un échec politique cuisant, la Maison-Blanche avait déjà consenti cet été à ramener le montant de son plan infrastructures à 1 200 milliards de dollars contre 2 200 milliards sur huit ans prévus initialement.

Ce montant a été acté au Sénat, mais son passage à la Chambre des représentants reste en suspens, l’aile gauche des démocrates ayant conditionné son vote à l’accord sur le plan « Build Back Better ».

Ce dernier devait initialement engager des dépenses de 3 500 milliards de dollars sur dix ans pour renforcer l’accès à l’éducation, à la santé, aux gardes d’enfants ainsi que des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais la démocrate Pramila Jayapal, cheffe de file des progressistes à la Chambre des représentants, a indiqué mardi soir après sa rencontre avec Joe Biden que la contre-offre du président était désormais de l’ordre de 1 900 à 2 200 milliards de dollars. Une enveloppe encore supérieure aux 1 500 milliards voulus par le sénateur modéré Joe Manchin, dont le vote est crucial.

M. Manchin argue qu’il faut des mesures plus ciblées, comme la gratuité des frais de scolarité des deux premières années d’études supérieures pour les plus pauvres et non pas pour toutes les familles.

Climat

Joe Biden s’est entretenu avec Joe Manchin et Kyrsten Sinema, dont l’opposition au plan de réformes sociales équivaudrait, ni plus ni moins, à un veto. Car si les démocrates contrôlent le Congrès, leur majorité au Sénat est si courte que toute défection est impossible.

À l’issue des réunions, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a semblé plus optimiste, relevant qu’il y avait « un consensus large sur l’urgence d’avancer lors des prochains jours » car « la fenêtre de tir » pour conclure un accord « est en train de se fermer ».

Pramila Jayapal a, elle, estimé que le président avait « travaillé incroyablement dur pour amener tout le monde au point où les choses peuvent avancer ».

Les centristes, qui sont confrontés pour certains à des élections de mi-mandat très disputées, sont déterminés à concrétiser toute victoire législative qu’ils pourraient ensuite faire valoir en campagne.

Pour Joe Biden, au-delà du succès politique intérieur, un vote du plan « Build Back Better » comprenant des mesures ambitieuses sur le climat serait le bienvenu avant la conférence mondiale sur le climat dans quelques jours à Glasgow, en Écosse. Les États-Unis sont le mauvais élève des pays avancés, mais le président souhaite signaler que la première puissance économique mondiale va désormais montrer l’exemple.

Or ce sont les dispositifs relatifs au volet climat qui semblaient les plus fragilisés mercredi.

Joe Biden veut maintenir son objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici la fin de la décennie. Il souhaite également que le projet de loi final inclue au moins 500 milliards de dollars d’allègements fiscaux, de prêts et de subventions.

Mais Joe Manchin continue de faire de la résistance au programme d’énergie propre. Et l’idée d’une taxe sur le carbone pourrait être enterrée.

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