/news/society
Navigation

Les parents d'un enfant autiste de l'Estrie en manque de ressources

Coup d'oeil sur cet article

Les parents d'un enfant de 7 ans atteint du trouble du spectre de l'autisme (TSA) de Sherbrooke ont dénoncé, mardi, le manque de ressources dans la région.

Il y a une semaine, Jennifer Boisvert et Charles Voisine ont amené Brendan à l'urgence de l'Hôpital Fleurimont. L'enfant était incapable de contrôler sa crise de colère. En plus du TSA, Brendan souffre d'un retard de développement global et d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Un simple changement dans la dose de sa médication a tout fait basculer, a expliqué sa mère.

«À l'Action de grâce, on a eu un petit changement de médication et c'est là que Brendan a disjoncté. Il a brisé des vitres à la maison, il a blessé sa sœur, il nous a même blessés. Il a brisé toutes les portes de la maison», a raconté Jennifer, avant d'éclater en sanglots.

«À l'hôpital, ils ont décidé de le contentionner au lit et lui ont donné des calmants... Des calmants à mon enfant de 7 ans.»

Le garçon a passé cinq heures en contention, sous sédation. Une fois calmé, il a obtenu son congé. Mais les parents, épuisés, ont refusé de le ramener à la maison. Ils craignent pour leur sécurité, celle de Brendan et de sa sœur.

«La pédopsychiatrie, c'est pour les 12 ans et plus, donc on ne pouvait pas le laisser à l'hôpital. Il n'y a pas de famille d'accueil qui peut prendre Brendan en charge à cause de son risque de dangerosité envers lui et les autres.»

Peu d’options

Le temps de trouver une autre option, le CIUSSS de l'Estrie – CHUS a décidé de l'envoyer à Val-du-Lac, un centre d'hébergement en protection de la jeunesse. Une décision que remet en doute Karine Guillemette. Elle est la directrice d'Action Handicap Estrie, qui représente les associations de personnes handicapées de l'Estrie.

Elle déplore que le réseau ne soit pas outillé pour faire face à ces jeunes et leurs parents épuisés. En ce moment, en Estrie, il faut compter selon elle en moyenne près de cinq ans entre le premier rendez-vous pour le dépistage d'un TSA et l'accès aux services qui y sont liés.

«Si on met plus de services en place avant, si on met des services plus rapidement dès qu'on suspecte quelque chose d'anormal, dès qu'on commence à avoir des besoins, avant de se rendre à l'essoufflement, avant de se rendre à des problèmes de comportement qu'on ne peut plus gérer, je crois qu'il y aurait là une partie de la solution.»

De son côté, le CIUSSS refuse de commenter ce cas précis, par souci de confidentialité. Il dit être au fait de la situation et évaluer ses options pour offrir de meilleures ressources aux enfants de moins de 12 ans, en situation de crise.

À voir aussi 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.