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Amélioration des conditions de travail: Québec pousse les agences privées vers la sortie

Amélioration des conditions de travail: Québec pousse les agences privées vers la sortie
AFP

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Le gouvernement Legault va de l’avant avec sa promesse d’offrir d’abord les meilleurs quarts de travail aux infirmières du réseau public, afin de réduire graduellement le recours aux agences privées dans le réseau de la santé.  

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Une directive a été émise mercredi aux dirigeants de CISSS et CIUSSS de Montréal, Laval, Montérégie, Laurentides, Lanaudière, Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.  

Celle-ci prévoit que les quarts de travail de jour doivent être offerts en priorité au personnel du réseau de santé, tandis que le personnel des agences privées obtiendra les horaires de soir, de nuit et de fin de semaine.  

De plus, les dirigeants devront imposer des ratios entre employés du public et du privé «qui vont permettre une transition». De la même façon, le renouvellement des contrats avec les agences se fera «pour une période maximale de six mois».  

Les PDG des CISSS et des CIUSSS devront également présenter des plans de transition qui devront être mis en oeuvre d’ici le 1er décembre. 

«Donc, c'est très intensif, ce qu'on annonce ce matin», a déclaré en point de presse le ministre de la Santé, Christian Dubé.  

Le ministre estime que cette mesure, combinée aux autres annoncées récemment, permettra de réduire graduellement le recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO). «La combinaison de ce qu'on annonce ce matin sur les agences va nous aider à ramener des gens qui vont nous aider à faire moins de TSO [...]», a-t-il expliqué. Québec s’entendra ensuite avec les syndicats sur «la période de transition». puis avec les PDG «pour voir comment on minimise l'utilisation du TSO».  

Décentralisation 

Christian Dubé a également détaillé quelque peu la décentralisation du système de la santé annoncé par le premier ministre la veille.  

Le gouvernement Legault assure qu’il n’a pas l’intention de brasser les structures du réseau de la santé, comme ce fut le cas avec la réforme Barrette qui a créé les CISSS et les CIUSSS. «Ce n'est pas une question de structure, c'est une question de culture», souligne le ministre Dubé.  

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé

Il donne l’exemple de la mise en place d’un gestionnaire dans chaque CHSLD après la première vague de la pandémie.  

De la même façon, la gestion des quarts de travail doit se faire au niveau local, illustre-t-il. «La gestion des horaires ne doit plus se faire au niveau du CISSS et du CIUSSS, elle doit se faire au niveau de l'installation, au niveau de l'hôpital», dit Christian Dubé.  

Au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, notamment, cette approche centralisée génère des problèmes. «Les gens reçoivent, dans chacun des hôpitaux, la liste de rappel qui a été suggérée par l'informatique. Un nom sur deux n'est pas valide, pour X raisons» ce qui entraîne des démarches inutiles, explique le ministre.  

Rémunération des médecins 

Sur les négociations avec les médecins de famille, le ministre Dubé a abondé dans le même sens que François Legault, la veille.  

«Il faut revoir complètement la rémunération des médecins, complètement, estime-t-il. Ce n'est pas normal qu'aujourd'hui, avec le nombre de médecins qu'on a, qui se compare avantageusement à ce qu'il y a dans les autres provinces, qu'on aille 800 000 Québécois qui soient sur une liste d'attente, ce n'est pas normal. Alors, il faut revoir le mode de rémunération.» 

Quelques minutes plus tard, le premier ministre expliquait que certains médecins de famille n’en font pas suffisamment pour le moment. «C'est important de le dire, il y a des médecins qui font le travail comme il faut puis qui prennent en charge un bon nombre de patients, puis il y en a qui ne font pas la prise en charge qu'ils devraient faire», a dit François Legault dans un point de presse séparé.  

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