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Retour d’ascenseur de la WBC

Yvon Michel
Photo courtoisie Yvon Michel lors d’un voyage en moto en Arizona en 2019.

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On était en août. Il y a deux ans. En moto quelque part au Texas ou au Nouveau-Mexique. Entre El Paso et Santa Fe. 

À chaque arrêt, Yvon Michel plongeait le nez dans son téléphone pour vérifier ses courriels. Trois semaines plus tôt, Oscar Rivas avait perdu par décision contre Dillian Whyte dans une sombre histoire de dopage camouflée par le British Boxing Board of Control (BBBOFC). 

Yvon Michel tentait de convaincre une firme d’avocats londoniens d’intenter des poursuites contre Whyte, son promoteur et le BBBOFC.

L’objectif étant d’exercer suffisamment de pression pour décrocher un lucratif match revanche. 

Rendu au Nouveau-Mexique, Mauricio Sulaiman, le président de la WBC, s’était mêlé au dossier et il devenait évident que des poursuites iraient directement dans les causes perdues.

Tellement qu’à Flagstaff, en Arizona, Yvon Michel pouvait discuter du dossier à la table. Il fallait passer à autre chose.

Pour aider

Deux ans plus tard, la WBC a créé la nouvelle division des bridgerweights, des lourds 224 lb et moins, et Oscar Rivas, à moins d’une surprise totale, en sera le premier champion.

On ne peut pas comprendre l’histoire de cet affrontement entre Rivas et Ryan Rozicki, un inconnu des lourds légers à moins de 200 lb, sans connaître les liens et services rendus qui assoient la carrière d’Yvon Michel. 

D’ailleurs, Mauricio Sulaiman lui-même a écrit que la WBC avait accepté de sanctionner ce combat pour le titre, « pour aider le promoteur Yvon Michel au Canada ».

Michel ne s’en cache pas. 

« La WBC était vraiment embarrassée après l’histoire de Londres et de Dillian Whyte. Nous ne les avons pas fait mal paraître. La WBC en devait une à Oscar Rivas. Ryan Rozicki est un adversaire crédible, mais la WBC a été collaboratrice », explique le promoteur.

C’est plus que vrai puisque Rozicki ne figure même pas parmi les 10 premiers aspirants chez les bridgerweights. Nada, niet, no, pantoute.

Et qu’Oscar Rivas connaît déjà son prochain adversaire. Le Russe Evgeny Romanov, celui devant qui est allé se coucher Dillon Carman en Russie. Lui, ayoye ! Ça va valoir la peine...

La WBC... Novatrice

Les fédérations de boxe sont très critiquables. C’est le royaume des combines et des alliances et de la petite politique. Gratte-moi le dos et je te gratterai le tien.

De plus, elles sont trop nombreuses. WBA, WBC, WBO et IBF, ça fait quatre champions du monde et avec les niaiseries de la WBA qui reconnaît trois champions, on se retrouve avec des dizaines de champions du monde. 

Trop de fédérations et pourrait-on ajouter, trop de divisions de poids. 

Les divisions, ça se défend. Pour la sécurité des boxeurs, vaut mieux réduire la différence de poids entre eux. C’est d’ailleurs la WBC, rappelle Yvon Michel, qui a introduit les 168 lb, les super-moyens qui ont connu des champions comme Lucian Bute, Carl Froch, Andre Ward et plusieurs autres.

C’est encore la WBC qui a établi les lourds légers jusqu’à 200 lb. 

Et la WBC a raison d’introduire les bridgerweights. Il faut suivre l’évolution de la race humaine. Jean Béliveau était le géant de la Ligue nationale à son époque. Il mesurait 6 pi et 3 po. Rocky Marciano était le grand champion poids lourd... à 188 lb. 

Aujourd’hui, il serait un petit cruiserweight de 5 pi et 1 po. Comment pourrait-on envoyer Marciano contre Tyson Fury à 6 pi et 9 po et 277 lb ?

Fin des 15 rounds

C’est aussi la WBC qui a aboli les dangereux combats de 15 rounds à la fin des années 1980. 

Il se pourrait que le dernier duel de championnat du monde qui se soit rendu à 15 rounds soit celui entre Buster Drayton et Matthew Hilton, au Forum de Montréal. 

Yvon Michel n’est pas certain. Moi non plus. Louis Larouche, qui était présent s’en souvient peut-être. Sinon, il va rester l’historien de la boxe Martin Achard ou Laurent Poulin de Boxingtown. Stay tuned.

On a tellement été sevré de boxe depuis la pandémie qu’un bon show à l’Olympia pour un combat de championnat d’une division qui n’existait pas au début de la crise de la COVID-19 devient un mets raffiné.

Ben pour dire...