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CH: un produit qui vide le Centre Bell

Camp Canadiens 2021-2022
Martin Chevalier / JdeM

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Le Canadien de Montréal est non seulement incapable de remplir les filets adverses, mais il est aussi incapable de remplir les nombreux sièges vides dans le Centre Bell. 

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Le Tricolore a perdu ses quatre premiers matchs de la saison, par un pointage combiné de 15 à 3, dont ses deux derniers dans son propre amphithéâtre, ce qui explique que les amateurs désertent l’endroit. 

«Sur le plan du marketing, c’est sûr que la pire chose que l’on puisse faire, c’est de montrer un produit qui n’est pas apprécié, et c’est ça qui se passe actuellement», a estimé le professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa et spécialiste en marketing, Luc Dupont, durant un passage sur les ondes de la chaîne LCN, jeudi matin.

«Lorsqu’on parle plus spécifiquement du marketing sportif, la victoire fait souvent foi de tout et je pense qu’on a un bel exemple de ça. Au-delà de ça, il y a toutes les conditions que l’on connaît actuellement. On est toujours dans ce que j’appellerais la fin de la COVID ou la post-COVID. Il y a toujours certains ajustements visiblement à faire.»

«Je continue à penser que la pire chose qui a pu arriver au Canadien, c’est de s’être rendu aussi loin durant les dernières séries éliminatoires. Parce que souvenons-nous que c’est une équipe – et là, je ne ferai pas plaisir à plusieurs amateurs du Canadien – qui avait gagné le tiers de ses matchs durant la saison régulière [2020-2021]. Dans un contexte normal, elle n’aurait pas dû participer aux séries éliminatoires.»

Le Canadien n’est toutefois pas la seule formation du circuit Bettman qui connaît des ennuis aux guichets, puisque certaines équipes comme les Maple Leafs de Toronto et les Penguins de Pittsburgh ont aussi accueilli des matchs qui n’ont pas fait salle comble.

«On a vu, par exemple à Buffalo, l’amphithéâtre à peu près vide, en n’oubliant pas dans ce cas-là que le tiers des partisans sont des Canadiens qui n’arrivent plus à traverser, ou qui n’arrivaient plus, jusqu’à tout récemment, à traverser la frontière en voiture. À Phoenix, on n’est pas surpris, mais à Montréal, c’est évidemment une toute autre paire de manches.»

Imiter Vegas pour retrouver des spectateurs?

Luc Dupont soulève donc des solutions possibles pour rectifier le tir et ramener des amateurs au Centre Bell. Il regarde d’ailleurs du côté de Vegas, où les Golden Knights assurent un spectacle tout aussi grand sur la glace que durant les festivités entourant chacun d’entre eux.

«Ç’a été critiqué, dans certains cas, au Québec, comme étant avant tout un gros "show" avant d’être un match de hockey, mais est-ce qu’à certains égards, ce n’est pas aussi devenu ça, le sport professionnel? Autrefois, le spectacle se passait essentiellement sur la patinoire. On a ajouté graduellement la musique. [...] On a essayé ça et ç’a marché tellement bien qu’éventuellement, tout le monde a fini par l’adopter. Et là, on est rendu à l’étape "Vegas". Il va falloir, là aussi, augmenter la qualité du spectacle.»

Le professeur de l’Université d’Ottawa a aussi rappelé l’importance d’avoir des spectateurs qui remplissent l’édifice.

«On l’a vu durant la COVID. On a longtemps dit : "Ce ne sont pas les spectateurs qui font le match et si on est des vrais "fans", il faut accepter le match sans les amateurs." Mais visiblement, ce qu’on vient de découvrir avec la COVID, c’est que les spectateurs font partie intégrale du spectacle et on a de besoin de ces gens-là, parce que ces gens-là animent, ces gens-là font du bruit.»

«Et ça, c’est l’autre problème que ça soulève. Comme il y a moins de spectateurs, on utilise davantage de machines à faire des sons. Et là, dans un amphithéâtre à peu près vide, ça cloche.»

Le positif des Québécois

S’il y a un élément qui peut réconforter ne serait-ce qu’un peu les amateurs montréalais, c’est la présence, plus nombreuse que par les années passées, des Québécois au sein de l’organisation. Le directeur général Marc Bergevin a effectivement ajouté Mathieu Perreault, David Savard et Cédric Paquette à son équipe durant la dernière saison morte.

«Les "fans" aiment le hockey, les "fans" aiment le Canadien, mais les "fans" aiment aussi voir des gens qui leur ressemblent. Et c’est important qu’à la fin des matchs aussi, les joueurs puissent commenter la partie. C’est pour ça qu’avoir un "coach" qui s’exprime en français, c’est important.»

«Évidemment que beaucoup de gens comprendraient un entraîneur qui s’exprimerait en anglais, mais sur le plan marketing, établir un contact avec le "fan", ça devient incontournable. Mais je rappelle à la fin, la meilleure recette, ce sont les victoires et je crois que tôt ou tard, le propriétaire actuel du Canadien devra faire une sortie publique. Je trouve que [Geoff Molson] est très lent à faire une déclaration publique.»

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