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Élections municipales: se donner les moyens de nos ambitions pour nos parcs à Montréal

Élections municipales: se donner les moyens de nos ambitions pour nos parcs à Montréal
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Depuis le début de la campagne électorale municipale, nous constatons la place importante qu’ont les parcs, les espaces verts et le verdissement dans les grands projets présentés pour faire rêver les citoyens. L’ambition est au rendez-vous et les idées fusent pour favoriser l'accès aux espaces verts, développer une offre équitablement répartie sur le territoire et assurer l'inclusion de tous les citoyens.  

Toutefois, les candidats doivent s’engager tant sur le plan budgétaire que relativement à l'utilisation des pouvoirs municipaux à leur disposition pour faire des gains significatifs d'espaces verts et sur l'accès à la nature durant les 4 prochaines années. 

Ces investissements sont réclamés par la population. En effet, la pandémie a permis de reconnaître que les parcs sont des infrastructures de santé publique essentielles. L’achalandage de ceux-ci a connu une hausse très marquée. Les inégalités frappantes entre les quartiers montréalais sont apparues au grand jour, en matière d'accès à des espaces verts attrayants, sécuritaires, inclusifs, bien entretenus et animés. 

Plus de budget dédié aux parcs

Les promesses seront-elles réalisées? Le cadre financier des candidats doit être analysé. Dans le troisième Rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, 60 % des municipalités canadiennes interrogées ont indiqué que la pandémie avait eu des effets négatifs sur les budgets de fonctionnement des parcs alors que la population souhaite que les parcs reçoivent un financement adéquat. 85 % des 3500 Canadiens qui ont répondu à l’enquête nationale menée au printemps 2021 ont déclaré souhaiter que davantage de fonds publics dédiés aux parcs soient répartis entre l'entretien (43 %), le renouvellement des aménagements et une conception de meilleure qualité (27 %) ainsi que les programmes collectifs (23 %). 

Montréal n’échappe pas à ces constats. Dans son rapport publié en 2020, la vérificatrice générale de Montréal plaidait pour une meilleure prévisibilité des investissements de la Ville de Montréal et de ses arrondissements et elle demandait que ces derniers se dotent de budgets récurrents, tant pour la protection et l'acquisition de nouveaux milieux naturels que pour le maintien des actifs existants et pour les nouveaux actifs acquis. Ainsi, par un meilleur entretien, la Ville s'assurera de maintenir la valeur écologique des espaces verts. 

Investir de manière ciblée

La pandémie a souligné les inégalités en matière d’accès et de qualité de l’aménagement aux parcs et espaces verts qui existent entre certains quartiers, notamment dans ceux où se concentrent les populations vulnérables. Par exemple, Montréal-Nord et Saint-Léonard voient moins de 30 % de l’ensemble de leurs espaces publics composé de parcs et espaces verts, alors qu’à Anjou ou Rivière-des-Prairies - Pointe-aux-Trembles la proportion dépasse les 50 %. 

De plus, même dans les quartiers bien pourvus en parcs, on doit travailler sur les notions d’équité et d’inclusion. Le Plan stratégique Montréal 2030 propose des grandes orientations d’inclusion en cohérence avec les objectifs d’inclusion de l’ONU pour assurer notamment d’ici 2030 l’accès de tous, en particulier des femmes et des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, à des espaces verts et des espaces publics sûrs. De nombreuses villes canadiennes, comme Vancouver et Toronto, se dotent de stratégies pour tester le succès de différentes typologies de parcs, types de programmation et mieux voir quelles populations sont moins bien desservies et orienter conséquemment leur investissement. 

À l'image d’autres villes et de l’ONU, l'intégration de critères d'inclusion est un incontournable sur lequel les candidats doivent s’engager pour aspirer à un réseau d’espaces verts sécuritaires, confortables et accessibles pour l’ensemble de la population. 

Collaboration nécessaire

On compte plus de 70 groupes de citoyens intéressés à collaborer avec la Ville de Montréal pour les activités de protection, d’entretien, d’animation et de programmation des parcs. Pour activer le pouvoir de nos espaces verts urbains, les acteurs publics doivent soutenir ces regroupements de citoyens. Ces acteurs de terrain sont les experts de leur milieu et ont une capacité à mobiliser une base importante de bénévoles et de partenaires. À titre d’exemple, grâce à une collaboration soutenue entre la Ville de Montréal et Les amis de la montagne, pour chaque dollar que la Ville investit dans le partenariat, Les amis investissent 2,50 $, pour un total de 3,50 $ au bénéfice du parc du Mont-Royal et de ses usagers. Il faut encourager ce type de collaboration qui amplifie les retombées pour les citoyens. 

À quelques semaines du 7 novembre, la population s'attend à un leadership municipal capable de mobiliser les paliers gouvernementaux du Québec et du Canada afin d'en faire des partenaires financiers de ce grand dessein pour la métropole. Nous appelons donc les candidats à mobiliser toutes les forces vives en faveur des parcs et espaces verts et nous leur offrons notre entière collaboration. 

Les membres fondateurs du Réseau des amis des parcs de Montréal : 

Emmanuel Rondia, directeur général, Conseil régional de l’environnement de Montréal

Véronique Fournier, directrice générale, centre d’écologie urbaine de Montréal

Marie Lapointe, responsable de programme, Amis des parcs

Hélène Panaioti, directrice générale, Les amis de la montagne

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