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Les choses vont plutôt bien pour les républicains

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Photo AFP Pour Donald Trump, il n’y a qu’un seul sujet qui compte d’ici aux élections de 2022 et 2024 : Donald Trump.

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Les républicains ont tout en main pour reprendre le Congrès en 2022, mais ils risquent gros en se fixant à la remorque d’un mégalomane déjanté.

Les choses vont plutôt bien pour les républicains par les temps qui courent. La stratégie de leur leader au Sénat, Mitch McConnell, qui consiste à bloquer la gouverne de Joe Biden et des démocrates, semble fonctionner.

Quelques éléments lui échappent toutefois : le comportement erratique de l’ex-président, la possibilité que les démocrates puissent surmonter leurs divisions et l’effet boomerang de certaines victoires juridiques passées.

Avantage GOP

C’est une loi presque immuable de la politique américaine que le parti présidentiel perd des plumes aux élections de mi-mandat. Comme la majorité démocrate au Congrès ne tient qu’à quelques plumes, les républicains devraient normalement cueillir le fruit mûr en 2022.

Si on ajoute le redécoupage de la carte et de nouvelles lois électorales restrictives qui les avantageront, et les tuiles qui tomberont immanquablement sur l’administration actuelle, les républicains ont de quoi être confiant.

Mitch McConnell l’a dit : si son parti fait de l’élection de 2022 un référendum sur la présidence de Joe Biden, sa victoire est pratiquement assurée.

Trump, encore Trump

Évidemment, la figure de proue des républicains ne l’entend pas ainsi. Pour Donald Trump, il n’y a qu’un seul sujet qui compte d’ici aux élections de 2022 et 2024 : Donald Trump.

Le retraité de Mar-A-Lago multiplie les rallyes où il lance des déclarations désastreuses pour son parti. La semaine dernière il a appelé ses partisans à ne pas voter en 2022 et en 2024 si le Parti républicain ne défend pas jusqu’au bout ses prétentions mensongères de victoire volée en 2020.

Plusieurs républicains ont un souvenir amer de la perte du Sénat au deuxième tour de Géorgie après que Trump ait émis des propos semblables. Pour eux, sa participation à la campagne de mi-mandat est un champ de mines.

Atouts démocrates

Malgré la bisbille actuelle chez les démocrates et son effet négatif sur l’appui à Biden, les principaux protagonistes de la saga en cours au Congrès donnent des signes qu’un compromis pourrait débloquer les deux immenses projets de loi qui définiront l’héritage de Biden.

Une telle victoire permettrait aux démocrates de bien paraître aux élections de mi-mandat, même si celles-ci sont un référendum sur Biden, car celui-ci pourra afficher des accomplissements majeurs et transformateurs.

De plus, les victoires passées des républicains, qui leur ont permis d’installer une majorité de juges archi-conservateurs à la Cour suprême, pourraient leur coûter des votes en 2022. En effet, la Cour rendra cette année des décisions clés sur des sujets brûlants, dont l’avortement, qui vont galvaniser les démocrates et inciter certains électeurs centristes à équilibrer ce virage à droite de la Cour en votant de l’autre côté.

Normalement, les républicains devraient avoir devant eux une victoire assurée, mais le choix qu’ils ont fait de s’atteler au leadership erratique d’un mégalomane déjanté les plonge dans l’incertitude.