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Redécoupage électoral: «Il est d’emblée exclu que le poids du Québec soit réduit», dit Blanchet

Redécoupage électoral: «Il est d’emblée exclu que le poids du Québec soit réduit», dit Blanchet
Photo AGENCE QMI, MARIO BEAUREGARD

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Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, entend se battre contre la perte d’un siège québécois au Parlement, tel que le prévoie Élections Canada dans son récent redécoupage devant entrer en vigueur en 2024. 

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  • Écoutez l'entrevue avec Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois sur QUB radio :

L’agence fédérale a annoncé vendredi dernier que le nombre de sièges à la Chambre des communes passera de 338 à 342. Le Québec est la seule province qui doit perdre un siège, passant de 78 à 77, alors que l’Alberta en gagnera trois. La Colombie-Britannique et l’Ontario doivent en obtenir un de plus chacun.

En tout et pour tout, ces changements se traduiraient par une baisse de 23,28 % à 22,71 % en termes de représentation pour le Québec à Ottawa.

«Je suis toujours, comme je l’étais hier et avant-hier, confiant qu’un pays qui se prétend bilingue ne peut pas regarder ses institutions diminuer le poids relatif du territoire francophone de ce pays-là dans le Parlement central», a lancé M. Blanchet en point de presse jeudi.

Pour le Bloc québécois, il est «d’emblée [...] exclu que le poids du Québec soit réduit. Il est donc forcément exclu que le Québec perde un siège.»

«Vous ne vous imaginez même pas la bataille qu’on va livrer si, de mon point de vue, pour le temps qu’il nous reste dans cette fédération, on voit notre poids constamment diminuer. À la limite, ça réduira le temps qu’il nous reste.» 

  • Écoutez la rencontre entre Philippe-Vincent Foisy et Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio :  

Trudeau ne s’avance pas

Pour l’heure, le gouvernement de Justin Trudeau reste prudent sur la question.

En point de presse jeudi, le premier ministre a dit «entendre très clairement les préoccupations des Canadiens, dont des Québécois», et souligné qu’il s’agissait d’une «proposition» d’Élections Canada et non de son gouvernement.

«On aura beaucoup de temps pour en discuter entre parlementaires et entre Canadiens pour les moments à venir. Il va falloir le faire, mais on veut s’assurer que ce soit fait de la bonne façon [...]», a-t-il ajouté.

Québec «préoccupé»

À Québec, le gouvernement de François Legault s’était dit «préoccupé» par la perte de poids attendue de la province au sein du Parlement fédéral.

«Pour nous, ce n’est pas une formule mathématique. C’est important de prendre compte du poids réel de la représentativité du Québec au sein de la Chambre des communes. Nous sommes la seule province francophone au Canada», a déclaré mercredi Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor et ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Réforme électorale.

Même la leader du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, avait fait part de ses préoccupations dans une lettre envoyée à Justin Trudeau.

«Il faut prendre tous les moyens pour éviter que le Québec ne perde un siège lors du redécoupage électoral à venir», a-t-elle écrit.

Une question de croissance démographique

Élections Canada expliquait que «le taux d’accroissement de la population du Québec demeure inférieur au taux d’accroissement moyen des autres provinces», ce qui, en retour, explique la baisse de représentativité.

Ainsi, même si le Québec conservait son 78e siège, son poids diminuerait tout de même en raison de la croissance démographique plus rapide des autres provinces.

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