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Célébrons toutes les cultures, sauf la nôtre?

Rose-Aimée Automne T. Morin
Photo d’archives, Chantal Poirier Rose-Aimée Automne T. Morin
Journaliste et auteure

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Dès que François Legault a annoncé que le cours d’ECR serait remplacé par un cours axé sur « la Culture et citoyenneté québécoise », les accusations ont été lancées : « Encore un exemple de repli sur soi identitaire ! »

Bordel ! Pourquoi chaque fois que les Québécois veulent affirmer haut et fort la force de leur culture, ils se font accuser d’être fermés ? On doit célébrer toutes les cultures, sauf la nôtre ?

PÉTONS-NOUS LES BRETELLES !

François Legault a déclaré : « On doit transmettre à nos jeunes plus de connaissances sur notre histoire, sur notre culture ».

Mais pour Rose-Aimée Automne T. Morin, chroniqueuse à Radio-Canada, ce discours « patriotique » et « nationaliste », « ça fait peur ».

Elle a expliqué à la radio le matin : « Quelle référence on veut leur donner, quelle culture on veut leur enseigner ? Une dans laquelle le racisme systémique n’existe pas, où le 21e siècle est celui des Québécois ? Je ne suis pas en train de dire que François Legault a le plan machiavélique de former la jeunesse à son image, mais la question se pose quand même : quelle version de nous on veut enseigner ? »

Quelle version de nous ? Peut-être une version où l’on se valorise au lieu de s’autoflageller, où l’on raconte nos forces, nos victoires, nos talents, nos conquêtes, nos réussites.

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Puis celle qui s’est elle-même qualifiée de « woke effrayée » a continué : « On n’a pas beaucoup d’expérience pour se raconter sans angle mort et sans une trame narrative qui avantage un groupe plus qu’un autre et c’est ça qui fait peur... »

Vous êtes prévenus : si vous faites un cours sur la culture québécoise, il ne faudrait surtout pas que ce soit trop... québécois !

La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a déclaré en entrevue à propos de ce futur cours : « Ça ne peut qu’être bénéfique – avec, bien sûr, une petite saveur chauvine : histoire, culture, fierté québécoises ».

Je vous le concède, le choix du mot « chauvin » était sûrement maladroit. Mais vous devriez lire les commentaires hargneux qui lui ont été lancés (et l’éditorial d’Émilie Nicolas dans Le Devoir) !

Tous les peuples sur terre se pètent les bretelles, se vantant d’avoir vu naître ou accueilli des artistes exceptionnels.

Mais au Québec, quand on veut aussi se vanter et être un petit peu chauvin (oh, pas beaucoup, juste un peu !), on se fait lancer des tomates. 

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB Radio: