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Jean Charest défend le régime de Pékin

L’ancien chef de gouvernement a conseillé la multinationale chinoise Huawei en pleine crise diplomatique

Jean Charest
Photo Courtoisie Olivier Samson Arcand, Cosmos Image M. Charest a rappelé, hier, aux membres de la CCMM que la Chine est devenue le manufacturier du monde entier en fournissant des produits de consommation à bas prix. Il œuvre présentement au sein du cabinet d’avocats McCarthy Tétrault.

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L’ex-premier ministre libéral Jean Charest, qui dit ouvertement travailler pour ses clients chinois, a décoché hier une flèche bien sentie aux Américains, qui ont mis le Canada entre l’arbre et l’écorce.

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« Malheureusement aux États-Unis, les démocrates et les républicains sont en compétition pour savoir qui va être le plus dur ou le plus raide avec la Chine », a lancé hier l’ex-premier ministre Jean Charest lors d’un échange à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Devant un parterre d’affaires à Montréal, Jean Charest a joué d’entrée de jeu la carte de la transparence : « Je devrais vous dire, par souci d’honnêteté, moi, j’ai des clients chinois », a soufflé l’associé chez McCarthy Tétrault.

  • Écoutez l’entrevue avec Chronique de Loïc Tassé, politologue et chroniqueur au Journal de Montréal au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio : 

« Guerre froide »

Même s’il n’a pas manqué de critiquer l’arrestation des deux Michael en la qualifiant de « kidnapping politique sanctionné par l’État », il a lancé la pierre à de nombreuses reprises aux Américains, notamment à l’ex-président américain Donald Trump, qui a mis le feu aux poudres avec ses tweets.

« Les États-Unis, c’est la moindre des choses, ce sont eux qui ont mis le feu à la maison et après ça, ils prennent le crédit pour l’avoir éteint », a-t-il imagé.

Selon Jean Charest, le Canada est maintenant entré « en période de guerre froide avec la Chine », et cela pourrait perdurer encore cinq ans.

« Les Chinois à saveur chinoise vont se comporter comme une superpuissance. Le plus tôt nous serons réalistes là-dessus, le mieux nous serons capables de gérer efficacement notre relation avec la Chine », a-t-il dit.

Après l’événement, Jean Charest n’a pas voulu accorder d’entrevue au Journal pour fournir plus de détails et répondre à nos questions.

Grande séduction

Rappelons que fin septembre, en pleine crise diplomatique, le Conseil d’affaires Canada-Chine, créé et financé par le clan Desmarais, a multiplié ses efforts pour courtiser la communauté d’affaires lors d’un événement.

« Notre relation d’affaires s’est raffermie en 2020 malgré les impacts de la COVID-19. Avec le plan quinquennal, la Chine aura plusieurs opportunités pour les entreprises canadiennes », avait alors souligné l’ambassadeur chinois Cong Peiwu dans une intervention enregistrée à l’avance.

Début octobre, Le Journal a souligné que le géant chinois Huawei ambitionne toujours d’étendre son influence ici à l’aide de lobbyistes proches de la famille libérale, comme ce fut le cas l’an dernier avec plusieurs anciens politiciens vedettes.

Par ailleurs, en entrevue au Journal lundi dernier, le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, a fait savoir que l’on saura bientôt si Huawei aura le droit ou non d’installer sa 5G au pays.

« Ça sera certainement quelque chose qui sera rapidement à l’agenda lors de la formation du prochain cabinet », avait alors assuré M. Champagne.

– Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre


Le Québec importe pour plus de 11 milliards de dollars de marchandises de toutes sortes de la Chine et en exporte pour 5 milliards de dollars chaque année, a rappelé hier le grand patron d’Investissement Québec International, Hubert Bolduc.

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