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Canadien menacé en Haïti: «On a affaire à un psychopathe»

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Le chef du gang haïtien qui a enlevé 16 missionnaires américains et un Canadien a menacé d’exécuter ses otages s’il ne recevait pas 17 millions $, une situation jugée de plus en plus inquiétante à l’international. 

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Haïti se trouve dans une situation géopolitique très instable depuis des années, marquée par les renversements politiques et les catastrophes naturelles. À cela viennent s’ajouter les gangs qui sèment la terreur et se livrent à des prises d’otage dans le but d’obtenir des rançons.

«En Haïti les gangs enlèvent des gens et les rançonnent, et le sort des 16 missionnaires américains et du Canadien est encore entre les mains des ravisseurs. À la fin de la semaine, le chef de ce gang avait menacé d’exécuter ces otages s’il ne reçoit pas sa demande», a relaté samedi sur LCN, Jean Daniel Sénat, journaliste au «Nouvelliste» d’Haïti et à la radio Magik9.

«Est-il sérieux? Je ne sais pas, mais tout ce qu’on peut dire c’est que la plupart des personnes qui sont enlevées ne sont pas exécutées. Les chefs de gang attendent une rançon avant de passer à autre chose», a-t-il poursuivi.

Si la menace de mort et la situation géopolitique ont de quoi être inquiétant, la question de la crédibilité des paroles de Wilson Joseph, le chef du gang à l’origine de l’assaut, est à questionner.

«Généralement les familles parviennent à verser une rançon pour que leur famille soit libérée. Maintenant, on a quand même affaire à un psychopathe, et on ne sait pas jusqu’où il pourrait aller avec ses menaces», a ajouté M. Sénat.

Des enlèvements courants

Plus de 600 cas d’enlèvements ont été recensés sur les trois premiers trimestres de 2021 en Haïti. Il s’agit d’une pratique qui a largement gagné en popularité cette année et face à laquelle les autorités semblent bien démunies.

«Généralement les familles négocient avec les chefs de gang. Parfois les familles craignent pour la sécurité de l’otage, et ils décident de ne pas alerter la police. Peut-être après la libération, mais avant la libération on va généralement négocier. On ne fait pas confiance à la police, et on ne pense pas que la police soit en mesure de libérer les otages», a ajouté le journaliste.