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Incarnat sur scène et sur écran

Ariane Moffatt
Photo courtoisie, Lou Scamble

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Sept mois après la sortie d’Incarnat, Ariane Moffatt propose un court-métrage piano-film sur cet album. « C’est un des projets les plus ambitieux de ma carrière », dit l’auteure-compositrice qui fera aussi sa rentrée montréalaise la semaine prochaine.

Quand Ariane Moffatt a lancé Incarnat, en mars dernier, la situation des salles de spectacles avec la pandémie était encore très incertaine. Parce qu’elle voulait quand même faire vivre ce disque très important à ses yeux, la musicienne en a discuté avec le metteur en scène Philippe Cyr. L’idée de faire un film d’art, en collaboration avec Charles Grenier, est arrivée sur la table. 

« J’ai été l’une des premières à penser à l’idée de se réinventer en faisait une captation performance. Finalement, je suis la dernière à sortir le résultat final! » dit Ariane en riant. En effet, dans les derniers mois, des artistes comme Klô Pelgag, Charlotte Cardin, Les Trois Accords et Les Cowboys Fringants ont tous sorti des captations-films sur leurs derniers albums. 

Dans son piano-film d’une vingtaine de minutes, on voit Ariane Moffatt dans différents lieux impressionnants visuellement, comme Maison Principal, dans Saint-Henri, la pinède d’Oka et les studios CinéPool, à Ville LaSalle. « On a déterminé quel genre d’ambiance on voulait. Ç’a été très complexe de chercher des bons endroits qui ont de la splendeur. » 

Le court-métrage a été tourné en trois jours. « On voulait que ce soit une espèce de fresque visuelle où le piano se transporte d’un lieu à l’autre, dit Ariane. Le côté plus sombre de l’album est mis en lumière dans ce court-métrage-là. Je me suis vraiment abandonnée au monde du cinéma, à l’espèce d’hybride entre le show, le cinéma et l’aspect théâtral. C’est vraiment une bibitte qu’on a apprivoisée. » 

« J’ai vraiment gouté à l’expérience, poursuit-elle. Je disais en blague que c’était comme si je faisais des clips de Billie Eilish! [rires] Ça me donnait l’impression d’être dans quelque chose qui avait de l’envergure. » 

Ariane Moffatt
Courtoisie Lou Scamble

Rentrée à l’Outremont

Dans quelques jours, Ariane Moffatt fera la rentrée montréalaise d’Incarnat au Théâtre Outremont. « Il y a déjà eu un peu de rodage, dit-elle. C’est vraiment le fun d’avoir pu faire quelques dates et d’arriver à Montréal avec un show plus mûri. » 

Elle a choisi cette salle pour sa rentrée, car elle est propice à l’intimité. « J’y ai vu des beaux shows. Ce spectacle-là est autour du piano. Ce n’est pas tout le monde debout, même s’il y a des bouts un peu dansants. » 

Au moment de notre entretien avec la musicienne, la nouvelle mesure sanitaire des spectateurs à nouveau masqués, et sans distanciation obligatoire, venait de revenir en place. À ce sujet, Ariane Moffatt a voulu partager un « coup de gueule » bien personnel. 

« Au Québec, on a un problème de salles. Des fois, en région, ils ont des salles immenses. Je les appelle « les grands éléphants ». Ces salles sont à peine remplies par les humoristes. On s’entend qu’en chanson, c’est très rare qu’on va faire un sold out de 1200 places à Rouyn-Noranda. [Quand le gouvernement dit qu’il va] mettre des jauges à pleine capacité, je trouve que ce n’est tellement pas connaître la réalité de notre milieu. Parce que là, tout le monde est masqué et collé. Alors qu’il y aurait eu de la place pour de la distanciation et que les gens ne soient pas masqués. J’ai fait des spectacles il y a quelques jours où le monde était masqué. On demande quand même beaucoup au public. Déjà de sortir et de retourner voir des shows... Et là, de les « squeezer » de même, tous masqués. Alors qu’il y a plein de contextes où on aurait la possibilité de garder la distanciation. Je trouve que c’est vraiment une erreur. » 

Ariane Moffatt
Courtoisie Alina Herta

Paris devra attendre

Le mois dernier, Ariane Moffatt devait aller à Paris présenter son nouveau spectacle. Elle a finalement reporté son passage à février. « Pour toutes sortes de raisons qui sont plus artistiques, dit-elle. Il y avait de mauvaises communications sur les aspects techniques des salles. Je me suis dit que j’allais repousser ça, c’était ma décision. Je veux y retourner dans des conditions qui sont optimales. » 

Puisque sa nouvelle tournée en est une solo, Ariane souhaite plus que tout pouvoir présenter le même spectacle en Europe. « J’ai souvent fait des versions simplifiées ou des versions pas tout à fait pareilles [aux spectacles au Québec]. Le nouveau spectacle est super beau, avec une belle scénographie et des éclairages magnifiques. Je ne veux rien présenter en bas de ça là-bas. » 

C’est la première fois en 20 ans de carrière que l’auteure-compositrice portera son spectacle seule sur ses épaules. « Je me sentais rendue là, indique-t-elle. C’est une bonne mise à niveau d’où j’en suis après 20 ans. C’était important pour moi de faire ça. [...] Le dépouillement permet de se rapprocher du public. Et avoir le piano, ça me permet de pouvoir partir et improviser. C’est vraiment trippant pour moi musicalement. » 

Dans cette tournée, elle sera appuyée par Julie Basse aux éclairages, et Pierre-Luc Beaulieu à la sonorisation. « On est une petite équipe, c’est vraiment le fun. » 

Les prochains mois seront consacrés à cette nouvelle tournée. À l’hiver, Ariane fera un retour ponctuel à Star Académie. « Je vais partager la tâche avec d’autre amis, dit-elle. Je prépare aussi de belles affaires sur les 20 ans d’Aquanaute [son premier album]. Et il y a un autre projet symphonique. » 

Ariane Moffatt
Courtoisie Lou Scamble

Le piano-film Incarnat sera disponible sur iTunes dès samedi. Ariane Moffatt sera en spectacle les 28 et 29 octobre, au Théâtre Outremont, ainsi que le 21 décembre, au Grand Théâtre de Québec. Pour toutes les dates : arianemoffatt.com.