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L’équilibre numérique

Social media concept.
Illustration Abode Stock

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Dans toute l’histoire de l’humanité, nous n’avons jamais été aussi « connectés » : à l’échelle mondiale, les gens passent en moyenne près de deux heures et demie par jour sur les médias sociaux ! Or, les impacts démontrés dans plusieurs recherches sur notre santé mentale qu’ont les Facebook, Instagram et Tik Tok de ce monde soulèvent de nombreuses – et sérieuses – questions.

Les effets néfastes des médias sociaux sur la santé psychologique sont de plus en plus discutés et documentés. Bien que ces impacts soient très préoccupants chez nos jeunes, aucune tranche d’âge n’est épargnée : nous sommes ici tous concernés. L’actualité récente nous invite d’ailleurs à jeter un œil critique sur nos rapports avec les réseaux sociaux, et de façon plus large, avec l’ensemble des technologies numériques. 

Les mirages des « J’aime » et les risques de la polarisation des idées 

Le renforcement social et la reconnaissance sont des besoins fondamentaux chez l’être humain : ces besoins sont au cœur même de nos rapports avec l’usage de ces plateformes sociales. Le cumul des pouces en l’air ou des cœurs sur une photo de vacances ou sur un égoportrait peut en effet être une puissante source de valorisation et de reconnaissance. Il peut aussi être particulièrement difficile de résister aux plaisirs de l’instantanéité, surtout lorsqu’ils sont accessibles aussi facilement via nos écrans. En plus, l’euphorie irrésistible de nous sentir ainsi « aimé » réussit souvent à éclipser tous nos ennuis... momentanément : ces renforcements virtuels sont très éphémères et doivent être constamment renouvelés. 

Un paradoxe particulièrement frappant est aussi celui de la solitude éprouvée par bon nombre d’utilisateurs, malgré une quantité parfois astronomique d’abonnés ou « amis ». On assiste également à l’émergence de conséquences insidieuses des médias sociaux pouvant se traduire par la présence d’émotions négatives.  

Par ailleurs, et la pandémie en est sans doute un exemple patent, certains mécanismes propres aux médias sociaux peuvent contribuer à nourrir des problématiques telles que la polarisation et la radicalisation des idées. On peut également y observer le phénomène des chambres d’écho, alors que des idées ou des croyances sont renforcées et amplifiées par les algorithmes de ces plateformes, de sorte que diverses recommandations, publications et informations avec lesquelles nous sommes déjà en accord nous sont davantage présentées. Rien, en somme, pour favoriser un réel dialogue ou l’échange d’idées !

Retrouver un équilibre numérique

L’idée ici n’est pas de bannir ni de démoniser les médias sociaux, mais surtout de mieux saisir l’impact de nos habitudes de consommation numérique et de revisiter nos rapports avec ces plateformes. Certains apprécient faire l’expérience d’un mois sans alcool pour prendre un pas de recul vis-à-vis de leur consommation. Pourquoi ne pas envisager, par exemple, un mois sans médias sociaux pour mieux réfléchir à notre relation avec ceux-ci ?

Ensuite, pourquoi ne pas établir un cadre mieux défini quant à la fréquence et à la durée de nos utilisations ? Et profiter du temps ainsi épargné pour entreprendre des activités réellement gratifiantes. Aussi, prendre conscience du but recherché, voire de notre intention, dans une démarche active peut aider à éviter certains dérapages de la surexposition publique de la vie privée et les fausses impressions que l’on peut se faire sur la vie des autres aux apparences idylliques dans le virtuel ! Enfin, tout en apportant ces changements, il est également crucial que l’on porte une attention particulière à comment on se sent lorsque l’on utilise ces plateformes. 

Au-delà du virtuel... l’importance des « vraies » connexions 

Les médias sociaux ne sont certainement pas que négatifs ! Après tout, ils permettent de demeurer en contact avec les proches, la famille élargie, les amis éloignés, une communauté d’intérêts, jusqu’à notre ancienne gang du secondaire, de se maintenir au courant d’événements, de se divertir. Toutefois, entreprendre une réflexion, et respecter de bonnes dispositions propres à nos besoins permettent de favoriser une consommation plus avisée de ces plateformes. 

Au fond, l’équilibre numérique consiste à atteindre, au mieux, le maximum de bienfaits et le minimum de méfaits résultant de l’utilisation des réseaux sociaux. Cela dit, je ne peux pas m’empêcher de rappeler que rien ne remplace une vraie rencontre, en chair et en os, avec l’autre, ce qui contribue à libérer une bonne dose d’ocytocine dans nos cerveaux : l’hormone de l’amour et du bonheur !