/sports/fighting
Navigation

Oscar Rivas a payé le prix

Le boxeur colombien a souffert contre Ryan Rozicki pour devenir champion

Oscar Rivas a payé le prix
PHOTO COURTOISIE Bernard Brault, Groupe Yvon Michel

Coup d'oeil sur cet article

Le Québec a ajouté un nouveau champion du monde à sa longue liste : Oscar Rivas. Il a remporté le titre des super-lourds-légers du WBC grâce à une victoire par décision unanime contre le coriace Ryan Rozicki vendredi à l’Olympia.

• À lire aussi - Rivas champion!

• À lire aussi - Rozicki: un cœur de lion

« Je suis fier de moi, a souligné le nouveau champion du monde. Tout le monde connaît les hauts et les bas que j’ai connus en raison des blessures. 

« Depuis que j’ai amorcé ma carrière professionnelle, je voulais cette fameuse ceinture verte du WBC. C’est le travail des 11 dernières années. Je suis content de dire que je suis le premier champion de cette nouvelle catégorie. »

Oscar Rivas a payé le prix
PHOTO COURTOISIE Bernard Brault, Groupe Yvon Michel

Son entraîneur Marc Ramsay était aussi très heureux de cette conquête. Pour lui, c’est un cinquième champion du monde qui provient de son gymnase. 

« Oscar était prêt à payer la facture pour devenir le premier champion des super-lourds-légers, a-t-il mentionné. C’est quelque chose de vraiment le fun pour lui, mais aussi pour toute l’équipe. »

Une main amochée

Oscar Rivas a surmonté une blessure à une main pour atteindre solidement le courageux Ryan Rozicki, vendredi soir dans un combat de championnat présenté à l’Olympia à Montréal.
Photo courtoisie, GYM
Oscar Rivas a surmonté une blessure à une main pour atteindre solidement le courageux Ryan Rozicki, vendredi soir dans un combat de championnat présenté à l’Olympia à Montréal.

Ce sont les petits détails qui ont fait la différence dans la victoire de Rivas. Après un départ convaincant, le Québécois d’adoption a constaté que Rozicki n’allait pas lui donner la ceinture sur un plateau d’argent. 

« C’était un dur et on s’attendait à ce type de combat, a souligné Rivas. Je m’attendais à faire la limite et je m’étais bien préparé au gymnase avec mon équipe. 

« Rozicki est toujours dans ton visage. Après le troisième round, j’aurais dû plus travailler davantage autour de mon jab. »

Oscar Rivas a payé le prix
PHOTO COURTOISIE Bernard Brault, Groupe Yvon Michel

Ses meilleures attaques de l’affrontement ont été amorcées avec son jab. Il était en mesure de suivre avec des combinaisons. Dès qu’il enchaînait une série de coups, il faisait mal à Rozicki. 

Le problème, c’est qu’il ne le faisait pas avec régularité. Et on sait maintenant pourquoi. 

Rivas s’est blessé à la main gauche pendant le troisième round. D’ailleurs, il avait une bosse visible à cette partie du corps après le combat. Sa main était très enflée. 

« On ne sait pas si c’est cassé, a affirmé Ramsay. On va devoir faire des examens dans les prochains jours afin de connaître l’étendue de sa blessure. Par la suite, Oscar aura un repos complet d’un mois. »

Son poulain a composé avec la douleur durant le reste du combat. En raison de la pression de Rozicki, il a dû travailler à courte distance durant la majorité du combat. 

« Tu dois aussi négocier avec ce que l’adversaire t’impose, a expliqué Ramsay. Par contre, de seulement faire des jabs et te déplacer, on aurait perdu le respect de notre adversaire. 

« À compter du quatrième round, on voyait qu’Oscar utilisait moins son jab. Par contre, en travaillant au corps-à-corps, on voyait Rozicki boxer plus sur les talons. Il développait moins de puissance. »

Et de cinq !

Du même coup, il s’agit du cinquième champion du monde de Ramsay et de son équipe. 

Avant Rivas, il y a eu Jean Pascal, Artur Beterbiev, David Lemieux et Eleider Alvarez. 

« Ç’a toujours une saveur particulière, a souligné Ramsay. Je ne pourrais pas te dire laquelle. Ce n’est pas seulement de gagner un titre mondial pour gagner un titre mondial. 

« Ça nous place dans une bonne position pour la suite des choses. Si vous saviez tous les efforts qu’il y a dans ce type de conquête. Ce sont des athlètes qui mettent tous leurs œufs dans le même panier. » 

De l’émotion dans le coin

Marc Ramsay avait promis à Oscar Rivas de se concentrer sur le volet technique pendant le combat. Il voulait éviter de tomber dans des discours trop émotifs. Toutefois, cette promesse a duré seulement trois rounds. 

Oscar Rivas a payé le prix
PHOTO COURTOISIE Bernard Brault, Groupe Yvon Michel

À compter du quatrième assaut, l’entraîneur a sorti tous ses trucs afin que son boxeur demeure concentré sur son objectif. 

« Je lui ai dit qu’il ne faisait pas de la boxe ce soir (vendredi), a raconté Ramsay. Il payait le prix d’entrée de ses enfants au Canada. »

Des paroles qui ont allumé Rivas. Il a encore deux enfants qui vivent en Colombie. Il aimerait qu’ils viennent vivre avec lui d’ici la fin de l’année. 

Avant le dernier round, l’entraîneur est allé chercher son boxeur au fond de ses tripes. 

Oscar Rivas a levé les yeux vers le ciel après l’annonce de sa victoire aux dépens de Ryan Rozicki.
Photo courtoisie, GYM
Oscar Rivas a levé les yeux vers le ciel après l’annonce de sa victoire aux dépens de Ryan Rozicki.

« Je lui ai dit qu’il avait travaillé toute sa vie pour les trois dernières minutes. Tout ce qu’il avait fait depuis l’âge de 11 ans était sur la ligne. Je voulais qu’il finisse de la bonne façon parce qu’on savait que Rozicki s’en venait. À chaque round, je devais le raccrocher de cette façon. »

Sur le plan technique, le plan de match était divisé en plusieurs portions. 

« Oscar n’a pas fait un combat de 12 rounds, a expliqué Ramsay. Il a fait 12 petits combats d’un round. Il fait ça comme un vrai vétéran.  

« Lorsqu’un round se déroulait moins bien, ce n’était pas la panique à son retour dans le coin. Il retournait au suivant avec du caractère. »

Duel avec Romanov

Oscar Rivas connaît déjà l’identité de son prochain adversaire : le Russe Evgeny Romanov.

Romanov (16-0, 11 K.-O.) est devenu l’aspirant obligatoire dans la catégorie des super-lourds-légers après avoir vaincu son compatriote Dmitry Kudryashov (24-5, 23 K.-O.) en mai dernier.

« On va quand même regarder toutes les options, a mentionné le promoteur Yvon Michel. On a reçu une offre pour un combat chez les lourds dans les derniers mois.  

« On va choisir la meilleure voie pour lui. On va tout faire pour que son combat soit au Québec. »

Si Michel recevait une offre intéressante chez les lourds ? Il écouterait surtout si la bourse était alléchante. Dans les derniers mois, le clan de Joe Joyce a tendu une perche dans sa direction. 

Il n’est pas impossible qu’il reçoive le même type d’offre dans les prochaines semaines.