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Quand le lieu de travail devient malsain

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C’est une lettre reçue d’une lectrice qui m’a proposé d’utiliser son histoire comme outil de sensibilisation au harcèlement sexuel au travail qui a inspiré ma chronique de cette semaine. Afin de préserver l’anonymat, quelques informations ont été modifiées ou volontairement omises. C’est l’histoire de G., qui confie à quel point le télétravail l’a aidée à se refaire une santé... Et pour qui, maintenant, il est envisageable de porter plainte.

Il arrive assez fréquemment que les impacts de gestes/paroles/actes qui portent atteinte au droit à l’égalité et à la dignité des personnes soient minimisés et relégués au département de la drague mal jouée. Or, le harcèlement sexuel diffère grandement d’une manœuvre de séduction maladroite. Si les définitions du harcèlement sexuel varient, l’essentiel demeure : ce sont des paroles, des gestes, des comportements (avec ou sans contacts physiques) qui ont un caractère sexuel et qui sont dirigés vers une autre personne, qui surviennent de manière isolée ou de façon répétée et qui ne sont pas désirés et portent atteinte à la dignité, à l’intégrité physique ou psychologique de la personne qui les subit. 

Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, le harcèlement sexuel peut être :

  • Non verbal (regards, sifflements, affichage de matériel pornographique, messages textes ou courriels)
  • Verbal (blagues sexistes, remarques sur l’apparence physique, questions intrusives, menaces, propositions ou sollicitations de faveurs sexuelles, propos à connotation sexuelle – transmis par tout moyen : technologique ou autre)
  • Physique (gestes, attouchements, manœuvres de contacts – frôlements, frottements)

Quels sont les impacts ?

Des conséquences pèsent souvent très lourdement dans la vie de la personne victime de harcèlement sexuel au travail. Celles-ci impactent à la fois la vie personnelle, professionnelle, sociale et économique de la personne qui subit le harcèlement.  

Des actions pour protéger les droits fondamentaux sont cruciales, mais pas toujours faciles à mettre en œuvre. L’histoire dont G. témoigne : « J’ai subi de nombreuses pressions sexuelles à mon arrivée à ce poste. [...] N’allez pas croire que je n’aime pas que les regards se posent sur moi occasionnellement, c’est flatteur. Et c’est cette confusion qui m’a bernée. Je croyais que je provoquais “ça”. Mais je réalise qu’en étant en télétravail, je me suis éloignée de l’individu en question et que ses manœuvres ont ralenti. Pas cessé, mais diminué suffisamment pour que je m’aperçoive que tout ce qu’il me faisait vivre était inapproprié. Le recul m’a permis de voir plus clair et surtout, surtout d’aller chercher de l’aide. C’est donc avec toute cette force intérieure que je me suis tournée vers mon employeur. Et j’ai été entendue. Et il y a eu des actions qui ont été posées. Autant je craignais le retour en présence, autant maintenant je me sens soutenue et encadrée. Je continue à consulter un psychologue, c’est important parce que les marques laissées sont encore assez vives. »

Interdit par la loi

Au Québec, il est important de savoir que deux lois interdisent le harcèlement sexuel : la Charte des droits et libertés de la personne et la Loi sur les normes du travail. Des recours sont donc possibles pour les victimes – le fardeau de la preuve reposera sur la personne qui porte plainte et elle devra prouver par une prépondérance des probabilités le comportement harcelant devant un tribunal civil.  

Même si la loi l’interdit, elle ne peut à elle seule éradiquer le harcèlement sexuel au travail. Plusieurs mesures doivent être adoptées et respectées.