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Renée Martel, Paul Daraîche et le pouvoir de la ‘tite laine

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Bien que le titre de l’œuvre fasse référence aux affres du temps et de la maladie, le fameux tandem s’avère particulièrement en forme et en totale maîtrise sur cet album country fort touchant. 

Paul Daraîche, Renée Martel 

Photo courtoisie

★★★★

Contre vents et marées

Fuck le cancer

Selon la légende, c’est un diagnostic de cancer du sein qui aurait lancé l’œuvre. 

Mme Martel n’allait toutefois pas quitter la scène pour autant. Des décennies après avoir été à Londres pour faire du cinéma, la battante voulait s’occuper et aurait approché son « jumeau du hasard », Paul Daraîche, pour l’occasion (comme leur chanson Nés le même jour l’indique, ils sont bel et bien tous deux nés le 26 juin 1947).

D’où, peut-être, la collégialité et la chimie transpirant de l’œuvre. Bien que Daraîche et Martel aient épaulé une myriade d’artistes au fil des années, allant de Mario Pelchat à Patrick Norman en passant par les Trois Accords, c’est à croire que ces deux compères collaborent depuis toujours. 

Les cordes sensibles

Malgré la septantaine, les voix de Mme Martel et de M. Daraîche demeurent toujours aussi mielleuses – un exploit en soi ! – sur fond de mélodies country pop (plus habiles que saccharinées, ceci étant dit). En plus d’y retrouver une version honky tonk de J’ai besoin de ton amour de Lévis Bouliane, Contre vents et marées bénéficie notamment d’une reprise d’Une croix sur ton nom de Paul Daraîche, menée cette fois-ci par Renée Martel.

Sans être un album qui révolutionne son genre, cette collaboration épate par le pedigree de ses artisans, bien sûr, mais également par sa candeur et son affabilité. 

La trame sonore idéale pour regarder les feuilles tomber, thé à la main et ‘tite laine sur le dos. 

Duran Duran 

Photo courtoisie

★★★

Future Past

Ce 15e album pour le combo pop british est une énigme en soi. C’est un LP de Duran Duran, ça sonne « comme » du Duran Duran (les risques artistiques pris ici sont minimes, bref) et, pourtant, Future Past rentre au poste. Si ce n’était pas de la voix inimitable de Simon Le Bon, on pourrait croire que le projet est mené par une bande de jeunes loups s’inspirant de la pop synthé des années 80. Soulignons au passage la coréalisation dirigée par le Midas de la pop contemporaine – Mark Ronson – et le « père du disco » Giorgio Moroder qui, visiblement, ne nuit pas au « retour » de Duran Duran (leur plus récent album datait de 2015). 

Elton John 

Photo courtoisie

★★ 1/2

The Lockdown Sessions

Pour celles et ceux qui se demandaient ce que fait un rocket man arrimé, pandémie oblige, voici donc. La légende vivante fait appel à des copines, copains et plusieurs de ses « descendants » pour un album sympa, quoiqu’éclectique. Fourgué de bijoux (dont le duo Simple Things en compagnie de Brandie Carlile), de coups de fatigue (on y retrouve son Nothing Else Matters endisqué pour une compil’ hommage à Metallica révélée plus tôt cette année) et de remix dont on se passerait (Cold Heart PNAU Remix est essentiellement un pot-pourri pas très original de hits du monsieur), The Lockdown Sessions tient plus du fourre-tout que d’une véritable œuvre musicale. Pour fans donc.

Zaz 

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★★ 1/2

Isa

Malgré la référence à son nom civil (Isabelle), laissant croire que la chanteuse explorera des thématiques plus personnelles et malgré une ballade en duo avec Till Lindemann de Rammstein (oui, oui), la nouvelle production de Zaz demeure cruellement prudente, quoique plus automnale que ses précédentes. En effet, bien qu’on salue la direction plus posée, Isa ne se distingue malheureusement pas de l’offre actuelle en chanson française. C’est bien foutu, ceci étant dit, mais on s’attendait à plus d’une artiste de la trempe de Zaz. Beaucoup plus, même.

COUP DE ❤  

Étienne Coppée 

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Et on pleurera ensemble

Sensation indé du moment, le vainqueur de la plus récente édition des Francouvertes lance un premier LP charmant en excellente compagnie. Épaulé par Salomé Leclerc et Simon Kearney, l’auteur-compositeur-interprète fleur bleue poursuit dans un folk attendrissant et intimiste à souhait faisant écho aux premières œuvres de Safia Nolin et de Philémon Cimon par la bande. Bien que Et on pleurera ensemble tienne plus de la carte de visite, voire de l’assise, l’album a le mérite de mettre Coppée sur la proverbiale mappe. À suivre (de très près), donc.