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Wokisme: une lutte commune France-Québec

Wokisme: une lutte commune France-Québec
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La France et le Québec sont désormais réunis contre la culture d’annulation (le wokisme) pratiquée par des extrémistes qui menacent la cohésion de nos deux pays.

Car la rectitude politique, qui sévit et s’amplifie partout, oblige toutes les sociétés à censurer des mots, des livres, des œuvres théâtrales et des pans entiers de leur histoire.

Ce barrage contre la liberté d’expression est unique au Québec, car le Canada officiel de Justin Trudeau est déjà grandement influencé par la mouvance woke. Et en Europe, c’est en France que l’offensive est la plus articulée intellectuellement contre cette culture d’annulation.

Les deux ministres de l’Éducation respectifs, Jean-Michel Blanquer et Jean-François Roberge, ont donc signé un texte dénué de toute langue de bois pour dénoncer les « assassins de la mémoire ». Tous les deux veulent transformer leur programme d’enseignement en un « rempart primordial contre l’ignorance et l’obscurantisme ».

Des exemples dans les deux pays en font foi. En France, une représentation à Paris de la pièce d’Eschyle Les Suppliantes a été annulée à cause des pressions de gens offensés par l’usage de masques et de maquillage noir par des acteurs blancs. À Montréal, une pièce de Robert Lepage a été annulée au Théâtre du Nouveau Monde pour cause d’appropriation culturelle de l’héritage noir par des Blancs.

Et que dire du feu de joie (autodafé) organisé à l’initiative d’un conseil scolaire de l’Ontario où plus de 5000 livres pour enfant, dont Tintin et Astérix, ont été détruits lors d’une cérémonie funèbre et funeste ?

Nouveau cours

Le premier ministre Legault a annoncé mardi, à l’ouverture de la session parlementaire, la fin du cours d’éthique et culture religieuse et son remplacement par un cours de culture québécoise et de citoyenneté.

Or il faut s’attendre à une levée de boucliers de la part de militants woke qui s’accommodaient du cours d’ECR, car l’enseignement des religions par exemple était enrobé dans le relativisme.

La dimension pédagogique de ce cours faisait trop souvent place à une bien-pensance où les minorités de tout genre sont souvent présentées en victimes permanentes.

Le nouveau cours, on l’espère, permettra aux jeunes de se familiariser avec l’histoire du Québec, très malmenée dans le cursus scolaire depuis longtemps, et de recevoir des notions de citoyenneté, c’est-à-dire de leur appartenance à une société distincte au sein du Canada.

Car les enfants doivent être instruits de leurs responsabilités liées à leur statut éventuel de citoyen. Et on doit les familiariser avec les symboles de l’État.

Salut au drapeau

À l’école primaire de ma jeunesse, tous les vendredis, nous étions réunis dans la grande salle où nous déclarions notre attachement au drapeau fleurdelisé. « À mon drapeau, je jure d’être fidèle », lancions-nous à voix forte, car cette cérémonie nous impressionnait tous.

Le lien affectif avec le drapeau et avec la langue française a survécu pour la majorité de ceux qui ont baigné dans l’eau bénite.

Cette initiation à la citoyenneté dans le Québec non pas multiculturel, mais interculturel favorisera l’ouverture à l’endroit de tous les nouveaux immigrants dont l’attachement au Québec ne pose pas problème.

Car l’identité québécoise élargie est une des clés de notre avenir commun.

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