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La fin du cours ECR: une bouffée d’air frais!

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé la mort du cours Éthique et culture religieuse (ECR). C’est une nouvelle que nous attendions depuis longtemps.

En fait, ce cours, qui ne visait qu’à introduire un enseignement religieux multiconfessionnel à l’école, n’aurait jamais dû voir le jour. Il passera à l’histoire comme une aberration intellectuelle et un désastre sur le plan social. 

Évidemment, ceux que les médias qualifient de «spécialistes de la question» se sont dits inquiets avant même de connaître ne serait-ce que le titre du nouveau cours. Ils font penser aux pétrolières qui considèrent que les énergies fossiles sont irremplaçables. Ces défenseurs de l’indéfendable ont aussi oublié que le ministre Roberge est lui-même un ancien enseignant du cours ECR et qu’il parle en connaissance de cause.

Avec le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, c’en est fini du tout à la religion, qui constituait l’âme du cours ECR dans lequel la culture était réduite à l’appartenance religieuse. La culture prendra maintenant véritablement son sens avec toutes ses composantes: art, histoire, langue, valeurs, communautés ethniques, religion. La notion de religion, qui inclut aussi la non appartenance religieuse et l’athéisme, redevient l’une des composantes de la culture et non plus, comme le soulignait le ministre, la seule lunette par laquelle on apprend à connaître l’autre et à interagir avec lui.

La culture québécoise sera le pôle de référence plutôt qu’une culture parmi les autres. Une majorité a légitimement le devoir de servir de moteur d’inclusion plutôt que de s’effacer devant les revendications qui conduisent au morcellement multiculturaliste et à la ghettoïsation. Dans son désir de «rallier plutôt que diviser», on sent chez le ministre Roberge le désir de redonner la fierté à la nation québécoise et de renverser la mentalité des accommodements religieux à tout prix qui marquaient ECR.

Finalement, on ne peut qu’être d’accord avec l’accent qui sera mis sur le développement de la pensée critique. Il s’agit là d’un autre aspect qui était totalement évacué du cours ECR. Il est à souhaiter que le développement de la pensée critique s’exercera également à l’endroit des croyances religieuses et des pseudosciences. Le ministre veut en faire un outil pour contrer la polarisation et faire obstacle aux censeurs qui refusent de débattre d’idées différentes de la leur. On ne peut que saluer cette intention.

À lui seul, ce nouveau cours ne mettra pas fin à la culture du bannissement ni à la mouvance appelée communément wokisme et que le cours ECR a contribué à développer. Mais, au moins, à la lumière des orientations annoncées, il est permis d’espérer que le cours de citoyenneté n’y contribuera pas.

Daniel Baril, président du Mouvement laïque québécois

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