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« Brain Freeze » : quand la réalité rattrape la fiction

Junket Brain Freeze
Photo Pierre-Paul Poulin

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Fan avoué de cinéma, Roy Dupuis affectionne particulièrement le septième art pour sa propension à se « décoller de la réalité ». Pourtant, la réalité a rapidement rejoint la fiction à l’hiver 2020 sur le plateau de Brain Freeze, un film où une communauté se retrouve confinée lorsqu’un mystérieux virus s’y propage.

« C’était... spécial », avance Roy Dupuis. 

« La pandémie n’avait pas encore pris l’ampleur qu’on connaît – ça se passait surtout en Chine à ce moment-là –, mais on voyait les choses évoluer et il y avait quelque chose de surréel à raconter notre histoire. Évidemment, Brain Freeze n’est pas du tout le récit de ce qui s’est passé, ni ici ni ailleurs. Mais il y a quand même certaines ressemblances assez troublantes », poursuit le comédien. 

Perception altérée

En effet, les événements dépeints à l’écran ne reflètent en rien ceux qu’on a connus au cours des derniers mois. Roy Dupuis y incarne un garde de sécurité qui tente tant bien que mal d’aider un adolescent et sa jeune sœur à traverser une île infestée de zombies. 

N’empêche, on y parle couramment de quarantaine, de virus et de recherche d’antidote ; tous des éléments qui se sont invités dans le discours collectif au cours des 19 derniers mois.

« C’est sûr que la perception des gens va être différente quand ils vont regarder le film. Est-ce qu’elle va être meilleure ? Pire ? Ça, on ne le sait pas encore. En fait, on ne le saura probablement jamais », avance le comédien. 

D’ailleurs, fait important à rappeler, le scénario de Brain Freeze a été écrit il y a une dizaine d’années par un Julien Knafo qui souhaitait à l’époque mettre en scène une invasion de zombies dans un quartier cossu de Montréal. Bref, rien ne laissait présager que certaines scènes deviendraient malheureusement prophétiques. 

Junket Brain Freeze
Photo courtoisie

Une longue gestation

Le projet a alors connu une longue période de gestation durant laquelle il s’est transformé à maintes reprises. Jadis « moins clean » aux dires de Roy Dupuis, Brain Freeze s’est progressivement teinté d’humour noir – très noir, même – et le commentaire social qu’il abritait a assumé un rôle davantage prépondérant.  

Le résultat, qui prendra l’affiche vendredi, se veut aujourd’hui davantage une critique sociale qu’un film d’horreur dit classique.

« Il reste que, à la base, ce n’est pas un simple film de zombies où on regarde 12 survivants mourir l’un après l’autre. Ça, ça ne m’intéressait pas. J’avais envie de parler de société, de mettre de l’avant la quête d’un garçon qui quitte son petit monde douillet, qui est projeté dans le vrai monde pour aider sa sœur. C’est ce qui ressort », précisait Julien Knafo au Journal, en marge de la première du film dans le cadre du festival Fantasia, l’été dernier.  

Après des années de dur labeur, le réalisateur et scénariste a d’ailleurs dû travailler à nouveau son projet lorsque le tournage de Brain Freeze a été interrompu en raison de la COVID-19 en mars 2020, alors qu’il ne restait qu’une poignée de scènes à terminer. 

Des scènes retravaillées

Au fil d’une gymnastique narrative, certaines scènes ont été retravaillées pour finalement permettre, quelques mois plus tard, de boucler le tournage. Tout ça, au grand soulagement de toute son équipe. 

« Je me souviens de la journée où on a dû tirer la plogue. C’était très dramatique », atteste Roy Dupuis. 

« C’est très difficile de produire un film de genre au Québec. Alors de devoir tout arrêter, sans savoir quand on pourrait reprendre le travail... c’était loin d’être joyeux. Barbara Shrier [la productrice, NDLR] était en larmes, la pression était très forte. Mais on a fait des concessions, des sacrifices, et on a réussi à terminer le film. C’est tout ce qui compte », conclut le comédien.


Brain Freeze prendra l’affiche vendredi 29 octobre. 

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