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Débat: la question du logement divise

Les candidats à la mairie de Montréal ont croisé le fer dans un débat plus cordial à l'avantage de Plante

POL
Photo courtoisie, Radio-Canada, Ivanoh Demers Valérie Plante et Denis Coderre en plein échange lors du débat télévisé de lundi.

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Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal étaient à couteaux tirés sur les enjeux du logement et de la mobilité lundi soir dans un débat télévisé plus civilisé pour lequel la mairesse sortante s’est tirée avec un léger avantage.

« [Valérie Plante] prend le leadership du débat et de la hauteur aussi, comme mairesse en temps de COVID », croit Danielle Pilette, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, à l’UQAM. 

« M. Coderre semble plus en réaction, passif, en partie résigné au discours de Mme Plante », ajoute-t-elle.

Selon l’experte en gestion municipale et la majorité de nos chroniqueurs, Mme Plante a eu l’avantage sur Denis Coderre lors du deuxième débat télévisé diffusé lundi.

« On peut parler d’un match nul, sans faux pas majeur ou moment particulièrement dramatique », pense pour sa part Daniel Béland, politologue à l’Université McGill.

Enjeux clivants

Les échanges les plus houleux ont entre autres eu lieu lors du segment sur le logement, lorsque Mme Plante a accusé M. Coderre de vouloir en limiter l’accès aux mieux nantis, alors que le chef d’Ensemble Montréal a plutôt prêché pour une réglementation « souple » pour les promoteurs.

« Ce qu’on veut éviter, c’est que nos enfants et nos petits-enfants ne puissent plus jamais habiter à Montréal », a signifié la mairesse sortante.

La mobilité a également été un enjeu clivant sur lequel Denis Coderre a multiplié les attaques envers le bilan de Mme Plante.

« Le commerçant qui a besoin de vendre ses choses, ou l’épicerie qui a besoin de ses fruits frais, ça fait partie de la qualité de vie aussi », a-t-il mentionné en dénonçant les entraves que subissent les camions de livraison.

La revitalisation de l’est de Montréal et l’environnement ont également semé plus de discorde.

Dans l'opposition

Questionnée à savoir si elle pense rester comme cheffe de l’opposition en cas de défaite, Mme Plante a répondu oui sans équivoque, alors que M. Coderre a été plus ambigu.

« J’ai envie de rester, ça, c’est sûr, mais je pense que le plan A, c’est vraiment de gagner », a-t-il répondu.

Les notes de nos experts  

Josée Legault (Chroniqueuse)  

  • Valérie Plante: 7,7 / 10  
  • Denis Coderre: 8 / 10   

Danielle Pilette (Professeure)  

  • Valérie Plante: 8,5 / 10  
  • Denis Coderre: 7 / 10   

Daniel Béland (Politologue)  

  • Valérie Plante: 8 / 10  
  • Denis Coderre: 8 / 10   

Ce qu’ils ont dit  

« Pour moi, c’est un droit fondamental, l’habitation, et pour M. Coderre, c’est un bien de consommation. »

– Valérie Plante

« Vous avez été là pendant 4 ans ! Moi, je ne suis pas le maire, je veux le redevenir [en dénonçant une vocation tardive de Plante sur la sécurité publique]. »

– Denis Coderre

« Peut-être que vous ne prenez pas l’autobus, M. Coderre, parce que les gens ont besoin d’avoir un horaire fiable. [...] Ce n’est pas tout le monde qui a une voiture. »

– Valérie Plante

« La mobilité a stallé, ça, c’est clair. Il faut penser aux piétons et il faut arrêter d’être anti-voiture et arrêter de ne pas travailler dans un contexte de cohabitation. Il y a des gens qui ont besoin de leur voiture. »

– Denis Coderre

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