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Le président du CA de Cogeco souhaite un salaire minimum 20 $/l'heure

Le président du CA de Cogeco veut ainsi lutter contre la croissance des inégalités

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Voilà une idée étonnante, surtout qu’elle vient d’un grand patron. Le président du conseil d’administration de Cogeco, Louis Audet, souhaiterait que le salaire minimum soit augmenté de façon significative, à 20 $/l’heure, afin de diminuer les inégalités sociales. 

C’est ce qu’il a soutenu, hier, devant un parterre de gens d’affaires, lors d’un événement du Cercle canadien de Montréal, souhaitant que les gouvernements valorisent davantage le travail des plus petits salariés. 

« Ma suggestion trouve ses racines dans les menaces à la démocratie qu’on a vues dans d’autres pays. Chez nous, heureusement, on n’a pas eu ce genre de manifestations. Mais lorsqu’on laisse les inégalités sociales croître de façon exagérée, l’harmonie sociale disparaît et la démocratie est menacée », a-t-il soutenu. 

Selon lui, les inégalités sociales expliquent la montée du populisme et certains événements récents, comme l’invasion du Capitole américain, le phénomène des Gilets jaunes en France ou le Brexit en Grande-Bretagne.  

« Ce n’est pas pour le plaisir de suggérer une augmentation, mais en le faisant, on aide les personnes concernées et on aide le pays. Quand je dis “urgence”, n’attendons pas cinq ans, parlons-en pas trop longtemps. L’objectif, c’est de faire une vraie différence », a-t-il soutenu.  

Impacts sur les PME ?

Des organisations comme le Conseil du patronat du Québec se sont souvent braquées contre une augmentation du salaire minimum, arguant que l’impact serait dévastateur sur les PME. 

Mais pour M. Audet, le gouvernement aurait un rôle à jouer afin que tous appliquent la hausse, ce qui ferait en sorte d’éliminer la concurrence déloyale.

« Ça prend une vérification de l’État afin que tout le monde l’applique, donc, ça devient compétitivement neutre. On va payer nos cafés 15 cents de plus, mais on est capable comme société. Ceux qui auront 20 $ de l’heure, ce sera une grosse et belle différence pour eux », a-t-il estimé.  

Il rappelle que l’Ontario a déjà haussé le salaire minimum à 14 $ de l’heure et « qu’il n’y a pas d’impacts négatifs » sur l’économie.  

  • Écoutez la chronique d'Yves Daoust au micro de Richard Martineau sur QUB Radio:   

La FTQ se réjouit

Cette proposition va plus loin que celle de la FTQ qui demandait une hausse à 18 $/l’heure. En entrevue avec Le Journal, le président de la centrale syndicale, Daniel Boyer, s’est réjoui de cette sortie de M. Audet. 

« Les patrons prennent conscience que les inégalités, ça n’a pas de bon sens. Avec 13,50 $ de l’heure, on ne vit pas dignement. On a vu une accélération des inégalités lors des 10 dernières années et c’est encore pire avec la pandémie », a indiqué M. Boyer. 

Le gouvernement caquiste a déjà annoncé son intention d’augmenter le salaire minimum en décembre prochain. 

La décision de bloquer Rogers, le bon geste  

Le président du CA de Cogeco, Louis Audet, se dit serein quant à la décision de la famille Audet, actionnaire de contrôle de l’entreprise, de bloquer l’offre hostile de Rogers. 

En automne dernier, la saga Rogers-Cogeco avait fait couler beaucoup d’encre. La torontoise et Altice USA souhaitaient allonger plus de 11 milliards $ pour faire l’acquisition de l’entreprise de télécommunications québécoise. Mais la famille avait refusé catégoriquement. 

Quelques mois plus tard, Rogers se retrouve au centre d’une bataille pour le contrôle de l’entreprise et provoque des tensions au sein même de la famille fondatrice du numéro deux des télécommunications au Canada. 

Rien à voir avec la dispute

M. Audet n’a pas voulu commenter la situation chez Rogers de peur « d’ajouter de l’huile sur le feu ». 

« Je ne voudrais pas lier les deux choses. Mais est-ce que nous sommes heureux de la décision que la famille Audet a prise en septembre et octobre derniers ? Oui, on l’a prise en pleine connaissance de cause », a-t-il souligné. 

« Notre désir de demeurer une société forte et indépendante était à l’origine de notre décision. On croit avoir posé le bon geste, mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe avec Rogers aujourd’hui », a-t-il poursuivi. 

Selon lui, la décision a été prise rapidement, le soir même, lors de la réception de la 1re proposition de Rogers. 

« Nous n’avons pas vendu, car nous avons des projets de croissance. Nous avons une fierté d’être une compagnie basée à Montréal, au Québec, au Canada, une fierté de créer et de développer de nouveaux services », a-t-il souligné. 

Afin de conserver la propriété québécoise, le président du conseil d’administration de Cogeco plaide aussi pour le maintien des actions multivotantes et une fiscalité mieux adaptée aux entreprises familiales. 

Selon lui, l’impôt payé au Canada lors de la succession d’une entreprise fait bien souvent en sorte que les enfants se voient dans l’obligation de vendre. 

« Dans d’autres pays, on ne fait pas cela avec comme résultat que les entreprises se transfèrent facilement à l’intérieur d’une famille », constate-t-il. 

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