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Après 14 ans à la mairie de Québec, Régis Labeaume quitte le cœur léger

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Depuis quelques jours, le départ de Régis Labeaume de l’hôtel de ville de Québec se concrétise : il a vidé son bureau, ramené à la maison les photos de ses proches et ne rêve que d’une chose, c’est d’aller soigner son interminable grippe sous le soleil.

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«Mon corps est en ruine», lance le coloré personnage, qui a l’impression d’attraper tous les microbes qui passent – sauf la COVID – depuis qu’il a annoncé son départ en mai, après 14 ans à la mairie de Québec. 

Tout cela, c’est le résultat de l’adrénaline qui est tombée, analyse le principal intéressé. «Comme disait ma mère, il faut que je me repose le génie!»

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Photo Stevens Leblanc

En dehors de ces ennuis de santé mineurs, Régis Labeaume s’apprête à entrer dans sa nouvelle vie avec sérénité. «Je craignais ça, ce qui allait se passer entre les deux oreilles, mais ça se passe très bien», souffle celui qui dit n’avoir éprouvé absolument aucun regret depuis qu’il a annoncé ce départ, qu’il planifiait depuis des années. 

  • Écoutez l'entrevue de Régis Labeaume avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

La pédale au fond, il dit être tanné de vivre comme ça. «Je veux vraiment changer de vie.» Il s’est acheté un nouveau téléphone, une tablette. «Il faut que je redevienne autonome. Ç’a l’air aussi, selon mes enfants, qu’il faut je réapprenne à conduire.»   

Plus belle job

La plus belle job du monde, comme il l’a souvent qualifiée, vient avec son lot d’inquiétudes, avec l’impression «qu’à la mairie de Québec, on est responsable de tout». Régis Labeaume affirme ne pas s’être encore débarrassé de cette «chape de plomb» qui vient avec.

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Le maire sortant considère qu’il ne lui reste maintenant qu’un défi. «Il va me rester une petite étape à passer, c’est-à-dire de ne plus travailler. Je ne sais pas à quoi ça ressemble moi, se lever le matin et ne pas avoir les épaules qui relèvent en lisant le journal, en n’ayant pas l’impression d’être responsable de quelque chose.»

Régis Labeaume ne pouvait tolérer ne serait-ce qu’une plage horaire de 30 minutes libre, qu’il finissait toujours par combler, confie son attaché de presse, François Moisan. «Je suis un hyperactif, j’ai toujours été comme ça», convient l’élu, qui avait l’habitude de rentrer à l’hôtel de ville pour «calmer le hamster qui tourne sans arrêt». 

La suite

Cette semaine, le maire sortant complétera une série de 15-20 entrevues à Québec et Montréal «parce qu’il a reçu des demandes», souligne-t-il. 

«Je suis rassasié, je ne suis pas sûr que ça va me manquer», répond-il lorsqu’on lui demande s’il s’ennuiera de cette vie publique, où son opinion était rapportée chaque semaine.

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Photo Stevens Leblanc

Après quoi, Régis Labeaume disparaîtra pour les prochains mois. Il a déjà réservé son séjour sous le soleil, où il espère se reposer. Lecteur insatiable, il a déjà entamé Churchill, le dictionnaire, qui revient sur les grands moments de la vie de cet homme politique. «J’en ai une série d’autres chez moi», dit-il avec le sourire. 

Il a reçu des offres de biographie, d’écriture aussi, mais rien qui l’intéresse pour le moment. Il n’a pas changé d’idée cependant : sa carrière politique est terminée. 

Pourrait-il devenir commentateur? «On va voir. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Je vais peut-être aimer ça, devenir un fainéant», blague-t-il avant de se raviser rapidement. «C’est sûr que je n’arrêterai pas de travailler.» 

Silence sur la campagne électorale  

Avec l’équipe de Régis Labeaume, nous nous étions entendus très clairement, dès le départ, que l’entrevue ne porterait aucunement sur la campagne électorale qui s’achève, question d’éviter les interférences. Il n’y fera allusion que pour dire qu’il suit la campagne à Québec avec intérêt, et que même s’il passe proche de «virer fou», il se parle pour ne pas intervenir. Il suit aussi avec beaucoup d’intérêt ce qui se passe à Montréal. 

La médaille et le chapelet  

Avec Claire Morneau, son adjointe des premiers jours qui partira pour la retraite avec son départ, Régis Labeaume s’est affairé à se départir de tout ce qui traînait dans les tiroirs de son bureau de maire. «Je suis un ramasseux», glisse-t-il. Avec deux grosses poubelles, il a jeté beaucoup de choses mais, un brin superstitieux, il n’a jamais pu se décider à se départir de deux objets : un chapelet acheté lors d’une mission à Rome, et la médaille de Saint-André que lui a offerte une dame. «Tout d’un coup qu’il se passe quelque chose», lance-t-il en riant. Il a aussi conservé le nez de clown que lui avait remis Guy Laliberté, qu’il offrira à Bérénice, sa petite-fille. 

Se remettre en forme  

Au fil des années, Régis Labeaume a souvent évoqué des résolutions de début d’année, comme se remettre en forme ou arrêter de fumer. Il se promet la même chose après son départ de l’hôtel de ville. Il a son programme d’entraînement, et n’a pas touché à une cigarette depuis 10 jours. «J’ai 65 ans [...] et j’ai eu assez d’un cancer.»

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