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IQ investit 25 M$ de plus dans une firme active dans un paradis fiscal

Le bras financier de Québec a placé un total de 45 M$ dans White Star Capital

White Star
Photo tirée deTwitter du PM Legault En janvier 2019, le premier ministre François Legault (2e à partir de la droite) a publié une photo de lui et de sa conjointe, Isabelle Brais (à sa droite), avec (de gauche à droite) son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, le cofondateur de White Star Capital, Eric Martineau-Fortin, et Patricia Barbizet, qui a été nommée lundi dernier présidente du CA de White Star.

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Investissement Québec (IQ) a investi 25 M$ dans un nouveau fonds de la firme White Star Capital, qui brasse des affaires à Guernesey, un paradis fiscal des îles anglo-normandes.

Lundi dernier, White Star a lancé un fonds de 450 M$, dans lequel IQ a mis 25 M$, et le Fonds de solidarité FTQ, 15 M$. La Caisse de dépôt a refusé de dévoiler sa participation.

Or, même si White Star est actif à Guernesey, IQ assure que l'argent qu'il investit dans ses fonds ne quitte pas le Québec.

« Toutes les sommes investies par Investissement Québec à ce jour ont transigé par des sociétés en commandite canadienne, dûment immatriculées et constituées au Canada (Québec). Investissement Québec n’a jamais transigé avec le fonds White Star Capital II LP établi à Guernesey », a expliqué la porte-parole d’IQ, Isabelle Fontaine. 

À ce jour, IQ a injecté plus de 45 M$ dans des fonds de White Star ici, soit 24,75 M$ (2021), 10 M$ (2018) et 10,6 M$ US (2014). Dialogue, Dfuse et Angel Host font partie des entreprises soutenues par White Star.

En mars 2021, Le Journal a révélé que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a présenté à Paris, au premier ministre François Legault, en 2019, le cofondateur de White Star, Eric Martineau-Fortin, alors qu’il détenait toujours un investissement dans l’un de ses fonds. 

Deux mois plus tard, M. Fitzgibbon, en contravention avec le code d’éthique de l’Assemblée nationale, s’était retiré du Conseil des ministres, pour revenir en poste en septembre après s’être conformé aux exigences de la commissaire.

Incompris, pas délinquants

Au Journal, le cofondateur de White Star, Jean-François Marcoux, a reconnu lundi avoir des activités à Guernesey, où habite l’autre gestionnaire de contrôle, Eric Martineau-Fortin, mais a refusé l’étiquette de « paradis fiscal ».

« Ce qui fait partie de la structure au Québec reste au Québec et ne transite pas par Guernesey », qui sert à attirer les fonds européens, a-t-il expliqué.

« C’est quelque chose qui est mal compris parfois ici du grand public, mais il n’y a pas d’avantages fiscaux pour personne », a-t-il ajouté, ce qui a fait bondir les experts consultés par Le Journal

« Un paradis fiscal est un pays qui offre une législation fiscale et réglementaire avantageuse, et c’est ce qu’offre Guernesey », a noté Franck Jovanovic, professeur à l’École des sciences de l’administration de la TÉLUQ.

« Les entreprises qui ont des filiales à Guernesey bénéficient de la grande opacité de l’île », a conclu Julien Frédéric Martin, professeur d’économie à l’UQAM.

– Avec la collaboration de Jean-François Cloutier 

  • PwC note que les sociétés peuvent payer 0 % d’impôt, 10 % ou 20 % à Guernesey, et KPMG la décrit comme étant « une juridiction de paradis fiscal au même titre que les îles Caïmans ». 

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