/entertainment/music
Navigation

«Stradivarius BaROCK»: Alexandre Da Costa jazze les classiques

«Stradivarius BaROCK»: Alexandre Da Costa jazze les classiques
Photo Mario Beauregard, agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Revisiter Bach avec une touche de jazz, tremper Le Canon de Pachelbel d’un peu de pop, ou encore guinder Hendrix comme à l’opéra? Dénaturer les classiques de son instrument, sans trop les bouleverser, Alexandre Da Costa le fait délicieusement, avec juste ce qu’il faut d’audace.

• À lire aussi: Patrick Bruel sera au Québec en mai

• À lire aussi: Le Cirque Alfonse débarque à Québec

Le violoniste de 42 ans – on lui en donnerait 10 de moins – et chef de l’Orchestre symphonique de Longueuil a repris la tournée et s’arrêtait au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, mercredi, pour un «tour de cordes» dans lequel il badigeonne les légendes de la musique classique d’un peu tous les genres. Jazz, swing ou boogie, il y en a pour tous les goûts. 

D’ailleurs, comme le souligne judicieusement le musicien dans l’un de ses (nombreux) intermèdes parlés: il n’existe que deux styles de musique, la bonne et la mauvaise. 

Science-fiction

Sept musiciens derrière lui, un parterre presque plein à ses pieds, Da Costa a d’abord remercié les spectateurs de leur patience. Après tout, ce concert, dérivé de son album Stradivarius BaRock (lancé à l’automne 2019) devait d’abord avoir lieu... en avril, puis en novembre 2020. Inutile de mentionner la raison qui a repoussé le rendez-vous. L’enthousiasme du public, lui, paraissait tout à fait intact. 

Avant de lancer les festivités, notre homme s’est enquis des goûts musicaux de l’assistance, avant de décréter qu’il n’y aurait aucune règle dans son spectacle. Plus tard, il a évoqué la «science-fiction de la musique» pour expliquer sa démarche. Comment Bach aurait-il composé s’il avait eu accès à la numérisation qui appuie les créateurs d’aujourd’hui? 

Taquin, Alexandre Da Costa a justement rebaptisé The G-String Air, de ce même Jean-Sébastien Bach, Air sur la corde de sol, avant d’investir joliment Que ma joie demeure. Badin, il a fait s’obstiner gentiment les gens, à coups de mains levées, sur le titre exact des Canons de Pachelbel («le» ou «les»?). 

Une Chaconne de Vitali de 14 minutes («C’était mon "work-out"», a rigolé Da Costa) plus tard, on a eu droit à un doux hommage à la maman d’Alexandre avec Adagio d’Albinoni, puis à une Amazing Grace toujours bonne à réentendre. 

«Stradivarius BaROCK»: Alexandre Da Costa jazze les classiques
Photo Mario Beauregard, agence QMI

Anecdotes

Versatile, Da Costa inverse aussi les procédés: il s’empare des rocs purs et durs du rock pour les «symphoniser», comme il dit. The Show Must Go On, de Queen, devient ainsi monument de violon, tandis que Manic Depression, de Hendrix (au grand bonheur de la foule) se saccade en coups d’archet, avec une petite touche de lamentations aiguës. Pas mauvais du tout. Un «panier bleu» de chansons ayant marqué le Québec (comme Dance Me To The End Of Love, de Leonard Cohen), adapté dans le contexte, ponctue également le programme de ce Stradivarius BaROCK

Verbomoteur, Alexandre Da Costa parsème ses prestations d’anecdotes intéressantes sur les compositeurs qu’il interprète, avec une salle entière suspendue à ses lèvres, qui réagit avec ferveur à ses petites classes de maître. On peut affirmer que l’artiste a le chic pour, encore plus que démocratiser la musique classique, la détendre, et faire d’elle une amie. 

«Stradivarius BaROCK»: Alexandre Da Costa jazze les classiques
Photo Mario Beauregard, agence QMI

Alexandre Da Costa poursuit sa tournée Stradivarius BaROCK au Québec. Pour toutes les dates, on consulte son site web.

À VOIR AUSSI

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.