/lifestyle/family
Navigation

L'arbre jurassique

1030 CASA Fleurs et potager
Photo courtoisie Un ginkgo bilobé en automne

Coup d'oeil sur cet article

Au milieu de l’automne, les feuilles du ginkgo bilobé prennent une superbe teinte jaune contrastant vivement avec l’azur du ciel. Ainsi orné d’or, le ginkgo donne alors un spectacle d’une beauté sans égale. Les feuilles de cet arbre ont la forme de petits éventails divisés en deux lobes, ce qui lui a valu le nom de ginkgo bilobé.

Les origines du ginkgo remontent à plus de 250 millions d’années alors que les dinosaures commençaient leur aventure sur la planète. Le ginkgo bilobé est le seul membre de l’ordre des ginkgoales – un groupe d’arbres qui peuplait une grande partie de la Terre à cette époque – existant encore aujourd’hui. En étudiant des fossiles, des scientifiques en sont venus à la conclusion que cet arbre est demeuré presque inchangé depuis l’ère jurassique.

Un ginkgo âgé de plus de 900 ans situé à Okayama, au Japon. Dans des conditions optimales, on estime que cette espèce pourrait atteindre l’âge vénérable de 3000 ans.
Photo courtoisie
Un ginkgo âgé de plus de 900 ans situé à Okayama, au Japon. Dans des conditions optimales, on estime que cette espèce pourrait atteindre l’âge vénérable de 3000 ans.

Découvert au Japon vers 1690, le ginkgo fut ensuite introduit en Europe vers 1730. Le premier ginkgo en Amérique fut planté en 1784, à Philadelphie, en Pennsylvanie. Au moment de son introduction en Europe, cet arbre singulier fascina et intrigua beaucoup de gens, et des montants d’argent considérables furent dépensés pour faire l’acquisition de semences ou de jeunes plants. En 1780, un Parisien nommé Petigny négocia cinq plants de ginkgo provenant d’Angleterre pour la rondelette somme de 200 livres, soit 40 écus d’or ! Cette histoire explique pourquoi le ginkgo est parfois appelé arbre aux quarante écus.

Sa résistance à la pollution ainsi qu’aux attaques des insectes et des maladies, et sa très grande longévité en font un arbre parfaitement adapté au milieu urbain. Il semble également que le ginkgo soit le seul végétal qui ait survécu à l’explosion de la bombe atomique lancée sur Hiroshima en 1945. Au printemps suivant cette catastrophe, une jeune pousse jaillit de la souche d’un vieil arbre détruit.

Ovules nus et spermatozoïdes nageurs

Feuilles et ovules de ginkgo bilobé
Photo courtoisie
Feuilles et ovules de ginkgo bilobé

Malgré les apparences, le ginkgo ne fait pas partie du groupe des angiospermes, comme les érables et les chênes. Autrement dit, il ne produit pas de graines protégées par une chair pulpeuse comme la majorité des fruits typiques, mais plutôt des ovules nus, qui ne sont pas enveloppés dans un ovaire, ressemblant vaguement à des abricots. C’est pour cette raison qu’on le classe plutôt avec les conifères, bien qu’il n’en soit pas réellement un, au sein du groupe des gymnospermes.

Le ginkgo est dioïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles sont portées par des individus différents de ceux qui portent les fleurs femelles. Au printemps, les ginkgos mâles portent des strobiles, des organes similaires à des fleurs qui contiennent le pollen. Après avoir été transportés par le vent sur les arbres femelles, les grains de pollen du ginkgo se fixent aux fleurs femelles et produisent ensuite des spermatozoïdes qui nagent littéralement pour se rendre jusqu’aux ovules afin de les féconder. Comme c’est le cas chez les fougères et les cycas, les spermatozoïdes du ginkgo se déplacent grâce à des cils motiles.

D’autre part, les ginkgos femelles sont les seuls à porter les ovules, qui ont l’aspect de petites prunes jaunes, non comestibles cependant. Toutefois, lorsque la graine est grillée, elle peut alors être mangée. À maturité, les ovules dégagent de l’acide butyrique, une substance à l’odeur particulièrement fétide rappelant celle du vomi ! C’est d’ailleurs pour cette raison que les arbres mâles sont plus fréquemment cultivés.

Excellent arbre urbain, il s’accommode de presque tous les types de sols, même ceux qui sont argileux, à condition qu’ils soient bien drainés. Il préfère toutefois être planté dans un endroit bien ensoleillé. 

Des ginkgos géants à Montréal

Âgé de près de 130 ans, ce ginkgo situé sur le campus de l’Université McGill est assurément l’un des plus imposants du Québec.
Photo courtoisie
Âgé de près de 130 ans, ce ginkgo situé sur le campus de l’Université McGill est assurément l’un des plus imposants du Québec.

On peut voir sur l’île de Montréal de gros spécimens de ginkgos très âgés. Au parc Joyce, dans l’arrondissement d’Outremont, se trouve le plus gros ginkgo du Québec. Son tronc possède un diamètre de 135 cm !

Sur le campus de l’Université McGill, à l’angle des rues Docteur-Penfield et Peel, il est possible d’observer un vieux ginkgo femelle digne de mention. Il aurait été planté en 1892.

Un autre énorme ginkgo femelle peut être observé près de l’entrée du Cimetière du Mont-Royal. Comme il est planté seul au milieu d’une grande pelouse qui l’entoure, on peut l’apprécier dans toute sa splendeur.