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Le républicain Kinzinger cède devant le trumpisme

Le représentant américain Adam Kinzinger (R-IL) écoute lors d'une réunion d'un comité restreint enquêtant sur l'attaque du 6 janvier contre le Capitole au Cannon House Office Building à Capitol Hill le 19 octobre 2021 à Washington, DC. Le comité a voté en faveur de la détention de l'ancien conseiller de Trump, Stephen Bannon, pour outrage criminel pour avoir refusé de coopérer avec l'assignation à comparaître du comité.
AFP Le représentant américain Adam Kinzinger (R-IL) écoute lors d'une réunion d'un comité restreint enquêtant sur l'attaque du 6 janvier contre le Capitole au Cannon House Office Building à Capitol Hill le 19 octobre 2021 à Washington, DC. Le comité a voté en faveur de la détention de l'ancien conseiller de Trump, Stephen Bannon, pour outrage criminel pour avoir refusé de coopérer avec l'assignation à comparaître du comité.

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On peut compter sur les doigts d’une seule main les élus républicains qui acceptent d’exprimer publiquement des réserves ou des critiques à l’égard de propos ou d’actions de Donald Trump. Que ce soit au Sénat ou à la Chambre des représentants, ceux et celles qui s’y risquent le font alors qu’ils ou elles ont déjà annoncé leur retrait de la politique active.

Depuis vendredi matin, nous pouvons ajouter le nom d’Adam Kinzinger à la liste des élus qui, plutôt que d’affronter adversité et rejet au sein de leur formation politique, choisissent de ne pas solliciter un nouveau mandat.

Kinzinger est ce représentant de l’Illinois qui s’est d’abord fait remarquer sur la scène nationale en appuyant la destitution du président Trump lors de la seconde procédure de destitution. En compagnie de sa collègue Liz Cheney, il est actuellement l'un des deux républicains à siéger à la commission de la Chambre chargée de faire la lumière sur l’assaut du 6 janvier.

Alors qu’il pouvait briguer les suffrages pour obtenir un septième mandat, le représentant a donc annoncé à ses partisans sur Twitter que le moment était venu de tirer sa révérence. Vous pouvez l’entendre ici:

En écoutant sa déclaration, je vous mets au défi de me dire que son propos est républicain ou démocrate. Les formules utilisées devraient être consensuelles. Kinzinger a un parcours intéressant. Né dans une famille de la classe moyenne, guidé par ses convictions religieuses et soucieux de venir en aide à la communauté, le jeune homme est passionné par la politique, une passion à laquelle il se consacrera après avoir servi dans l'US Air Force.

Si, dans sa capsule vidéo, le républicain évoque la polarisation actuelle pour expliquer partiellement sa décision, il souligne à gros traits la désinformation et le manque d’éthique qu’on associe généralement à Donald Trump.

Ne nous y trompons pas, si Kinzinger part, c’est qu’il ne peut plus manœuvrer dans un parti qui se refuse à rejeter le trumpisme. Kinzinger fait partie de ces républicains auxquels je pouvais encore m’identifier il y a quelques années, avant l’arrivée des Sarah Palin, Donald Trump et autres charmeurs de serpents du même acabit.

Ce n’est pas la première fois que j’affirme être inquiet de la dérive républicaine. Je suis loin de considérer que les démocrates détiennent toutes les solutions et je déplore la mainmise de certains intellectuels progressistes des grandes villes sur ce parti. Trop souvent, on s’intéresse à des débats théoriques qui n’ont que peu de liens avec les problèmes réels de trop nombreux Américains. 

Mais entre ces élites et le monde parallèle des trumpistes qui se satisfont de mensonges et nient les faits, difficile de pencher pour le second groupe. Kinzinger annonce son départ aujourd’hui, mais il a été bien plus virulent à l’égard des membres de son parti il y a peu.

Kinzinger avait placé ses collègues au pied du mur en affirmant ce qui suit: «So many GOP colleagues watched from the sidelines lacking courage to speak out while privately hoping for change» («Trop de républicains préfèrent rester sur les lignes de touche et manquent de courage pour dénoncer Trump, même s’ils espèrent que les choses changent»).

Le représentant de l’Illinois est donc tout simplement conséquent en se retirant. Il a tendu la main à ses collègues, qui ont presque tous décliné ou ignoré son invitation. 

Nous devrions tous nous inquiéter de cet état de fait. Il n’y a rien de positif pour les États-Unis, le Canada ou le Québec quand l'une des deux grandes formations politiques de ce pays préfère la désinformation et l’autoritarisme à la réalité et à la démocratie. 

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