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Travailleurs étrangers: l’inertie du fédéral sème le chaos dans nos fermes

MARAÎCHERS L et L , à Saint-Michel,
Photo courtoisie Catherine Lefebvre a été sacrée « Agricultrice de l’année en 2017 ». Quatre ans plus tard, elle estime que sa PME agricole est en danger. On la voit ici avec des betteraves dans son champ à Saint-Michel, dans la MRC des Jardins-de-Napierville.

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Une agricultrice incapable d’avoir ses quatre travailleurs mexicains manquants en raison des délais bureaucratiques du « monstre qu’a créé Service Canada » songe à mettre la clé sous la porte.

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« Est-ce que je vais continuer longtemps comme ça avec l’incertitude ? C’est pour ça que l’on est rendu au premier ministre [Justin Trudeau]. Faut arrêter la fragilité de ce programme-là, il en va de la survie de nos fermes maraîchères », a dénoncé Catherine Lefebvre, propriétaire de Maraîchers L&L inc, à Saint-Michel, dans la MRC des Jardins-de-Napierville.

Pour elle, ses travailleurs manquants sont la goutte qui fait déborder le vase. Elle risque de perdre 150 000 $ sur des ventes de 400 000 $, après avoir eu de la misère toute l’année à trouver des contenants de toutes sortes pour ses légumes.

« On a besoin des travailleurs en février. Je ne peux pas partir des transplants d’oignons fin avril. Il y a un laps de temps nécessaire », a ajouté celle qui a besoin de ses quatre travailleurs mexicains pour lancer la machine.

Hier, des associations ont interpellé le premier ministre Justin Trudeau pour lui faire savoir que les ratés informatiques de Service Canada mettent carrément en péril l’arrivée de leurs 17 000 travailleurs étrangers.

Une cellule de crise doit être mise en place d’urgence, ont plaidé l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) et la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME), au siège social de l’UPA, à Longueuil.

Problèmes informatiques

Au total, plus de 900 demandes d’impact sur le marché du travail (EIMT) (4000 travailleurs étrangers temporaires [TET]) n’ont pas encore été traitées en raison de problèmes informatiques, soutiennent les organisations.

« Il faut minimalement traiter entre 160 et 200 demandes EIMT par semaine ces prochains jours pour récupérer le retard », a prévenu Marcel Groleau, président de l’UPA en conférence de presse.

Selon lui, le fait que les agriculteurs doivent dépenser des sommes colossales pour préparer leur saison, alors qu’ils ne savent toujours pas s’ils auront leurs travailleurs, est tout simplement ingérable.

« On est dans une situation presque pire que celle du début de la pandémie », est-il allé jusqu’à dire lors du point de presse.

Hier, Emploi et Développement social Canada (EDSC), qui chapeaute Service Canada, n’a pas été en mesure de fournir des explications au Journal.

Chaque année, on dépose quelque 3000 demandes d’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), ce qui correspond grosso modo à 17 000 travailleurs étrangers temporaires (TET).

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