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Projet Montréal anticipe 255 millions $ de nouveaux revenus d’ici 2025

Projet Montréal anticipe 255 millions $ de nouveaux revenus d’ici 2025
Joël Lemay / Agence QMI

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D’ici 2025, une administration Projet Montréal irait chercher 255 millions $ de nouveaux revenus, des sommes qui lui permettraient de réaliser ses principaux engagements et investissements pour le futur.

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«Je pense que l’exercice qu’on fait aujourd’hui, c’est un exercice de transparence auquel les citoyens avaient droit. Pour pouvoir prendre une décision éclairée, il faut avoir toute l’information», a souligné Dominique Ollivier, qui serait présidente du comité exécutif dans une future administration Plante. Elle invite également les autres partis à se prêter à l’exercice.

Projet Montréal prévoit notamment dégager 50 millions $ de nouveaux revenus en étendant la taxe foncière aux stationnements commerciaux extérieurs. Une taxe sur l’affichage en générerait de son côté 10 millions $. La part du lion proviendrait toutefois de «l’enveloppe prévue au cadre budgétaire pour de nouveaux projets» qui découlent d’économies faites par la Ville.

Pour la même date, le parti promet des engagements de 235 millions $ ainsi que des investissements de 688 millions $ pour des projets dont la réalisation se fera sur un échéancier de 10 ans, et qui coûteront à terme 1,7 milliard $.

À court terme, ce sont les promesses pour diminuer le coût des transports collectifs pour les jeunes et les aînés qui coûteront le plus cher, avec des dépenses prévues de 92 millions $.

Une somme de 29 millions $ est également prévue en matière de sécurité publique. «[Ces fonds] vont ajouter des ressources contre la violence armée et renforcer à la fois la police et les organismes communautaires», a résumé Mme Ollivier.

Logements abordables

Sur 10 ans, c’est l’engagement de permettre la construction de 60 000 logements abordables qui coûtera le plus cher, avec des investissements totaux prévus de 800 millions $. Pour Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal, il s’agit de sa promesse phare pour la campagne électorale en cours.

Pour la même période, des sommes de 515 millions $ et de 500 millions $ sont également prévues pour le budget participatif de la Ville et pour l’intégration urbaine du REM de l’Est.

«Le cadre financier complet et équilibré que nous présentons démontre le sérieux que nous accordons à la gestion de l’argent des contribuables montréalais et à la réalisation des projets qui leur tiennent à cœur, pour aujourd’hui et pour demain», a déclaré Mme Plante.

Néanmoins, quelques-unes de ses promesses les plus coûteuses ne se retrouvent pas dans le cadre financier que le parti a présenté.

En période de précampagne, elle avait annoncé, en mai dernier, une somme de 1,8 milliard $ sur 10 ans pour son plan de «relance verte». Pour le même échéancier, un montant de 970 millions $ avait également été promis en avril pour verdir le parc Jean-Drapeau. Dans un horizon de deux ans, 885 millions $ sont prévus pour l’électrification des transports.

«Ça fait partie de nos prévisions sur le programme décennal d’immobilisation, donc l’argent avait déjà été budgété. Ce qu’on a chiffré, ce sont les promesses qui vont demander du nouvel argent qui n’est pas déjà prévu dans les budgets de la Ville», a expliqué Mme Ollivier.

En octobre, 1 milliard $ avait également été promis pour le développement du centre-ville. «Le centre-ville est autofinancé dans les enveloppes existantes. On priorise le centre-ville dans les projets majeurs», a indiqué le parti.

Coderre réagit

Dans le même exercice, Projet Montréal évalue les promesses de leur adversaire à 600 millions $, contre 173 millions $ pour les leurs.

Des chiffres qui ont fait sursauter Denis Coderre, chef d’Ensemble Montréal. «Je veux saluer les spin doctors et ceux qui essaient de vous faire boire du Kool-Aid», a-t-il ironisé.

Il évalue plutôt le coût de l’ensemble des 250 promesses faites par Projet Montréal à un montant de 10 milliards $.

«Ou ils ont menti pendant la campagne, ou c’est la preuve qu’ils ne savent pas compter», a-t-il sarcastiquement lancé, en accusant ses adversaires de lancer des promesses comme si «c’était de l’argent Monopoly».

Près de lui, Nadine Gelly, qui serait présidente du comité exécutif dans une administration Coderre, estime également que les calculs sont peu crédibles, alors que plusieurs promesses coûteuses ne se retrouvent pas dans le cadre financier.

«Dans leur cadre budgétaire, ils ont des omissions volontaires de plusieurs milliards, des sous-estimations et même des revenus imaginaires», a-t-elle dénoncé.

Une campagne «ennuyeuse»

«On n’est pas dans une révolution ni dans une campagne électorale qui va renverser Montréal. Peu importe l’issue de la campagne, on est dans la continuité», a résumé Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.

Pour lui, le cadre financier présenté par Projet Montréal, ainsi que les promesses faites par Ensemble Montréal ne contiennent aucun grand projet d’envergure.

«C’est difficile de polariser l’élection actuelle, parce qu’il n’y a pas de propositions qui sont très controversées», a-t-il relevé, en montrant en exemple celui de la ligne rose en 2017 qui avait soulevé les passions. «Tout le monde dit qu’ils sont pour le logement abordable et tout le monde va rehausser la sécurité... On n’est pas dans des projets majeurs.»

Il explique qu’avec les promesses de ne pas hausser les taxes au-dessus de l’inflation, les finances de la Ville ne sont pas dans un «climat propice à l’expansion des services municipaux», et que l’innovation est donc limitée. «On s’engage surtout à gérer le quotidien», a constaté M. Meloche.

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