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Victoire en Cour suprême: «Je ne suis pas heureux d’avoir gagné, je suis soulagé», affirme Mike Ward

La victoire serrée de Mike Ward a été très bien accueillie par les humoristes même si « le mal est déjà fait »

Mike Ward
Photo d’archives, Chantal Poirier

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« C’est un grand jour pour moi et un grand jour, je pense, pour l’humour. Je ne suis pas heureux d’avoir gagné, je suis soulagé », a déclaré Mike Ward quelques heures après avoir remporté sa cause devant la Cour suprême. Un soulagement qui a été partagé par les humoristes joints par Le Journal.

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« J’ai fait ce que n’importe quel humoriste aurait fait », a dit Ward à la caméra, dans une vidéo de plus de six minutes publiée sur sa page Facebook.

L’humoriste a préféré faire une déclaration sur les réseaux sociaux plutôt que d’enchaîner les entrevues.

Quelques heures après sa victoire, il en a profité pour revenir sur les débuts de l’histoire et régler des comptes avec ses détracteurs.

« Quand j’ai vu que la Commission des droits de la personne disait que ma joke était méchante et que je devais payer 80 000 $ à la famille de la victime, je me suis dit que ce n’était pas vrai que cette commission allait agir comme un petit gangster d’un film de mafia », dit-il. 

« Je fais de l’humour pour le monde qui aime ça. Si t’aimes pas ce que je fais, viens pas me voir. Je ne fais pas des shows dans ta cour, je les fais dans des salles. Il faut que tu achètes des billets. Je ne passe même pas à la télé, donc tu ne peux pas tomber sur moi. »

Ward a admis que cette longue histoire a profondément affecté sa santé, mentale et physique. Il a terminé sa déclaration en souhaitant bonne chance à Jérémy Gabriel dans sa vie. 

« T’es un jeune homme, je ne sais pas où la vie va t’amener, mais j’espère que tu vas avoir du succès, de l’amour et du bonheur. »

« Une formidable nouvelle »

Alors que certains humoristes ont préféré ne pas commenter la décision de la Cour suprême, d’autres, comme Olivier Martineau, se sont réjouis du verdict.

« C’est une formidable nouvelle. Mike Ward n’a pas seulement défendu sa cause, il a défendu la liberté d’expression dans un contexte artistique. Ça vaudra pour l’humour, le théâtre, la danse, le cinéma. Il y aura quelque chose qui a créé un précédent. »

Maxim Martin a reconnu qu’il s’agissait d’un soulagement, même si cette victoire ne signifie pas que les humoristes peuvent dire ce qu’ils veulent. 

« Les humoristes sont déjà en train de réapprendre à parler. Pour du monde comme Mike, Jean-François Mercier, Mariana Mazza et moi, c’est un vrai beau défi que d’être capable d’être aussi incisif, de passer des messages et de grafigner tout en respectant le vocabulaire d’aujourd’hui. »

– Avec Cédric Bélanger

CE QU'ILS ONT DIT   

« Je trouve que ça n’a aucun sens que la Commission des droits de la personne décide de ce qui est légal ou non dans un spectacle d’humour. Ce n’est pas leur place de juger. Ça fait que je n’avais pas le choix de me battre. J’ai fait ce que n’importe quel humoriste aurait fait. [...] Je ne voulais pas créer de précédent. Je ne voulais pas que les jeunes humoristes se fassent dire « tu ne peux pas parler de ça ». Je trouvais ça inacceptable. [...] Ce procès-là a « scrapé » ma santé mentale et physique. La dernière fois que j’ai fait ce gag-là, il y a huit ans, j’étais un jeune homme mince et semi-beau. Là, je suis un gros vieillard. » 

Mike Ward

 

Mike Ward
Photo d'archives

« On a toujours dit que la liberté d’expression, c’est un droit acquis. Mais c’est un droit qui vient avec des responsabilités. Ce n’est pas parce que tu peux dire n’importe quoi que tu dois dire n’importe quoi. [...] La journée où l’humour ne grafignera plus, ce ne sera pas de l’humour en santé. »

– Maxim Martin [humoriste]

Mike Ward
Photo courtoisie

« J’appuie la démarche de Mike et je suis très heureux qu’il ait gagné. »

– Jean-François Mercier [humoriste]

Mike Ward
Photo courtoisie, Émilie Lapointe

« Le mal a déjà été fait sur la censure. Les humoristes s’autocensurent maintenant, les producteurs ont peur qu’on aille dans certaines zones en humour. La décision d’aujourd’hui [vendredi], par contre, c’est un maudit beau pansement. C’est une blessure qui va arrêter de s’aggraver. »

– Charles Deschamps [humoriste et copropriétaire du Bordel Comédie Club]

Mike Ward
Photo Ben Pelosse

« Il a défendu le monde de l’humour, il a défendu le droit de faire des blagues et il a défendu ce que j’appelle le droit de faire de la peine. Le grand danger, c’est qu’on commence à verser vers une société de censure, de restrictions, une société de paramétrage. »

– Olivier Martineau [humoriste]

Mike Ward
Photo Stevens LeBlanc

« Qu’on soit d’accord ou non avec les propos de Mike Ward, qu’on les trouve drôles ou ignobles, reste qu’à mon avis il n’y a rien de plus important que la liberté d’expression. [...] Avec cette blague, Mike a provoqué une importante conversation publique. La décision rendue par la Cour suprême aujourd’hui [hier] a un impact direct sur la liberté d’expression des artistes. Merci Mike. »

– Patrick Groulx [humoriste]

Mike Ward
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

« Je suis évidemment content pour mon ami, sans non plus être heureux que monsieur Gabriel ait perdu sa cause. Je me suis toujours fait un devoir de soutenir Mike dans cette épreuve [le procès] sans jamais prendre parti contre Jérémy. Le coût émotif et psychologique a été lourd pour chacun d’eux. Je leur souhaite maintenant qu’ils puissent tourner la page. »

– Martin Perizzolo [humoriste]

Mike Ward
Photo d'archives

« C’est une décision très importante pour notre industrie. Elle va avoir un impact important sur la liberté d’expression, qui est au cœur de notre industrie. D’un point de vue créatif, aujourd’hui, la liberté d’expression n’a pas été restreinte. C’est certainement un grand soulagement pour tous les créateurs en humour. »

– Sylvain Parent-Bédard [fondateur de ComediHa! Fest-Québec]

Mike Ward
Photo courtoisie, Hugo B. Lefort

« Il ne faut pas penser que ce jugement-là vient nous dire que c’est un plaidoyer pour l’irresponsabilité, la non-imputabilité. Ça m’inquiète toujours que l’on pense que la conclusion, c’est qu’ils [les humoristes] peuvent dire n’importe quoi. »

– Louise Richer [fondatrice de l’École nationale de l’humour]

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