/misc
Navigation

C’était primordial pour mon père que je parle le français

SPO- Reds c. Blue Jays
Photo Martin Chevalier

Coup d'oeil sur cet article

Le directeur général des Braves d’Atlanta dans le baseball majeur, Alex Anthopoulos, fils d’un immigrant grec, est un fier Québécois. 

Il a grandi dans la ville de Mont-Royal avec son père, John, qui dirigeait son entreprise de chauffage et ventilation, et ses frères, Bill et Georges. 

D’ailleurs, lorsque son père arrivait à la maison, il leur demandait fréquemment : « Aimerez-vous travailler comme moi ou aller à l’école ? » Alex, détenteur d’un diplôme en économie de l’Université McMaster à Hamilton, a travaillé pendant deux ans, après le décès de son père, à l’entreprise familiale avant de faire un autre choix de carrière.  

La maîtrise des langues, soit le français, l’anglais et le grec, était essentielle pour son père. En terminant, je tiens à vous souligner que l’entrevue a été réalisée en français.


Le français était essentiel pour ton père.

Mon père insistait pour que nous parlions aux gens en français, même si on savait que la personne parlait l’anglais. 


Est-ce que vous parliez en français à la maison ?

Nous étions choyés de pouvoir compter sur notre merveilleuse Nanou, madame Jeannine Saint-Hilaire, de Manseau, qui demeurait chez nous la semaine. Elle ne parlait ni l’anglais ni le grec, nos conversations se déroulaient en français.


Pourquoi des vacances d’été à Manseau ?

C’était important pour mon père que nous apprenions à vivre selon les traditions francophones québécoises. Encore aujourd’hui, je communique toujours avec les membres de la famille de madame Saint-Hilaire. 


Ainsi qu’un séjour en Grèce ? 

Pour le paternel, c’était important que nous rencontrions notre famille en Grèce et qu’on apprenne les coutumes grecques. Il nous disait également qu’il fallait profiter des voyages dans notre jeunesse. 


Tu jouais dans un band de blues et de jazz. 

Je fréquentais le Lower Canada College de Montréal, une école primaire et secondaire privée. En 7e année, je jouais de la guitare basse au sein du band de l’école, ce qui m’a permis de participer à différents concours dans des villes américaines, dont Chicago.


Vous aviez un band familial ?

Souvent, dans le sous-sol de la maison, nos amis assistaient à nos mini-concerts, mes frères Georges, à la guitare et Bill, à la batterie, et moi à la basse.


Tu aimais faire du ski et de la planche à neige.

L’école organisait des voyages de ski, alors je profitais de l’occasion pour m’amuser sur les pentes de ski. Non, je n’ai pas joué au hockey. Je voulais avoir une planche à neige. Alors, pendant un été, j’ai travaillé à temps partiel à l’entreprise familiale afin d’avoir les moyens de me procurer une planche à neige.


D’où vient ta passion pour le baseball ?

En 1992, le père de mon meilleur ami, Mike Yermus, s’est procuré deux billets de saison derrière l’abri des Expos. Imaginez-vous, deux jeunes de 15 ans assis derrière le banc des Expos. Entre-temps, j’écoutais religieusement Mitch Melnyk à la radio. L’arrivée de Felipe Alou à la barre des Expos m’a donné le goût du baseball.


Les cris de Larry ! Larry ! et de Cordero ! Cordero ! 

La saison 1993 fut très excitante. Mike Yermus et moi nous nous dépêchions pour arriver à la maison pour visionner les reprises des jeux excitants à la télé et écouter les commentateurs crier Larry ! Larry ! et Cordero ! Cordero ! 


Un des jeux les plus excitants est survenu en 1993.

Will Cordero a frappé un double pour la victoire contre Mitch Williams des Phillies, permettant ainsi aux Expos de se rapprocher du premier rang. Mike et moi étions debout près du banc des Expos et nous criions : « Cordero! Cordero ! Cordero! ». La flamme de ma passion pour le baseball venait de s’allumer.  


À 15 ans, qui était ton joueur favori ?

J’avais de la peine lorsque les Expos ont échangé Delino DeShileds pour Pedro Martinez. Je surveillais plutôt les directeurs gérants des autres équipes. Un jour, je me suis approché de l’ancien DG des Expos qui occupait le même rôle avec l’équipe des Marlins de la Floride, Dave Dombroski, ce qui m’a ouvert la porte vers mon choix de carrière.  


Tu t’es fait voler ton gant, mais tu le retrouves 20 ans plus tard.

J’avais près de 11 ans quand quelqu’un est parti avec mon gant de receveur où mon nom était inscrit. Plus de 20 ans plus tard, je suis avec les Dodgers, je reçois un courriel d’une personne qui s’informait à savoir si j’étais intéressé de récupérer mon gant qu’il avait trouvé au marché aux puces. Sans hésitation, je lui ai répondu : « oui ». Je le garde toujours précieusement en ma possession.  


Tes débuts au baseball ne furent pas trop payants.

Tout d’abord, j’ai commencé bénévolement avec les Expos. Ma première rémunération annuelle était de 25 000 $ et à ma dernière année avec l’organisation, je touchais 38 000 $. Lorsque je me suis joint aux Blue Jays en 2003, mon salaire annuel était de 35 000 $, soit une diminution de 3000 $. 


Le baseball a déterminé ta date de mariage.

Le baseball c’est un travail de 12 mois par année. Alors, il n’y a pas beaucoup de dates disponibles pour un mariage. Je serai toujours reconnaissant envers mon épouse Christina qui a accepté la date du 2 janvier, car c’était impensable de le faire un 1er janvier. Le baseball nous a forcés souvent à changer de ville de résidence. Elle a toujours été présente pour m’encourager. 


L’autonomie de tes enfants est importante.

Présentement mes enfants, Julia, 11 ans, excelle au volleyball, et John, 9 ans, joue au basketball et au baseball. Ils n’ont pas encore saisi le rôle que j’occupe, mais ma fille aime la période des séries. Je désire que mes enfants deviennent eux-mêmes et non pas ceux d’un président-directeur général, ce qui n’est qu’un rôle temporaire dans ma vie.