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Dominique Anglade manque de poigne

Quebec
Photo Stevens LeBlanc C’est le principal problème de la cheffe. Elle dit une chose tout en ne rejetant pas son contraire.

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Depuis le caucus de la rentrée, les choses ne s’arrangent pas pour le PLQ, qui souffre d’un manque de cohésion. L’appui au parti est à son plus bas et la cheffe, Dominique Anglade, devra faire preuve de plus de leadership si elle veut redresser sa barque.

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Au cours des dernières semaines, tous les observateurs politiques anticipaient sur la collision entre l’ex-ministre Gaétan Barrette et la porte-parole du parti en matière de Santé, Marie Montpetit. Comme un train rugissant, qui annonce longtemps à l’avance l’imminence de son passage.

Marie 
Montpetit
Photo Simon Clark
Marie Montpetit

Comment la cheffe Anglade n’a-t-elle pas pu le pressentir ? 

Cette tension, « ça fait plusieurs mois que ça dure », admet un membre de la députation libérale, selon qui Montpetit « fait un excellent travail », mais se retrouve piégée dans l’ombrage que lui fait Barrette.

Le controversé ex-titulaire de la Santé avait prévenu, à la réunion préparatoire de la session, qu’il nourrissait toujours le souhait profond de retrouver un jour sa fonction. « Gaétan a fait déraper le caucus », explique une de ses collègues. Consciente de l’impopularité du personnage, Anglade ne lui avait alors témoigné aucun égard, affirmant seulement que le parti avait une excellente porte-parole en matière de Santé en la personne de Marie Montpetit. Malaise.

Gaétan 
Barrette
Photo Simon Clark
Gaétan Barrette

Et ça continue

Mais ça ne s’est pas arrêté là.

Le docteur qui possède une fine connaissance du système de santé a choisi d’intervenir publiquement à répétition sur les réseaux sociaux.

Lorsque le gouvernement Legault a annoncé l’octroi de primes pour faire revenir des infirmières, il a commenté en direct, pondant compulsivement 21 messages sur Twitter ! Le même jour, la députée Montpetit et sa cheffe Anglade tenaient un point de presse pour fournir la réaction officielle du parti, auquel aucun journaliste n’a assisté, comme ça arrive à l’occasion dans le foyer du parlement.

Depuis que François Legault a ramené la menace de pénalités financières à l’endroit des médecins de famille qui ne prennent pas suffisamment de patients en charge, c’est aussi le Dr Barrette qui a occupé l’espace médiatique avec quelques succulentes entrevues. Il est tout à fait normal qu’il veuille s’exprimer là-dessus. C’est lui qui a fait adopter la loi 20 sous le précédent gouvernement libéral. Puis, après avoir vécu l’affront d’être tassé par son chef Philippe Couillard pour la négociation avec les toubibs, il voit l’actuel gouvernement lui donner raison en brandissant le bâton à nouveau.

Il vit un certain bonheur.

À l’inverse, Mme Montpetit ne croit pas qu’il y a beaucoup d’omnipraticiens fainéants, à qui l’on peut imposer une plus grande charge de travail sans risque de les voir déserter un réseau déjà troué comme une passoire.

En voyant un nouveau tweet de son collègue Barrette mercredi, dans lequel il s’en prenait au représentant des omnis, l’élue de Maurice-Richard a décidé de le rabrouer sur la place publique. Malaise encore une fois.

Qui dirige ?

Alors que la question de la prise en charge de patients est brûlante d’actualité, Marie Montpetit était en tournée dans le Bas-Saint-Laurent, loin du parlement. Questionnée à quelques reprises cette semaine, la cheffe Anglade a été incapable d’exprimer une position claire. Est-elle en faveur de pénalités à imposer aux médecins, ou souhaite-t-elle une approche différente, telle que préconisée par Montpetit ? Elle condamne une « manière bulldozer de procéder », qu’elle attribue à François Legault, mais elle soutient qu’on « doit tout considérer, toutes les options doivent être sur la table. »

Et c’est le principal problème de la cheffe. Elle dit une chose tout en ne rejetant pas son contraire.

Résultat des courses, le parti reste flou sur une question cruciale pour l’avenir du réseau de la santé. C’est intenable.