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Évolution de la chasse à l’oie blanche

Campeau
Photo courtoisie

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Les diverses techniques pour intercepter ces grands oiseaux ont beaucoup changé au fil des dernières décennies.

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Le guide du club Chassoie de Saint-Joachim Steeve Lemay pourchasse ces gibiers ailés depuis 55 années. Il nous raconte comment cette activité de prélèvement a évolué au fil des temps. Voici l’essentiel de ses propos.

Les années 70

Après de nombreuses observations, notre passionné décide d’aller sur la batture jusqu’à la marée basse, d’y creuser un trou puis d’y installer une boîte de bois ouverte de 4 pi x 3 pi x 4 pi de hauteur. De cette façon, lorsqu’il est assis dans cette cache, ses yeux arrivent à la hauteur du sol. À chaque fois qu’il s’y rend, il n’a qu’à vider l’eau qui s’y est accumulée après les marées. Il dépose au sol du papier journal en prenant soin de lui donner une forme d’avion qui pique du nez dans la vase. Il a fignolé par la suite des gallons d’eau de javel vides attachés à une corde. Il a même opté pour les sacs de plastique blanc qu’il installait sur une tige de bois avec l’ouverture face au vent. 

Les années 80

Les appelants de type commercial imitent maintenant la forme d’oies en plastique et elles s’emboîtent les unes sur les autres. Ces coquilles avec tête amovible jumelées à un drapeau plastifié qui flotte au vent et aux papiers journaux plantés dans le sol font littéralement des miracles et il est facile d’atteindre le nouveau quota, qui est passé de cinq à huit oiseaux.

Les années 90

La population explose et jusqu’à 150 000 oies se rassemblent l’automne dans le sanctuaire du Cap-Tourmente. Dû à l’abondance, cette chasse gagne grandement en popularité, car il est désormais facile d’attraper les 12 palmipèdes journaliers auxquels les manieurs de fusil ont droit. 

Les années 2000

Les législateurs modifient les règles et les limites grimpent alors à 20 par jour. La population est grandissante et elle a changé ses habitudes en allant maintenant se gaver dans les champs agricoles fraîchement fertilisés. On permet, en plus, de chasser l’oie blanche le printemps uniquement au-dessus des terres, et l’automne, au fleuve et dans les champs. Il y a eu aussi des modifications importantes sur le type de munitions à utiliser pour les migrateurs afin d’éliminer les cas de saturnisme dû à l’intoxication avec les projectiles de plomb. 

2010 à aujourd’hui

La pression constante sur les deux saisons, les abattages de masse avec le tir au sol dans les champs contenant des milliers d’oies, la chasse exhaustive tant du côté américain qu’au nord du Canada ont éduqué les oiseaux de telle façon qu’il faut être maintenant bien outillé, être connaisseur et opportuniste pour faire de belles récoltes. Un pourvoyeur consciencieux doit s’assurer d’avoir une quantité énorme d’appelants de toutes sortes et qu’ils soient des plus réalistes. Il en faut un minimum de 500 comparativement à une vingtaine dans les années 90. Il doit être capable de comprendre et d’interpréter le comportement des oiseaux afin d’y adapter son plan de decoys, de mesurer l’utilisation de son appeau à bouche combinée avec les calls électroniques, de travailler avec le vent et les marées afin de positionner ses chasseurs pour qu’ils puissent effectuer des tirs optimaux. « 55 ans plus tard, je confirme que la chasse à l’oie blanche a bien changé. Toutefois, chaque fois qu’une bande s’approche sur mon call, c’est magique et j’en frissonne encore », conclut Steeve Lemay.