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Première mission accomplie

Elizabeth Mantha s’est inscrite dans l’histoire, vendredi soir, à la Place Bell

Americans vs Rocket
Photo Martin Chevalier Elizabeth Mantha lors du match entre le Rocket de Laval et les Americans de Rochester, vendredi soir.

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Il fallait voir le large sourire qu’affichait Elizabeth Mantha lorsqu’elle a quitté la glace de la Place Bell, vendredi soir. Le sentiment du devoir accompli, l’officielle venait de savourer sa première expérience chez les professionnels.

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L’un des juges de ligne a alors proposé d’immortaliser la scène. Entourée de Maxime Bédard, Nicolas Boivin et Cody Beach, Mantha a retiré son casque en souriant à nouveau à pleines dents. 

Véritable pionnière du monde des « zébrés », elle a accompli sa première assignation dans la Ligue américaine avec brio. Loin des arbitres d’autrefois volant le spectacle, elle n’a reculé devant rien. 

« Je m’attendais à ce que la vitesse de jeu soit rapide. Elle l’est. C’est aussi rapide que ce que je croyais. Mais le jeu est plus structuré », a-t-elle analysé quelques minutes après une séance de supervision en fin de match. 

Ancienne défenseure, Mantha possède toutes les qualités physiques et techniques requises pour se démarquer dans son métier. Aux dires de son ancienne directrice chez les Carabins, Danièle Sauvageau, elle possédait une solide lecture du jeu. Elle avait toujours démontré des capacités supérieures pour se placer dans les meilleures positions. 

« C’était une véritable générale à la défense, avait certifié Sauvageau en entrevue avec Le Journal, vendredi après-midi. Elle se retrouve dans tout ce qu’elle fait. »

Mantha s’est adaptée à son univers en discernant chaque étape de l’évolution d’un jeu. C’est ce qu’elle a appliqué sans se casser la tête, vendredi soir.

« Il faut savoir anticiper », a-t-elle signalé.  

Journée stressante

Vendredi, dès qu’elle a posé le pied en bas du lit, la femme de 31 ans a ressenti le stress du moment à venir. Elle a alors échangé des textos avec son frère, Anthony, afin de savoir comment il gère le stress de ses matchs chez les Capitals de Washington. 

Mantha est restée dans le moment présent sans se compliquer la vie. Après un premier tour de piste seule sur la glace et le dépôt de la rondelle, elle a mis une période entière à se mettre à l’aise sur la patinoire du Rocket. 

« J’ai chassé mes papillons en appelant la première pénalité, a-t-elle souligné à propos de la punition décernée à Jean-Sébastien Dea, du Rocket, dès la quatrième minute de jeu. J’ai gardé les choses simples et je suis revenue à la base. » 

Fait plutôt rarissime dans le monde du hockey, l’officielle a reçu un chaleureux accueil de la foule qui l’a même applaudie. Une attention qui lui a réchauffé le cœur. 

Travail d’équipe

Mais au-delà de toute la signification et l’intensité du moment, Mantha a surtout retenu l’appui de ses collègues zébrés. 

« Dans cette soirée, la plus belle chose, c’était le travail d’équipe. Nous avons travaillé en unité de quatre », a-t-elle lâché.

Mais elle a aussi reçu des félicitations de plusieurs joueurs, tant des Americans de Rochester que du Rocket. Après la victoire de son équipe, l’entraîneur-chef des visiteurs, Seth Appert, a pris un moment pour aller la voir et lui dire de bons mots. 

Pour Mantha, c’était une première, mais certainement pas une dernière. Vers la fin de novembre, elle sera d’office dans un match des Marlies, à Toronto. 

Des rangs mineurs, universitaires et internationaux, elle a écrit un nouveau chapitre de l’histoire. 

Celle qui dirige une équipe d’une vingtaine d’employés au centre d’appels d’urgence de Montréal n’a pas oublié ses rêves. Plus que jamais, elle sait qu’elle peut atteindre les plus hauts niveaux dans son métier d’officielle. 

D’ici là, elle se prépare au camp d’entraînement en prévision des Jeux de Pékin. Et elle continuera de patrouiller dans les patinoires du hockey mineur québécois sans oublier ses racines.