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Héroux-Devtek dans les bonnes grâces de l’armée de l’air américaine

L’entreprise d’ici est impliquée dans la conception d’un nouvel appareil, classé top secret

Martin Brassard
Photo Chantal Poirier Le président et chef de la direction de Héroux-Devtek, Martin Brassard.

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La québécoise Héroux-Devtek, spécialisée dans la fabrication de trains d’atterrissage, a encore démontré avoir réussi à se tailler une place dans le cercle ultra restreint des fournisseurs d’exception de la US Air Force.

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L’entreprise de Longueuil annonçait jeudi la signature d’un « important » contrat avec la multinationale américaine Lockheed Martin, aujourd’hui considérée comme la plus grande entreprise du secteur de la défense sur la planète.

« Il est toujours intéressant de remporter un contrat lié à la production d’un nouveau produit. Mais ce l’est encore plus lorsqu’on nous invite à nous impliquer dès le début de sa conception comme c’est le cas actuellement », a confié au Journal le président et chef de la direction de l’entreprise, Martin Brassard.

Malgré l’annonce, la nature et la valeur exacte de ce contrat ont été tenues jalousement secrètes. Pour l’heure, les deux partenaires se limitent à parler du « développement d’une nouvelle génération de trains d’atterrissage » destinés à un tout nouvel aéronef militaire, lui aussi soumis au secret du Pentagone.

Lockheed Martin est connue mondialement pour ses avions de combat. On lui doit entre autres des chasseurs de renom comme le F-16, le F-22 et le fameux F-35, conçu pour remplacer les vieux CF-18. 

Héroux-Devtek a été associée à la fabrication du F-35. Mais sa participation s’est limitée à la fourniture d’un système de verrouillage de portes de trains d’atterrissage. 

La conception et la fabrication des trains d’atterrissage avaient été confiées à l’américaine Goodrich, éventuellement avalée par United Technologies, elle-même rachetée en 2020 par Raytheon. 

Une expertise reconnue

Cette fois-ci, c’est spécifiquement pour son expertise dans le développement de trains d’atterrissage que Lockheed Martin a fait appel à Héroux, se réjouit son PDG. 

Cela est d’autant plus remarquable que, pour ce faire, l’entreprise canadienne a dû être préférée à d’autres géants de l’industrie. Outre Raytheon, on pense notamment aux Liebherr, Collins et Triumph.

« On a accueilli cette nouvelle avec très grande fierté. Ces appareils sont conçus pour des missions difficiles à réaliser. Pour participer à leur conception, il faut avoir le savoir-faire, les compétences techniques, et une solide réputation. C’est tout ça que nos équipes peuvent offrir. »

Le militaire à la rescousse

Au lendemain de la pandémie, l’équipementier de Longueuil a vu son chiffre d’affaires diminuer de 7 % et a dû se départir de 300 travailleurs. Elle en compte aujourd’hui quelque 1800, dont une centaine d’ingénieurs à son centre de développement de l’arrondissement Saint-Hubert. 

Les choses auraient été pires pour la compagnie si elle n’avait pu s’appuyer sur le secteur de la défense, plus stable, pour compenser l’hécatombe du secteur civil. 

De 50 % de son chiffre d’affaires avant la pandémie, le secteur de la défense compte aujourd’hui pour 70 % de ses revenus.

En Bourse, l’action d’Héroux ne s’est pas encore tout à fait remise de son plongeon de mars 2020. Mais elle s’y approche. 

Depuis le début de 2021, son titre a progressé de 32,37 %. À la clôture des marchés vendredi, sa valeur s’établissait à 18,31 $. En février 2020, son titre avait dépassé les 21 $.

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